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Geneviève

Publication: 19/11/2012 10:51

Ceci est le 3e épisode du Feuilleton Geneviève. Lisez le premier épisode, Monsieur Bérubé, et le deuxième, La soeur d'Éric.

Mesdames, souvent vous avez de la difficulté à passer à autre chose. Et ce rapport rancunier à l'existence est pernicieux. Il vous entraîne dans une réalité déformée de laquelle il est difficile de vous extirper.

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Geneviève, la sœur d'Éric, fait partie des ces femmes vindicatives. La rancune qu'elle entretient par rapport à son passé s'est immiscée jusque dans sa relation avec François. François, c'est tout le contraire de monsieur Bérubé, le père de Geneviève. Et c'est précisément pour cette raison qu'elle a choisi de faire sa vie avec lui. Parce que Geneviève contrôle toutes les facettes de son destin. Elle est comme ça. C'est une sorte de Germaine existentielle.

Quand elle a rencontré François, Geneviève était dans tous ses états. «C'est lui je le sais. C'est l'homme parfait», qu'elle répétait. Il venait d'être engagé dans le même bureau qu'elle. J'étais contente de la voir si enthousiaste. Vous le savez, monsieur Bérubé levait le coude sérieusement, courait les jupons et poussait madame Bérubé jusque dans ses derniers retranchements. Et même si Geneviève ne l'a presque pas connu, son père lui a laissé la haine des hommes en héritage.

Avec François, la lune de miel a été de courte durée. Très vite, Geneviève s'est mise à me raconter comment il ressemblait à monsieur Bérubé. En gros, elle lui reprochait d'être bon des femmes, d'aimer la boisson et de sortir trop. «Comme tous les hommes, au fond» qu'elle disait.

C'est là que leur couple a commencé à battre de l'aile. Je vous l'ai dit, Geneviève, c'est une Germaine. Elle s'est donc mise à régler l'existence de son amoureux au quart de tour. François aurait pu le supporter longtemps. Il était très amoureux de Geneviève. Mais l'ultimatum qu'elle lui a lancé a atteint l'amour qu'il lui portait en plein cœur.

Geneviève avait élaboré un plan. Si elle ne pouvait pas empêcher François d'être comme les autres hommes, elle allait lui faire croire que c'était dans la nature de l'homme d'être mauvais. Si elle réussissait à l'en convaincre, il resterait toujours avec elle. De ça elle était certaine.

Lentement, elle allait lui montrer comment il la décevait à force d'être qui il était. Elle lui enseignerait comment se transformer en bon gars en l'éloignant de tout ce qu'il aimait. Elle exacerberait son sentiment de culpabilité jusqu'à ce qu'il courre se réfugier dans son giron en la remerciant de le garder auprès d'elle.

Mais ce que Geneviève n'avait pas prévu, c'est que François allait résister. Il n'allait pas se laisser convaincre qu'il était pourri par en-dedans. Et il n'abdiquerait pas devant ce qui était en fait une peur des hommes.

Un matin, Geneviève a jeté François dehors. Si François était bel et bien comme monsieur Bérubé, elle, en revanche, n'allait pas finir comme sa femme. Moi, je voyais les choses autrement. François n'était pas comme monsieur Bérubé. Pas du tout. Il sortait mais rentrait toujours à la maison. Il buvait mais jamais pour perdre la tête. Et, même s'il savait apprécier la beauté d'une femme, il pensait à Geneviève tout le temps. François, il voulait juste être libre un peu. Comme tous les hommes, au fond.

Jeunes femmes modernes, essayez donc de passer à autre chose. Vous verrez, vous rencontrerez des hommes formidables.

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