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Humanity Project: pauvre humanité

07/02/2013 06:23 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT
Paul-Antoine Taillefer

Oh boy! Humanity Project selon le communiqué de presse, marie théâtre et danse en explorant la pluralité des cultures. Croyez-moi, il n'y a pas de théâtre là-dedans, pas non plus vraiment de danse digne de ce nom et pour ce qui est d'explorer les cultures, les participants m'ont semblé uniformément caucasiens sans aucun signe distinctif de quelque nature que ce soit qui permette d'identifier quelque culture que ce soit.

Il me semble pourtant que Pigeons International et Paula de Vasconcelos sont des noms qui inspirent le respect et qui sont liés à l'exploration et à la nouveauté dans le domaine du spectacle. Et bien il n'y avait rien de tout cela dans ce que j'ai vu à la cinquième salle de la Place des arts. Ma complice de ce soir-là s'est mortellement ennuyée, j'ai souvent regardé ma montre et j'ai aussi souvent frémi d'horreur devant l'insondable médiocrité qui s'est étalée sous mes yeux pendant une heure et demie.

Ce spectacle c'est comme si vous vous retrouvez dans une réunion de famille et qu'à votre arrivée tout le monde joue à un nouveau jeu de cartes dont on ne vous a pas expliqué les règles. Vous ne comprenez donc rien à rien et c'est ce qui se produit avec Humanity Project. Le propos est de nous montrer un échantillon d'humanité, mais tout ce que cette quarantaine de personnes, des amateurs pour la plupart, font c'est déambuler sur la scène avec des visages de marbre en dévisageant les spectateurs. On dirait des candidats aux auditions pour une figuration de zombis dans la série The walking dead. Qu'est-ce qu'on veut me dire et me faire comprendre? Je n'en sais strictement rien et ce n'est pas la suite de tableaux dansés tous plus abstraits et abscons les uns que les autres qui viennent à la rescousse du pauvre spectateur.

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Il n'y a pas d'énergie dans les mouvements anémiques, aucun humour, aucune joie, pas une once d'émotion qui se dégagent de ce spectacle. La chorégraphie relève d'une gestuelle d'une simplicité infantile, du déjà vu mille fois plutôt qu'une, et est « dansée » par des exécutants sans talent et sans technique. Sauf un ou deux. Merci entre autres à David Rancourt qui confère un peu de vernis professionnel à ce désastre. La musique est répétitive et éminemment oubliable et je ne peux pas croire qu'il n'y a pas eu quelqu'un, dans le courant des répétitions, qui n'a pas pu dire aux créateurs de ce Humanity Project qu'il y avait des problèmes avec le concept et l'exécution de ce produit.

On aura compris que le résultat est lamentable : un propos inepte rendu par des exécutants inaptes. Je n'ai pas saisi où on voulait en venir avec tout cela. C'est peut-être moi. Ou c'est peut-être que de vouloir montrer ou expliquer l'humanité est un concept trop exigeant voué irrémédiablement à l'échec.

Crédit photo : Paul-Antoine Taillefer

Humanity Project est présenté à la cinquième salle de la Place des Arts jusqu'au 23 février 2013