Marc-André Fortier

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Marc-André Fortier
 

La science et le politique

Publication: 10/03/2013 08:44

L'étude de l'IRIS sur la charge fiscale des Québécois cherchait à déboulonner un mythe entourant le sujet. Malheureusement, par les réactions qu'elle a suscitées, elle en a fait ressortir un autre, grave: la science (les instituts de recherche, les experts, les journalistes?) serait «neutre».

À l'inverse de ce qu'indiquent divers articles de journaux et plusieurs commentaires de lecteurs et d'auditeurs, donc, ce qui est le plus scandaleux n'est pas la recherche elle-même, sa méthodologie ou sa péroraison. C'est bien plus la lecture que les gens en font, les conclusions qu'ils prétendent qu'elle tire, et le statut qu'ils veulent pouvoir et croient devoir accorder à ses auteurs.

D'abord, l'étude de l'IRIS ne revendique pas de manière positive une conclusion pour l'ensemble du Québec. Au contraire, elle réfute cette prétention aux autres recherches sur le sujet. Selon l'institut, il n'est pas justifié pour les autres études de généraliser pour tout le Québec et d'inférer que c'est l'endroit où on paye le plus d'impôts au monde.

Certes, ce on, nous dit l'étude, s'il représente une minorité de gens, en particulier «les personnes vivant seules et ayant un salaire élevé», paiera ici une part plus élevée d'impôts qu'ailleurs. Dans ce cas-ci, «le Québec se démarque significativement du Canada et des États-Unis» avec une imposition plus forte. Par contre, si ce on représente la majorité de la population, plus de 50 % de celle-ci (soit les individus ou les ménages avec ou sans enfants dont le revenu est près ou inférieur à la médiane), il paie soit autant, soit moins d'impôts qu'ailleurs au Canada et qu'aux États-Unis. Les auteurs de l'étude font le pari qu'il est plus représentatif de parler de plus de 50 % des membres d'une population plutôt que d'une minorité.

Puis, surtout, certaines critiques à l'endroit de l'étude remettent en question le bien-fondé d'accorder attention et diffusion à un tel institut «bancal» et «partial». Le qualificatif de «bancal» semble être justifié par cette «partialité», en fait. On peut s'inquiéter et se réjouir de telles remarques. C'est alarmant de savoir qu'on puisse croire en la neutralité d'une position d'experts, mais c'est rassurant qu'on sache - parfois, ici - déceler son parti pris. Une recherche (comme un article journalistique, comme un commentaire d'un lecteur !) sera toujours partielle et partiale, que ce soit dans ses recommandations, ses conclusions, sa méthodologie, son échantillon, sa question, ou simplement dans le choix de son sujet.

SUR LES BLOGUES: Les Québécois sont toujours les plus taxés en Amérique du Nord, hélas!

Donc, qu'il s'agisse d'une étude de l'OCDE, de l'Institut Économique de Montréal ou de l'institut Fraser, ou d'un reportage de notre chaîne de télé favorite ou d'un article de notre journaliste préféré, leurs propos seront eux aussi, «partiaux», «biaisés». Peut-être que certaines études ou certains articles paraissent plus «neutres», ou plus «légitimes». Mais c'est probablement le cas si on est plus habitué à entendre leur point de vue ; celui-ci paraît alors plus «crédible» parce que mieux inscrit dans le cours usuel de la pensée à laquelle on est généralement exposé. Aussi, la partialité dans ce qui nous est familier est tout aussi présente (et souvent invisible) que la véracité dans ce qui nous est étranger.

Enfin, il devient fallacieux de penser la «neutralité scientifique», et le recours à la science pour déterminer le politique devient douteux. Sachant cela, reste à chacun de savoir séparer le bon grain de l'ivraie. Et à chacun de décider à quoi s'en remettre pour se faire une idée. Savoir que le taux d'imposition des plus riches au Québec a diminué au cours des dernières années ne justifie pas en soit qu'on l'augmente, tout comme savoir que celui-ci est moins élevé aux États-Unis et ailleurs au Canada ne justifie qu'on le baisse. Le choix est libre et entier, et son fondement réside ailleurs.

