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Dans quel Québec voulons-nous vivre?

14/01/2014 07:58 EST | Actualisé 16/03/2014 05:12 EDT

Alors que s'amorçaient aujourd'hui les auditions publiques en commission parlementaire sur le projet de loi n°60, communément appelé la Charte des valeurs québécoises, le Québec plongera à nouveau, pour les semaines à venir, dans la division la plus totale. Le Parti québécois s'obstine à déposer un projet de loi s'attaquant aux libertés individuelles de tous les Québécois, alors que la vaste majorité des juristes décrient l'inconstitutionnalité des mesures proposées, que bon nombre des organismes publics refusent d'ores et déjà de s'y soumettre, et que, surtout, l'arrivée de ce débat houleux a exacerbé des actes de discrimination inacceptables dans l'espace public.

En tant que jeunes libéraux, il nous importe d'ajouter notre voix au concert de celles qui s'opposent à la Charte des valeurs québécoises en déposant un mémoire dans le cadre de cette consultation générale. Parce que cet enjeu nous apparaît trop crucial pour passer à côté de cette occasion de nous faire entendre. Parce que, alors que de nos amis et collègues se voient relégués au rang de citoyens de seconde classe par ce gouvernement, nous nous devons de nous tenir debout pour nous écrier haut et fort non. Parce que notre vision inclusive du Québec nous est trop précieuse et, le contexte le confirme aujourd'hui, trop fragile pour nous taire.

Le mémoire de la Commission-Jeunesse réitère donc que pour nous, un État laïc passe par des individus libres. Nous côtoyons la diversité dans notre quotidien. Notre génération a grandi avec celle-ci. Hidjabs et kippas font autant partie de notre patrimoine que la croix catholique et le tout s'amalgame harmonieusement. Le prosélytisme ne s'exerce pas dans l'œil de celui qui bénéficie d'un service public, mais bien par des actions posées exemptes de neutralité. Et s'il est vrai que la foi est déterminante dans la construction de l'identité d'un croyant, l'afficher, ce n'est pas l'imposer.

Contrairement à ce que le PQ pense, ce n'est pas en dissimulant les éléments les plus ostensibles d'un Québec aux mille visages que l'on créera un lien civique plus fort. Comment ce gouvernement peut-il nous affirmer sans rire qu'une jeune femme de confession musulmane portant le voile et née au Québec puisse se sentir à part entière chez elle quand on lui fait comprendre à mots couverts qu'elle ne correspond pas au moule majoritaire? Fonder un tissu social plus ancré n'est possible qu'en cessant d'ériger des barrières de la différence.

J'ose croire que nous ne nous débrouillons pas si mal en matière de repères communs en ce moment. Par contre, ce qui est périlleux quand on tente d'imposer des repères que l'on n'a pas choisis, c'est l'ostracisme. Quand on ne se sent pas accueilli, c'est là qu'on se ferme. Qu'on se regroupe entre ceux et celles qui nous comprennent selon nous. Qu'on affiche encore plus ce qui « dérange », car cela devient un symbole. Sans être alarmiste, il nous faut réfléchir à ces répercussions, car le choix de société que nous effectuerons sous peu sera déterminant. Dans quel genre de Québec voulons-nous que nos enfants vivent?

Ce que ce projet de Charte propose, c'est une vision du Québec diamétralement opposée à la nôtre. Nous devons dire non. Le PQ veut pratiquer le repli identitaire et cultiver la peur. « Protéger » notre culture. Nous, jeunes libéraux, voulons la faire rayonner.

Pour nous, il ne fait aucun doute que le Parti québécois fait fausse route à des fins bassement électoralistes. Comme population, nous lui avons montré l'automne dernier, alors que les rumeurs battaient leur plein, que nous n'étions pas dupes et qu'il n'était pas question d'enclencher des élections sur le dos des libertés individuelles. Il a reculé. Montrons-lui à nouveau que nous comprenons les conséquences d'un tel projet de loi et que nous n'en voulons pas. Que ce n'est pas notre Québec.

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