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Le renforcement du pouvoir des femmes est la meilleure façon de bâtir un monde meilleur pour tous

Il en va du respect des droits de la personne.

29/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 29/09/2017 14:34 EDT
urbancow via Getty Images
Les femmes et les filles sont souvent les plus touchées par les défis du monde actuel; pourtant, elles sont essentielles pour trouver les solutions dont notre monde a grand besoin.

Nous faisons actuellement face à des défis planétaires sans précédent : changements climatiques, désastres naturels, pauvreté, rareté de l'eau, insécurité alimentaire, déplacements de populations, conflit et violence. Ces défis ne sont pas de nature à disparaître d'eux-mêmes — ils se nourrissent les uns des autres et prennent de l'ampleur. Le monde y a réagi en se dotant d'objectifs de développement durable (ODD), qui indiquent la voie à suivre pour bâtir un monde plus inclusif, plus pacifique et plus prospère, bref un monde meilleur.

Toutefois, jamais nous ne verrons ce monde meilleur si nous laissons pour compte la moitié de la population.

La Banque mondiale et le gouvernement du Canada s'entendent pour dire que l'une des façons les plus efficaces d'accélérer le développement économique, de réduire la pauvreté et de bâtir des sociétés durables à l'échelle mondiale est de renforcer le pouvoir des femmes et des filles. Cette semaine, à Ottawa, nous avons eu la chance de discuter de cette question. Comme nous l'avons souligné, lorsque les femmes et les filles ont la possibilité d'exploiter tout leur potentiel, de décider de leur avenir et de contribuer pleinement à leur famille, à leur communauté et à leur pays, tout le monde en profite.

Les études menées par la Banque mondiale indiquent pourtant que l'élimination de la discrimination contre les femmes pourrait accroître de 25 % à 40 % la productivité par travailleur.

Selon la nouvelle Politique d'aide internationale féministe du Canada, nous ne pouvons pas espérer atteindre les ODD si les femmes et les filles n'ont pas leur mot à dire dans les décisions ni l'égalité d'accès aux possibilités économiques. Nous vivons toujours dans un monde où les citoyennes de 100 pays n'ont pas droit aux mêmes emplois que leurs concitoyens masculins. Les études menées par la Banque mondiale indiquent pourtant que l'élimination de la discrimination contre les femmes (employées et gestionnaires) pourrait accroître de 25 % à 40 % la productivité par travailleur. Tant que ce genre d'inégalité persistera, le monde meilleur que les ODD laissent entrevoir demeurera une utopie.

Depuis 1945, le Canada travaille en partenariat avec la Banque mondiale en vue d'éliminer les obstacles à l'emploi pour les femmes et de faire en sorte qu'elles puissent être propriétaires de leur terre et de leur logement et qu'elles puissent en avoir le plein contrôle. Pour ce faire, il faut également s'attaquer à des enjeux comme le mariage des enfants, la violence fondée sur le genre, les normes sociales discriminatoires, la participation des femmes à la vie politique et l'accès des femmes aux services financiers. Seulement 10 % des femmes qui ont lancé une entreprise ont accès aux capitaux dont elles ont besoin pour en assurer la croissance — on estime que 300 milliards de dollars américains demeurent hors de la portée des entreprises appartenant aux femmes qui nécessitent du financement. Voilà pourquoi le Canada appuie le nouvel outil financier de la Banque mondiale qui vise à rendre disponible 1 milliard de dollars américains par l'intermédiaire des secteurs public et privé afin d'aider les petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes dans les pays en développement, notamment en comblant les lacunes en matière de crédit.

Il faut également s'attaquer aux difficultés propres aux femmes et aux filles en matière de santé. Le Canada participe à ces efforts, notamment en étant un donateur fondateur du Mécanisme de financement mondial (ou GFF) en soutien à « Chaque femme, chaque enfant et chaque adolescent » de la Banque mondiale et en demeurant un ardent défenseur de cette initiative. Le GFF donne des résultats concrets : en Tanzanie, un plus grand nombre de femmes reçoivent un apport en fer et en acide folique, ce qui permet de donner à leurs bébés un meilleur départ dans la vie, alors qu'au Libéria, un plus grand nombre d'adolescentes peuvent obtenir des services de santé sexuelle et reproductive qui aident à prévenir les grossesses à l'adolescence.

Le renforcement du pouvoir des femmes est la bonne chose à faire — il en va du respect des droits de la personne.

Le renforcement du pouvoir des femmes est la bonne chose à faire — il en va du respect des droits de la personne. Mais c'est aussi la chose intelligente à faire. La Banque mondiale et le Canada en conviennent. Les femmes et les filles sont souvent les plus touchées par les défis du monde actuel; pourtant, elles sont essentielles pour trouver les solutions dont notre monde a grand besoin. Par exemple, lorsque les femmes participent à la consolidation de la paix, les solutions retenues sont plus complètes et plus durables, et ce sont souvent les femmes qui ouvrent la voie dans les efforts pour atténuer les changements climatiques et s'y adapter.

Il nous faut un effort soutenu et concerté des gouvernements, du secteur privé et des institutions multilatérales pour y parvenir. Nous avons besoin de partenariats solides et novateurs — capables de réunir de nouveaux fonds et les connaissances nécessaires. Chaque pays a un rôle à jouer, à l'instar d'un système multilatéral solide et efficace. Le monde peut compter sur le Canada et la Banque mondiale pour faire leur part au profit des femmes et des filles du monde entier.

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