VOIR AUSSI

Loading Slideshow...
  • 10. Bernard Arnault

    29 milliards$

  • 9. Liliane Bettencourt

    30 milliards$

  • 8. Li Ka-shing

    31 milliards$

  • 6. Charles Koch et David Koch

    34 milliards$

  • 5. Larry Ellison

    43 milliards$

  • 4. Warren Buffett

    53,5 milliards$

  • 3. Amancio Ortega

    57 milliards$

  • 2. Bill Gates

    67 milliards$

  • 1. Carlos Slim Helu

    73 milliards$

 
Suivre Du Québec
L'étude de l'IRIS sur la charge fiscale des Québécois cherchait à déboulonner un mythe entourant le sujet. Malheureusement, par les réactions qu'elle a suscitées, elle en a fait ressortir un au...
L'étude de l'IRIS sur la charge fiscale des Québécois cherchait à déboulonner un mythe entourant le sujet. Malheureusement, par les réactions qu'elle a suscitées, elle en a fait ressortir un au...
 
 
Les commentaires sont clôturés pour cette entrée.
Afficher tout
Favoris
Date de publication  | 
Popularité
08:23 sur 12/03/2013
Avec une dette plus élevé il est normal d'avoir plus à rembourser. Au 31 Mars 2012 la dette du Québec était de $ 183.4 Milliards ou 54.6 % de notre PIB. En comparaison celle de l'Ontario est à hauteur de 42.6% suivi de la Nouvelle Ecosse à 38%. (Voir la chronique de Francis Vaille dans La Presse). Nous payons actuellement 10.1 Milliards en intérets. Le hic c'est que notre dette continue à augmenter et aussi les paiements en intérets. Nous sommes donc la province la plus endettée au Canada et nous nous sommes endettés par nos propres choix.
Notre association avec le Canada est financièrement positive. Les paiments de péréquation ont été en notre faveur à plus de 1 Milliard par année ( nous recevons plus que ce que nous payons en impots à Ottawa). Chaque année Ottawa envoie au québec $300 milions pour les universités (les universités n'en voient pas la couleur). Depuis aussi loin que l'on puisse mesurer, le québec reçoit plus de l'assurance emploi que ce qu'il paie etc....
Quand j'entends les gens réclamer la "gratuité", en fait ils réclament que nous nous endettions encore plus et ainsi diminuer notre revenu net à chacun de nous. Actuellement Québec est dans le rouge tous les jours.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
18:29 sur 15/03/2013
« Notre association avec le Canada est financièrement positive. »

Pour le canada-des-anglos. Autrement, il faut croire que les anglos sont assez niaiseux pour perdre de l'argent avec un territoire et un peuple qu'ils dominent.
21:26 sur 11/03/2013
Ce billet est aussi tendancieux et déconnecté que "l'étude" qu'il défend.

Si on veut être concret une seconde, quand on dit que les québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord, on parle évidement de ceux qui contribuent, pas de ceux qui ne paient à peu près rien.

L'objectif de l'étude semble être de démontrer qu'il reste de la place pour taxer encore davantage ceux qui paient déjà beaucoup plus qu'ailleurs sur la base du constat que ceux qui ne paient à peu près rien paient moins qu'ailleurs.

C'est d'une absurdité à pleurer, et ça démontre le manque total de crédibilité de cette organisation.

Tout n'est pas entièrement relatif et tout n'est pas une simple question d'opinion dans le monde réel.

Vous concluez que "Le choix est libre et entier (...)." Rien de plus faux. Dans le monde hyper-concurrentiel dans lequel nous vivons, la marge de manoeuvre est extrêmement mince (le choix n'est pas entier), et les conséquences d'ignorer ce qui se passe autours de nous sont tout aussi dramatiques qu'inéluctables (vous direz peut-être qu'on a la liberté de se ruiner financièrement mais ce n'est pas sérieux).

La concurrence, dans ce cas-ci fiscale, est un élément objectif incontournable, et le recours à des données comparatives sérieuses est indispensable pour faire des choix politiques à caractère non suicidaire.
11:26 sur 11/03/2013
Pour bien analyser cette situation, on doit regarder plus qu’un vecteur, ici les taxes, on doit aussi comparer les services rendus pour ce que l’on paie.

En plus j’ai une question, quel est le taux de taxation idéal?? Je ne connais pas la réponse.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
12:58 sur 11/03/2013
En effet, dans les pays scandinaves, les entreprises sont moyennement taxées mais les individus le sont plus qu'ici. Ils ont beaucoup de services et leur système de santé est plus efficace que le nôtre et surtout que celui des USA, où des gens vivent dans une misère digne du tiers-monde.
http://www.dailymail.co.uk/news/article-2134196/Pictured-The-modern-day-poverty-Kentucky-people-live-running-water-electricity.html
08:25 sur 11/03/2013
Le problème, c'est que l'économie et la politique n'ont rien à voir avec la science. Au delà des opinions, il y a tout de même des chiffres et je suis prête à croire que les nuances qu'apporte l'IRIS, --Le fardeau fiscal dépend fortement du revenu-- sont super intéressantes.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Louis Godbout
10:14 sur 11/03/2013
Revoir la définition de la science et des sciences sociales. Il existe bien une science politique et une science économique. Le fait que certains groupes agissent comme lobby plus que comme organismes de recherches n'est pas spécifique aux sciences sociales.

