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Contre les machines politiques

11/05/2017 09:06 EDT | Actualisé 11/05/2017 09:06 EDT

J'écris cette chronique alors que je continue à observer le déroulement de la partielle qui frappe mon comté plus qu'elle ne s'y déroule. Je n'ai que très peu d'observations à partager alors je serai très bref quant à cette partie et je passerai rapidement à autre chose.

D'abord, j'ai croisé Jonathan Marleau au Mcdo, où il servait des frites pour accompagner des Big Macs qu'il servait aussi avec beaucoup de libéralité. Cette apparition m'a inspiré plusieurs images peu flatteuses, mais comme c'est le McDon, je respecterai la trêve et les garderai pour moi.

Ensuite, j'ai signé une feuille que tendait Gabriel Nadeau-Dubois et que lui exigeait le DGEQ afin de lui permettre de faire campagne dans Gouin. J'ai signé comme on signerait une pétition pour que vivent les bélugas ou contre la famine. Bref, j'ai signé sans m'engager. Dans une ancienne chronique, j'ai comparé GND à Louis-Napoléon Bonaparte et, maintenant que je l'ai vu, je réalise que c'était bien injuste. GND est, en fait, un chaton et je lui ai donc serré la main.

Je n'ai pas croisé d'autres aspirants se soumettant au jugement populaire. Il ne m'a, toutefois, pas échappé que la CAQ présentait un professeur de philosophie et que le Parti Vert lançait son chef dans la bataille. Rapidement, je trouve génial que la CAQ présente un professeur de philosophie. Il ne gagnera pas, mais ce ne sera pas perdu, puisqu'il pourra donner des classes de rattrapage à un parti dont personne ne connait ou ne comprend la philosophie, à commencer par ses membres. Pour le PV, il n'est absolument pas surprenant qu'il présente son chef puisqu'il n'est pas certains qu'il y ait quelqu'un d'autre en stock. Ce qui permet de douter de son engagement au développement durable, puisqu'il semble manquer même d'une ressource connue de tous comme durable et (sur)renouvelable: des candidats.

En fait, tous ces partis, mise à part la CAQ, ne pourront représenter réellement les électeurs de Gouin, à supposer que ces derniers décident de se déplacer massivement pour une partielle. La raison en est toute simple et elle ne vient pas de la mauvaise volonté ou foi: c'est que chacun de ces partis a renoncé à rejoindre le peuple dont ils ne sont pas certains qu'il existe, et a décidé de se concentrer sur des franges de l'électorat. Et, quand bien même l'un des candidats décidait à voir plus loin, et surtout plus large, que les promesses de subvention pour un club de karaté, son appareil politique ne le laisserait pas faire.

Nos élections sont de plus en plus de petits «remakes» de la prise de pouvoir de Skynet. On pourrait croire, naïvement, qu'il s'agit d'une réalité concernant seulement les grands partis. Mais, rien n'est plus faux!

Il s'agit d'une situation cocasse, mais pourtant bien réelle : les candidats sont conçus pour les appareils et non plus l'inverse. Nos élections sont de plus en plus de petits «remakes» de la prise de pouvoir de Skynet. On pourrait croire, naïvement, qu'il s'agit d'une réalité concernant seulement les grands partis. Mais, rien n'est plus faux! Aussitôt qu'un parti est créé pour accompagner une candidature, cette dernière se retrouve inféodée à la nouvelle machine et doit la nourrir.

D'abord, cela débute par la course aux dons et on s'y plie, car l'argent est le nerf de la guerre. Puis, c'est la course aux membres et on s'y plie, car il en va de même pour les partis et les partys: si personne ne vient, ça craint. Puis, sans qu'on ne s'en aperçoive, tout ça ne devient qu'un automatisme, un impératif pour la survie du parti et plus rien ne compte. Les candidats ont davantage en commun avec ces personnes prisonnières de cocons dans le film The Matrix qu'avec des élus du peuple.

Pour briser ce cycle, il faut que tous, nous nous levions contre les machines politiques. Il faut qu'un candidat ait le courage de se présenter comme simple indépendant et donc sans parti. Il faut que nous, les citoyens, ayons le courage d'appuyer cette candidature. Il faudra aussi que nous résistions aux sirènes d'alarme de la machine médiatique. Une fois tout cela accompli et notre candidat à l'Assemblée, alors nous aurons remporté la première bataille contre les machines. Il nous restera, dès lors, à remporter la Guerre...

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