Concernant le présent débat sur la hausse des droits de scolarité, je tiens à vous faire part du point de vue d'un groupe d'étudiants universitaires (dont je fais partie) qui rejettent cette hausse, les étudiants boursiers des grands organismes subventionnaires provinciaux et fédéraux, point de vue exprimé par la lettre ouverte qui suit, pensée et rédigée par Jules Racine Saint-Jacques, doctorant en histoire à l'Université Laval. La liste des signataires de cette lettre apparaît au bas de celle-ci.
Cette lettre collective s'inscrit en faux contre une éducation supérieure conçue comme un investissement personnel et contre le savoir représenté comme une marchandise. Elle répond aux détracteurs du mouvement étudiant qui ne voient dans les grévistes que de jeunes égoïstes refusant de contribuer au développement du système universitaire en payant leur « juste part ».
Nous sommes de ces étudiants « riches » parfaitement capables d'absorber la hausse. Récipiendaires de bourses d'excellence des grands organismes subventionnaires provincial et fédéral, nous appartenons à la classe la mieux nantie de la population estudiantine. En effet, nos revenus excèdent ceux de la plupart de nos collègues et même, parfois, ceux du corps enseignant. Candidats à la maîtrise et au doctorat en fin de parcours, nous sommes en outre de ceux que la hausse n'affectera pas, ou si peu. Nous serons sortis de l'université bien avant 2017, année où elle atteindra 1 625$.
Et pourtant, nous avons choisi de nous engager dans la grève étudiante actuelle, et ce pour trois raisons.
Nous nous battons afin de dépasser le rêve de nos ancêtres, d'abord, qui ont collectivement posé l'éducation au fondement de la société québécoise. Les Marie Lacoste, Gérin-Lajoie, Georges-Henri Lévesque, Arthur Tremblay, Jeanne Lapointe, Alphonse-Marie Parent, Jacques-Yvan Morin, Claude Ryan et autres devanciers qui avaient compris que le salut du peuple québécois passait nécessairement par un accès plus ouvert au savoir. Rallumant leur flambeau, nous marchons aujourd'hui pour l'idéal d'une éducation supérieure universellement accessible.
Nous nous battons pour nos contemporains, ensuite. Pour les plus pauvres d'entre nous qui ont déjà trop souffert des insuffisances du système de prêts et bourses pour se réjouir béatement des 60 millions de dollars qu'on prévoit y injecter. Pour ceux-là qui, depuis 2008, sont quatre fois plus nombreux à solliciter l'aide de Moisson Montréal et qui constituent aujourd'hui plus de 10% des bénéficiaires de cette banque alimentaire. Nous combattons aussi pour nos collègues de la classe moyenne, cette majorité trop souvent silencieuse dont les parents ne sont ni assez riches pour payer leurs études, ni assez pauvres pour permettre à leurs enfants de toucher l'aide financière de l'État.
Nous nous battons, enfin, pour nos enfants. Afin qu'ils aient une chance égale d'accéder au savoir de leur choix. Non pas forcément celui qui leur garantira le retour le plus rapide sur leur investissement, mais celui qui fera d'eux de meilleurs citoyens. Non pas un savoir uniquement pratique et moulé sur le marché de l'emploi, mais un savoir à vocation plus utile, encore. Un savoir qui développera leur sens critique et fera d'eux non pas de simples agents économiques, sourds et aveugles aux injustices du monde, satisfaits de leur propre condition sociale, mais des hommes et des femmes plus complets, plus cultivés, plus instruits et mieux outillés pour apporter une contribution originale à leur société. Et pour porter plus loin, à leur tour, les rêves de leurs ancêtres.
Pour ces raisons, nous continuerons le combat aux côtés de nos collègues d'étude, nous dont les ceintures ne seront pas trop serrées par la hausse. Voilà bien matière à faire réfléchir ceux qui veulent réduire les revendications du mouvement étudiant à un étroit corporatisme, à de simples considérations individualistes. Notre engagement ne traduit pas un refus égoïste de payer notre « juste part ». Il exprime plutôt une volonté ferme de voir l'éducation supérieure accessible à tous.
Le savoir est un bien commun. Nous sommes en grève pour qu'il le demeure.