Voir les différentes recherches sur l'impact environnemental de certains projets.

Le problème, souvent, c'est que l'on fait plus confiance à des recherches dont les conclusions sont proches de nos idées. Par exemple, si vous êtes d'accord avec l'IRIS, qui est clairement un lobby de gauche, vous êtes probablement de gauche.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
11:03 sur 11/03/2013
C'est un peu exagéré comme affirmation. Qu'est-ce que vous appelez «la science»? Les maths sont idéales, puisqu'elle ne sont liée qu'à la logique. Mais même là, certaines types d'argumentation ne sont pas admis par tous les mathématiciens.

En physique, où les modèles assurent une certaine objectivité, la théorie des cordes ne peut être modélisées sur les plus puissants ordis et cela même pas si on se limite à une partie de la théorie.

C'est clair que plus on se rapproche des humains plus les systèmes de valeur interviennent. Mais même là, on peut argumenter logiquement avec des chiffres et surtout faire ressortir les valeurs sous-jacentes (tout pour les riches ou plus d'égalité). On peut par exemple montrer que l'IEDM triche en soulignant les chiffres qu'ils laissent de côté (cf. leurs articles sur la Suède).
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Ankou
13:33 sur 11/03/2013
En physique, une théorie n'est valide qu'une fois confrontée au résultat d'une expérimentation. La théorie des cordes n'est pour l'instant pas vérifiable expérimentalement. Même si un ordinateur pernettait la validation du modèle par des calculs (ce qui est actuellement le cas en partie) il faudrait encore attendre une validation expérimentale qui reste à définir. Je trouve le rapprochement avec l'économie assez intéressant parce qu'il y a tellement de paramètres subjectifs dans ces évaluations de la taxation que les schémas réducteurs sont nécessairement orientés vers les positions politiques des auteurs.
06:54 sur 11/03/2013
Un viieux proffesseur a UL me disait qu'on paye moins d'impôt en $$$ car les salaires sont moins élevés au Québec...Je n'ai pas les connaissances pour savoir si c'est vrai ou faux. Cela date de quelques(hum..plusieurs) années.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Louis Godbout
10:15 sur 11/03/2013
Sauf erreur, la recherche parle de pourcentage.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Rejean Drouin
22:07 sur 10/03/2013
L'économie n'est pas une science, encore moins une science objective. C'est bien plus une affaire de promotion d'intérêts privés à grands coups de propagande médiatique qui, c'est ce dont on parle, se fait passer pour un discours scientifique afin d'avoir plus de crédibilité.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Louis Godbout
10:19 sur 11/03/2013
Si le manque d'objectivité de certains organismes fait en sorte que l'économie n'est pas une science, il n'existe plus grand science dans le monde.

Même des recherches sur l'environnement et la pollution, qui n'analysent pas des humains qui ont la fâcheuse habitude de changer de comportement, arrivent à des conclusions différentes. Souvent c'est une question de méthodologie plus que d'honnêteté (exactement ce qui est décrit dans l'article).

Revoir la définition du mot science et surtout de sciences sociales.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
photo
12:52 sur 11/03/2013
C'est juste.

Et plus ça touche à l'humain, plus c'est difficile, d'où les techniques à l'aveugle en psy où l'expérimentateur ne sait pas à quelle condition le sujet est soumis pour ne pas influencer.

La météo utilise des super-ordis de la mort et se trompe souvent.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Rejean Drouin
14:01 sur 11/03/2013
D'autres l'ont dit ici déjà; la méthode scientifique exige qu'une théorie soit objectivement vérifiable ce qui ne se fait pas pratiquement en économie.

