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L'étudiant consommateur et l'université Walmart

22/05/2015 08:41 EDT | Actualisé 22/05/2016 05:12 EDT

Pour notre ministre de la santé, Gaétan Barrette, l'éducation est un «produit», l'étudiant un «consommateur». La Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU est pourtant claire et connue: l'éducation est un «droit» et, à ce titre, non pas un produit de consommation comme l'affirme le ministre Barrette.

 

L'université est «le lieu du savoir» et, à ce titre, appartient à ceux et à celles qui le transmettent, le sauvegardent et l'enrichissent, donc avant tout aux professeurs et aux étudiants. Sur ce plan, le rôle de l'État est de s'assurer, au nom de la collectivité, que ce savoir ne se perd pas, surtout dans une économie du savoir (!), que ce savoir n'est pas détourné de ses fins propres, par exemple par sa marchandisation, et que tous les citoyens puissent y avoir accès. L'étudiant n'est pas un consommateur, il est porteur du savoir, il est l'avenir même du savoir.

 

Confier la gouvernance de ce savoir à des techniciens sans culture générale, comme c'est le cas de trop de médecins, et à des financiers à l'esprit comptable comme les banquiers, c'est réduire une société à des échanges marchands et prôner l'obscurantisme. Les Québécois ont commis une erreur historique et critique pour leur avenir en élisant un gouvernement dans le seul but de se débarrasser d'un autre gouvernement dont le nationalisme faisait peur. De plus en plus d'électeurs s'en mordent les doigts.

 

Si les Québécois étaient davantage informés, ils auraient compris qu'ils ne pouvaient confier leur avenir à des rescapés de l'équipe Charest, dirigés par des techniciens des soins et des banquiers, dépourvus du sens de l'État. Preuve que le savoir n'est pas négociable ni un produit qu'on met aux enchères au plus offrant! L'être humain est un être de culture et sans ce savoir accumulé par les universitaires, il ne saurait même pas être à la hauteur du monde animal, tout dépourvu qu'il est sur le plan physique.

 

Il faut nous rendre à l'évidence malgré la honte qui nous couvre. On se demande si nous ne sommes pas gouvernés par des «savants idiots». La culture générale, ça vaut aussi pour un docteur ou un banquier, surtout s'ils ont une responsabilité publique!

 

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