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Financement des cégeps: un coup de barre s’impose

L’exercice de révision du modèle de financement des cégeps est une nécessité.

29/11/2017 09:00 EST
monkeybusinessimages via Getty Images

Alors que nous célébrons le 50e anniversaire de la création des premiers cégeps et soulignons leur contribution à l'avancement de la société québécoise, nous tenons à saluer l'initiative de la ministre David qui a mis en place un comité d'experts devant se pencher sur la révision du modèle de financement des cégeps, pour les initiés, le FABES.

Ce processus marque un réel souci de pérenniser le développement des cégeps et d'aborder de front certains des défis qui les confrontent. Par contre, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses trois fédérations du réseau collégial souhaitent soulever quelques inquiétudes eu égard aux orientations mises de l'avant pour l'exercice de consultation qui se mettra en branle à partir de janvier 2018.

Pour réparer les pots cassés, c'est un minimum de 46 M$ qui doit être réinjecté.

Tout d'abord, avant de réfléchir au mode d'allocation des ressources, il faut rappeler que le principal problème des cégeps provient des compressions des dernières années. Pour réparer les pots cassés, c'est un minimum de 46 M$ qui doit être réinjecté. En aucun cas, une transformation des règles de financement venant uniquement modifier la distribution entre les cégeps – sans rétablir un financement suffisant – ne saurait être acceptable. Il ne faudrait pas déshabiller Jacques pour habiller Pierre.

Ce manque à gagner engendre des effets négatifs sur les étudiantes et étudiants qui n'ont pas accès à une offre adéquate de services pour une éducation de qualité en plus de contribuer à la précarité croissante des personnels du réseau collégial.

Il nous semble que la consultation doit porter prioritairement sur les deux premiers objets qui constituent le cœur du problème.

Par ailleurs, le document de consultation émis par le ministère porte sur quatre thèmes, soit le financement des activités, l'accessibilité sur l'ensemble du territoire québécois, l'internationalisation et la recherche. Il nous semble que la consultation doit porter prioritairement sur les deux premiers objets qui constituent le cœur du problème. Or, rien n'est moins sûr.

En effet, alors que le document ministériel fait état de perspectives plus tranchées sur certains aspects, notamment l'internationalisation, qui « nécessite [...] un financement adéquat », il est pour le moins étonnant que l'on nous enjoigne déjà à limiter nos espoirs en prétextant un peu plus loin « [...] qu'il est raisonnable de prévoir que toutes les propositions d'amélioration qui surgiront lors des consultations ne pourront être financées à la hauteur des attentes des parties prenantes ». Ces incongruités nous amènent à nourrir certaines interrogations sur les fondements même de l'exercice auquel nous sommes conviés par la ministre.

Sachant également que le comité d'experts « [...] pourra consulter périodiquement, au cours de ses travaux, un comité conjoint Fédération des cégeps – Ministère », nous nous questionnons sur la valeur qui sera accordée aux diverses propositions soumises à leur examen. Il est crucial que les efforts consentis par le comité se fassent à l'aune d'une ouverture authentique à l'ensemble des parties prenantes.

L'exercice de révision du modèle de financement des cégeps est une nécessité. Les milliers de membres que nous représentons parmi les personnels enseignants, professionnels et de soutien, ainsi que les 200 000 étudiantes et étudiants qui bénéficient de leurs prestations quotidiennes, ont des attentes élevées. Souhaitons que le travail du comité réponde à leurs besoins, leurs aspirations ainsi qu'aux projets d'avenir d'une institution publique qui a fait ses preuves depuis maintenant un demi-siècle.

Ce texte est également cosigné par Suzanne Tousignant, présidente de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ).

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