Prétendre faire de la science avec l'économie de la manière dont on le fait en général n'est pas de la science mais du scientisme; l'application idéologique de la science hors de son contexte propre, seulement pour donner du lustre à des opinions subjectives.
19:19 sur 10/03/2013
En résumé vous dites que l'étude de l'IRIS sur la charge fiscale des Québécois discrédite des études précedentes qui avaient été réalisées par d'autres organismes sans qu'elle soit crédible pour son public cible à cause de la partialité de l'IRIS.
Donc l'IRIS a failli dans sa mission de déboulonner des faits établis dans des études précédentes effectuées par des organismes plus crédibles que l'IRIS.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
GreatBenito
12:27 sur 11/03/2013
Je pense que ce que l'auteur veux souligner c'est plutôt que l'étude de l'IRIS n'est ni plus ni moins biaisée que celle qui sort d'autre ''organismes'' de recherche. Donc c'est au lecteur de prendre le contenu et d'en tirer ses propres conclusions plutôt que les conclusions toutes faites que l'on cherche à nous servir soit à l'IEDM, chez les chroniqueurs economique du payroll de desmarais ou meme de l'IRIS.

Bref informez vous mais demeurez critique et avant d'absorber le message qui est livré questionnez vous sur les intérêts du messager.
14:50 sur 10/03/2013
Si je comprends bien votre raisonnement, quand l'ONU déclare qu'un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde ce serait un point de vue ? Quand même...si plus de 50% paient moins d'impôts, alors cela veut dire que plus de 50% paient moins d'impôts. Ce n'est pas un point de vue. Il y a relatif et relatif. Les faits ne sont pas relatifs. On peut discuter des méthodologies certes, mais certaines révèlent mieux la réalité que d'autres.
16:16 sur 10/03/2013
On peut interpréter n'importe quels faits comme on l'entend, hélas.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Rejean Drouin
22:01 sur 10/03/2013
Toutes les interprétations ne sont pas justes.
17:23 sur 10/03/2013
Je ne crois pas que l'article prêchait le relativisme. Il questionnait plutôt les limites de l'objectivité scientifique.
12:11 sur 10/03/2013
Dans cette étude des faits on été établis, mais c'est sur l'interprétation que les avis divergent. Dans la vraie science on établit des faits, on ne les interprète pas.

De plus, comment voulez-vous que notre opinion ne soit pas biaisée ? À moins d'être un doctorant en sciences économiques (et encore) on est obligé, pour se faire notre propre opinion, de se baser sur les connaissances des autres. C'est pas nouveau. C'est comme ça dans tous les domaines, le climat, la réinsertion des prisonniers, l'injection de capitaux pour relancer l'économie, la pertinence de la mission martienne, etc.

Pour imager je dirais que cette études portait sur les pommes, et on en a conclu que le marché des poires était en expansion.
17:05 sur 10/03/2013
''dans la vraie science, on établit des faits, on ne les interprètes pas'' ... Ce n'est malheureusement pas comme cela que ça marche tout à fait :

Les ''faits'' ce sont les mesures qu'on aura établit à partir de divers outils. par la suite, les déduction naturelles ou les logiques combinatoires qu'on tirera de ces mesures, eh bien, c'est ce qu'on nomme l'interprétation des données. Et oui, il y aura toujours plusieurs façon d'interpréter un même lot de données et cette interprétation se fera en fonction des expérimentation précédentes et du paradigme théorique dans lequel l'expérimentateur évolue. Dans l'absolue, il sera toujours impossible de vérifier de façon absolue si l'interprétation des données sur laquelle on se base est factuelle ou purement théorique. Vous n'avez qu'à regarder en cosmologie ou en physique quantique pour trouver d'excellentes thérories qui sont en compétition pour définir l'univers réel et il y en aura toujours, merci au théroème d'incomplètude de kurt godel ;)
23:28 sur 10/03/2013
Donc en résumé vous dites la même chose que je dis.

Qu'il peut y avoir une myriade de manières d'interpréter des données.

Ça me va.
09:58 sur 11/03/2013
Attention, l'étude de l'IRIS sit plutôt ce que vous dites. On ne pet généraliser et interpréter abusivement un taux moyen d'imposition pour LES Québécois. Quand il y a hétérogénéité des données et d'une distribution statistique, on ne peut pas généraliser et surtout on ne peut pas représenter la réalité par une moyenne. Donc, on ne peut pas dire que LES Québécois sont surtaxés, quand cela est faux (fait établi par les données) pour au moins la moitié des Québécois. C'est tout ce que l'IRIS déduit et démontre ici : on ne peut pas généraliser à tous les Québécois ... D'accord?
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Ankou
13:23 sur 11/03/2013
Un exemple que l'on donne à nos étudiants pour leur montré le peu d'information que fourni la moyenne: j'ai 4 voisins
le premier ne boit jamais de bière
le second en boit une une fois par mois
le 3ème une fois par semaine
et le 4ème une fois par jour
Donc, en moyenne les hommes boivent de la bière 107,25 jours par année. Si la distribution est inconnue, je pourrais conclure que tous les boivent de la bière.