Ont signé cette lettre:
Ont appuyé cette lettre:
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Sont-ils tous des futures profs? Pas etonnant qu'ils soient contre une bonification des prets et bourses! Encore faut-il etre assuré d'un revenu pour les rembourser...
Personnellement, j'aimerais plutot avoir l'opinion des professionnels ci-haut mentionnés.
J'ai vu mon fils faire deux techniques, un bac et une maitrise durant les plus belles années de sa jeunesse et j'appellerais ça définitivement une contribution très substantielle .
7 jours sur 7 la plupart du temps, plus un boulot à temps partiel ça occupe une jeunesse qu'on serait tenté d'occuper à bien d'autres choses.
Tout ce qu'il a couté a été amplement remboursé à la société qui l'a aidé à s'éduquer.
Si cela avait couté plus cher, il n'aurait très probablement pas pu le faire car nous avions peu de moyens et aujourd'hui, il est ingénieur.
Combien d'autres dans son cas?
Je vous encourage à vous tenir debout devant ces opportunistes affairistes qui nous gouvernent et qui voient le monde en colonnes de chiffres .
Ce sont eux qui nous on foutu dans le bordel dans lequel nous sommes et ce n'est pas les qq millions sauvés en vous les refilant qui vont régler quoi que ce soit.
Beaucoup de gens sont sympatiques à votre cause .
Quand 50% des Québécois sont analphabètes et la majorité des jeunes défavoriser ne termine pas leur secondaire 5, je me demande à qui profite cette quasi-gratuité.
Gauche caviar - Néolibéral , same différence.
Je ne comprend pas votre raisonnement. Vous trouvez qu'il y a trop d'analphabètes et, en même temps, vous trouvez que les universités sont trop accessibles... Vous propose quoi ?
2.- revenus familiaux de 5,000- 25,000$ au Québec 18,1 % accède à l'université, moyenne canadienne est de 26,6 %
Une étude récente du conseil ontarien de l'enseignement supérieur montre que le revenu familial n'est pas un facteur déterminant, les notes, le contexte familial sont les facteurs déterminants.
Moins d'analphabètes et moins de décrocheurs impacteraient beaucoup plus la quantité d'étudiants qui accèderaient aux études supérieures.
Quand vos éleves vous demanderont un diplome "Gratuit" ; c'est-a-dire "Sans effort" ni mérite, ils vous sortiront votre texte !
L'histoire des banques alimentaires ??? ???? ???
Ah , c'est ca qu'on appelle le sophisme!
Pas convaincant quant a moi , que ce ne sont pas des intérets corporatifs qui vous dictent cette lettre; Apres tout, les signataires sont tous reliés, semble t'il a la corporation des enseignants et des chargés de cours...
Il n'y a aucun intéret corporatif pour un prof a appuyer la hausse...
Il n'y a aucun inntéret pour un employé de radio--can a demander l'abolition de postes...
Il n'y a aucun intéret pour un citoyen a demander une augmentation de l'impot ou des tarifs...
On sait tout cela!
Vous semblez également associer "gratuité" à "aucun effort". Alors selon vous, la majorité des étudiants européens et nordiques ne mettent aucun effort dans les études? Car le modèle de la gratuité est celui qui prévaut en Europe et dans les pays scandinaves depuis très longtemps. Je ne crois pas non.
Et si on appliquait ces tarifs sur les cafés-campus pour défrayer les frais universitaires?
Vous savez comme moi que ca ne fonctionnerait pas, mais pourquoi au juste?
Réponse: Parce que les étudiants diraient; " On EXIGE les tarifs nords-Américains...on n'est pas nonos...."
Pensons en adulte!
Marc-Olivier Frégeau, doctorat en pharmacologie, Université de Sherbrooke
Maintenant ces riches (qui le disent, qui l'admettent, qui s'en vantent) pourraient-ils écrire une autre lettre dans laquelle ils nommeraient leurs engagements financiers (oui, oui, financiers) pour commencer à appliquer ce qu'ils écrivent dans leur présente lettre. Donner l'exemple c'est un "exemple". c'est quand même la 2è étape après la dénonciation. À quand donc une création d'une fondation avec participations dans les 3 points exposés avec budget en regard de chaque point et tout cela pour faire avancer tous ces pauvres que nous sommes. C'est pas moi qui le dit, ils le disent eux-même. Nous en avons les moyens. Mais joindront-ils les actes à la parole ? J'en doute.