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Non, je ne suis pas sa mère!

09/01/2014 12:09 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

C'est encore arrivé cet après-midi au marché Jean-Talon. Je faisais des emplettes avec mon amie A., certes beaucoup plus jeune que moi. Quelqu'un nous a encore prises pour une mère et sa fille. Ça ne fait que la quatrième fois, me direz-vous, je devrais m'habituer. Eh bien non, je ne m'habituerai jamais!!!! Oui, je sais, j'aurais pu enfanter à 16 ans et avoir une grande belle fille de xx ans aujourd'hui (je ne vous dirai pas son âge, je vous vois déjà faire le calcul), mais ça me donne une claque à chaque fois. Que quiconque vienne me dire droit dans les yeux que le fait de vieillir ne l'affecte pas du tout. Bullshit!

Les gens de mon entourage vont penser que je fais encore une montée de lait pour rien. C'est vrai, mais je les rassure, c'est une toute petite montée, il y a déjà eu pire. En revanche, cela m'a donné l'envie de partager quelques-unes de mes réflexions sur le mieux-vivre ensemble pour cette nouvelle année. Ça changera des rétrospectives, non?

I. Petits conseils d'ami

Pour faire un lien avec ma petite anecdote, ne supposez jamais:

a) qu'une femme plus mature est forcément la mère de celle qui l'accompagne (l'amitié n'a pas d'âge);

b) qu'une de vos proches est enceinte si vous croyez avoir vu un petit ventre (les fluctuations hormonales ou quelques excès gourmands peuvent avoir des effets passagers);

c) que ce jeune homme est certainement le fils de cette dame honorable ou inversement (ça peut être son amoureux, car l'amour n'a pas d'âge non plus);

d) qu'une connaissance qui vous entretient sur sa vie de couple ne parle pas automatiquement de son chum, mais peut-être bien de sa chum;

e) qu'un homme qui se promène avec une belle jeune fille n'est pas forcément un vieux cochon (c'est peut-être sa fille dont il est bien fier).

Bref, maîtrisez votre curiosité maladive, et attendez que l'on vous donne l'information.

II. Maux de mots:

- Créativité: servi à toutes les sauces, ce mot est devenu un fourre-tout linguistique fort utile quand on a rien d'autre à dire pour se démarquer.

- Facteur humidex: j'ai l'impression qu'on en fait toujours un peu trop, pas vous?

- Conseil, comité, consultation, commission: trop de «con» (je parle ici de la prononciation bien sûr) pour si peu d'action (par exemple, la commission Ménard est un gros gaspillage de temps et surtout d'argent).

- Les ignares des réseaux sociaux: quiconque ne sait pas aligner deux phrases sans propos injurieux devrait être écarté par les modérateurs de plateformes de discussion.

- Capitalisme: les succès que rencontrent le Boxing Day, le Black Friday, Walmart, ou les nouveautés/ventes d'Apple n'indiquent aucun signe d'essoufflement de ce soi-disant maudit système économique. Au contraire, nous l'encourageons toujours plus, et certains continuent de s'en mettre plein les poches.

- Protection de l'environnement: sur le papier, c'est bien beau. En réalité, aucune volonté.

- Le copinage Coderre/Labeaume: ce n'est même plus drôle tellement c'est cliché. Peut-on passer à autre chose?

- La France: arrêtons de nous référer continuellement à ce qui se passe là-bas relativement à notre projet de Charte. Ceux et celles qui ont vécu dans les cités-dortoirs des grandes villes peuvent éventuellement savoir de quoi ils parlent. Et si on a vraiment une leçon à en tirer, sachons que plutôt que de signes religieux, les problèmes d'aujourd'hui sont nés d'une accumulation d'incidents de discrimination, de pauvreté galopante et de ghettoïsation auxquels les différents gouvernements n'ont prêté aucune véritable attention. Ainsi, c'est le succès de l'intégration des immigrants qui doit être notre motivation première, car nous avons encore le temps de le faire de la bonne façon. Pour le reste, on n'a pas les mêmes politiques d'immigration que la France et encore moins sa situation géopolitique.

III. J'adore les médias, mais...

- Avons-nous encore besoin d'un Bye Bye ou d'une autre production humoristique à gros budget pour nous aider à entrer dans une nouvelle année ? On jase là...

- Et si on traitait moins d'actualité de genre «faits divers»? Exemples: l'échange entre l'itinérant et le policier ou encore l'affaire Gab Roy. À part un exercice de lynchage collectif sur fond de réactions émotionnelles dans les deux cas, la réflexion n'a pas été poussée plus que ça pour analyser les causes et les conséquences de l'itinérance, les ravages de la pauvreté et de la précarité d'une portion de plus en plus grande de la population. On n'a pas expliqué non plus le phénomène de la montée de propos extrémistes d'une branche de la population. Dans ce cas précisément, on a préféré mettre sur l'échafaud un responsable (Gab Roy) en lui offrant de la publicité gratuite sur un plateau d'argent. Et après ce spectacle divertissant, que fait-on? Au prochain dérapage, allons-nous encore jouer les vierges effarouchées? Car, avouons-le, ce n'est qu'un début...

- Si on lit La Presse, on est des fédéralistes et de droite forcément, si on lit Le Devoir, on est des souverainistes, si on lit Le Journal de Montréal, on ne s'intéresse pas aux vraies affaires. Bref, dites-moi ce que vous lisez et je vous dirai qui vous êtes... À quand un Rue89 ou un Médiapart 100% québécois et indépendants, sur papier ou sur Internet ?

- Dernier petit commentaire: notre paysage médiatique - particulièrement les médias mainstream - me semble trop «blanc» et ne reflète en aucun cas la réalité socio-démographique du Québec. Il est grand temps d'intégrer des représentants de différentes cultures qui composent notre société.

Et vous, qu'aimeriez-vous voir comme nouveautés ou améliorations pour cette année?

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