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La capitulation tranquille de Philippe Couillard

03/11/2014 10:51 EST | Actualisé 04/01/2015 05:12 EST

La langue française est l'élément fondateur de la nation québécoise, le français étant le mur porteur de notre identité. Plus personne ne remet en question, au Québec, la primauté du français et la pertinence de son usage, ici et dans le cadre de nos prises de parole publiques à l'étranger.

Plus personne, sauf peut-être notre premier ministre. Il semble en douter, puisqu'il a fait un discours exclusivement en anglais, lors de la conférence internationale Arctic Circle, tenue à Reykjavik, en Islande. Rien en français, pas un seul paragraphe, ni même une phrase ou un petit mot. Est-ce que s'adresser en français à son auditoire aurait occulté complètement son message ou résulté en une incompréhension totale de ses auditeurs? Permettez-nous d'en douter.

« Tout le monde sait que le Québec est francophone », a scandé le premier ministre Philippe Couillard. Tout le monde? L'expérience parle davantage que l'affirmation du premier ministre. Je suis convaincu que plusieurs de nos concitoyennes et de nos concitoyens, lors de déplacements, sont fiers, eux, de parler français et d'apprendre à leurs interlocuteurs, en Europe, en Asie ou en Afrique, qu'au Québec, nous parlons français!

La triste affirmation du premier ministre, même si elle était vraie, nous pousse à poser la question suivante : pourquoi sait-on, à travers le monde, que nous parlons français?

La raison est simple : tous les premiers ministres, depuis la Révolution tranquille, ont contribué au rayonnement de notre langue à l'étranger. Ils ont rempli leur devoir de représentation, celui d'affirmer partout que le français est la langue officielle du Québec.

C'est aussi parce que nos artistes, nos entrepreneurs, nos scientifiques, entre autres ambassadeurs, font rayonner la culture québécoise dans le monde. Si le premier ministre ne parle pas français lorsqu'il représente notre peuple sur des tribunes internationales, donne-t-il le meilleur exemple à nos concitoyens qui font des affaires ou travaillent dans d'autres pays du monde?

Les contraintes techniques, soit l'absence de traduction simultanée, justifieraient, selon le premier ministre, l'unilinguisme anglophone. N'aurait il pas été préférable de s'assurer au préalable que ce service soit disponible? De toute façon, comme le faisait remarquer la chroniqueuse Josée Legault, le français est une langue internationale, reconnue par un grand nombre d'instances à travers le monde. Encore une fois, le premier ministre semble s'appuyer sur de bien faibles arguments pour justifier le manquement à son devoir de chef d'État du Québec.

Pour nous, le combat pour la sauvegarde et le rayonnement de notre culture et de notre langue en est un de tous les instants, ici et ailleurs. Pas seulement quand ça nous tente!

Notre belle langue française est le ciment de notre société depuis plus de 400 ans. À travers notre histoire, elle s'est transformée. Des gens ont combattu fièrement pour faire éclater son dynamisme afin qu'elle progresse et s'épanouisse.

Elle mérite qu'on fasse des efforts, qu'on affirme haut et fort qu'au Québec, cela se passe en français. Nous ne devons jamais tenir notre langue pour acquise ni considérer que « tout le monde » sait que les Québécois forment un peuple francophone.

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