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Cinemania : Suggestions du dernier week-end

14/11/2014 08:10 EST | Actualisé 14/01/2015 05:12 EST
Hubert Boesl/DPA
Gaspard Ulliel (L-R), director Bertrand Bonello and Helmut Berger attend the premiere of "Saint-Laurent" during the 67th Cannes International Film Festival at Hotel Majestic in Cannes, France, 17 May 2014. Photo: Hubert Boesl/dpa -NOWIRESERVICE-

Gemma Bovary

En Normandie, un boulanger parisien vouant un culte à Flaubert (Fabrice Luchini) devient complètement obsédé par ses nouveaux voisins : un charmant couple d'Anglais nommés Charles et Gemma Bovery (Jason Flemyng et Gemma Arterton). À l'instar de l'héroïne flaubertienne, la jeune femme s'ennuie à la campagne et prend bientôt pour amant un séduisant châtelain (Niels Schneider). Craignant une issue fatale, le boulanger lettré s'immisce alors dans la vie de sa voisine.

Charmante adaptation du roman graphique de Posy Simmonds (Tamara Drewe), cette comédie dramatique d'Anne Fontaine (Entre ses mains) revisite de façon amusante, bucolique et sensuelle le classique de Flaubert. Truffé de savoureuses répliques spirituelles, dont se délecte Luchini, Gemma Bovery donne à voir une Normandie des plus enchanteresses, laquelle s'harmonise à la gracieuse beauté de Gemma Arterton, émouvante incarnation de la romanesque madame Bovary.

Samedi 15 novembre, 15h

Saint-Laurent

Plus audacieux que le biopic de Jalil Lespert, lequel relatait la belle histoire d'amour entre le grand couturier et l'homme d'affaires Pierre Bergé, ce biopic de Bertrand Bonello (L'Apollonide) relègue Bergé (Jérémie Renier) au second plan au profit de la déchéance du grand couturier (Gaspard Ulliel, aussi bluffant que l'est Niney chez Lespert), de ses sorties en boîte avec la mannequin Betty Catroux (Aymeline Valade) et la créatrice de bijoux Loulou de la Falaise (Léa Seydoux), ainsi que sa liaison sulfureuse avec le dandy Jacques de Bascher (Louis Garrel) de 1967 à 1976.

Hypnotique incursion dans la psyché d'un génie vulnérable et torturé, Saint Laurent jouit d'une éblouissante direction artistique qui fait honneur au sens du détail et au souci de perfection du créateur du parfum Opium. Certes, les personnages papillonnant autour de Saint Laurent paraissent vains et superficiels, et trop longtemps, le personnage central lui-même demeure hermétique, inatteignable. Puis, la magie opère, la poésie prend du terrain, et lorsqu'au dernier acte Bonello rend hommage à la célèbre collection de 1976, où YSL exprimait sa fascination pour la culture berbère (le couturier est né à Oran), le metteur en scène va jusqu'à emprunter à Mondrian, l'une des sources d'inspiration de Saint Laurent, pour relever la beauté des textures et des couleurs. Une page d'histoire de la mode à couper le souffle.

Samedi 15 novembre, 17h

La chambre bleue

Quatre ans après Tournée, pour lequel il avait reçu le prix de la Mise en scène à Cannes, Mathieu Amalric est de retour avec La chambre bleue, d'après un roman de Simenon, où un homme (Amalric), accusé du meurtre du mari de sa maîtresse (Stéphanie Cléau, qui signe le scénario avec Amalric), se remémore leur relation torride. Alors qu'il est interrogé, l'homme soupçonne sa maîtresse d'avoir commis ce meurtre.

Lascif, élégant, captivant, La chambre bleue tire sa force dans son habile chronologie éclatée qui tiendra le spectateur au bout de son siège. Demeurant malgré ce procédé narratif fidèles au roman, les scénaristes sont parvenus ainsi à étoffer le mystère et à l'entretenir jusqu'à la toute fin. D'une mise en scène intimiste, à des lieues du froufroutant Tournée, ce drame ponctué de scènes à caractère érotique d'un sensualité brute propose une finale qui décontenancera le public autant que l'accusé.

Samedi 15 novembre, 19h45

Dimanche 16 novembre, 12h20

Diplomatie

Dans la nuit du 24 au 25 août 1944, le général Von Cholitz (Niels Arestrup), militaire n'ayant jamais hésité à exécuter les ordres, s'apprête à exécuter ceux d'Adolf Hitler, soit de faire sauter les plus beaux monuments de Paris. Ayant pénétré sa suite de l'hôtel Meurice par une porte secrète, le consul suédois Raoul Nordling (André Dussolier) fera tout en son pouvoir pour dissuader l'officier allemand de sauver les Parisiens de la catastrophe.

Dans cette adaptation de la pièce de Cyril Gély, le cinéaste émérite Volker Schlondörff (Le Tambour) revisite une période de l'Histoire qu'il connaît sur le bout de ses doigts. Si sa mise en scène se révèle rigide, le réalisateur s'étant contenté d'un huis clos oppressant ponctué de quelques scènes extérieures tournées en studio, Diplomatie fait la part belle aux deux acteurs qui reprennent avec panache les rôles qu'ils avaient d'abord créé sur scène.

Dimanche 16 novembre, 15h40

Deux jours, une nuit

Beau drame social porteur d'espoir, Deux jours, une nuit de Luc et Jean Pierre Dardenne (Rosetta, Le fils) met en vedette Marion Cotillard, bouleversante dans le rôle d'une femme dépressive luttant pour préserver son emploi et ainsi garder sa dignité. Accompagnée de son mari, elle ira donc frapper à la porte de tous ses collègues, victimes d'intimidation de leur supérieur immédiat, afin qu'ils renoncent à leur prime de façon à ce que son poste ne soit pas coupé par la direction.

Tourné en plans-séquences, où l'on suit à distance l'opiniâtre héroïne, baigné d'une douce lumière, Deux jours, une nuit traite avec une sobriété exemplaire des répercussions socio-économiques dans les milieux populaires. À travers l'itinéraire de cette battante, que l'on sent sur le point de s'effondrer à tout moment, les frères Dardenne esquissent un portrait sans fard de la mentalité industrielle où le capital humain est traité sans considération.

Dimanche 16 novembre, 17h20

Party Girl (film de clôture)

Âgée de 60 ans, Angélique (Angélique Litzenburger), entraîneuse dans un bar de la Lorraine, constate non sans amertume qu'il est de plus en plus difficile pour elle d'appâter les clients. Bien que le goût des soirées bien arrosées ne la quitte pas, la colorée sexagénaire accepte de devenir la sage épouse d'un client amoureux d'elle. Pour Angélique, ce sera aussi l'occasion d'être enfin réunie avec ses quatre enfants, dont sa fille cadette qui vit en foyer d'accueil.

Relatant la véritable histoire de l'entraîneuse Angélique Litzenburger, cette réalisation tricéphale signée Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, fils d'Angélique, s'avère à la fois un tendre portrait d'une attachante marginale doublée d'une tendre chronique familiale et d'un tableau de société que ne renieraient sans doute pas les frères Dardenne. Caméra d'or et Prix d'ensemble à Cannes en mai dernier.

Dimanche 16 novembre, 19h15

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