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L'éducation publique orientée à coups de marottes

30/09/2015 07:38 EDT | Actualisé 28/09/2016 05:12 EDT

Décidément, le ministre de l'Éducation, François Blais, n'en finit plus de m'inquiéter. Sa dernière volte-face sur la fusion des commissions scolaires (voir mon billet précédent) laisse perplexe quant à la vision d'ensemble de l'éducation publique que ne semble visiblement pas avoir ce gouvernement.

L'éducation est la deuxième plus grande mission de l'État, après la santé. Il est donc très inquiétant de savoir que celui qui est supposé nous conduire à bon port semble naviguer à vue.

Couper dans la lutte au décrochage scolaire: quelle idée saugrenue!

Cette semaine encore, ce sont les initiatives régionales en persévérance scolaire qui ont écopé de coupes budgétaires. Des dizaines de millions de dollars ne seront plus consacrés à la lutte au décrochage. Ce n'est pas rien! La lutte au décrochage scolaire est un combat important, voire essentiel, mené depuis près de trente ans par les gouvernements antérieurs, les organismes du milieu et le monde syndical.

Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font

Manque de vision, volte-face, coupes budgétaires: c'est à se demander si le ministre de l'Éducation a la compétence et la compréhension nécessaires pour diriger cette très importante mission de l'État qu'est l'éducation.

Ce ministre nous promet des changements en éducation depuis des mois, mais sans consultations larges sur ce que la population souhaite de son système public d'éducation. Nous sommes condamnés à l'expectative.

Pas de vision, pas d'orientations, que des marottes

En fait, il y a bien des déclarations qui semblent revenir comme des marottes dans la bouche du ministre de l'Éducation et celle du premier ministre. Pour ce dernier, les changements en éducation se résument à centrer l'éducation publique sur l'école, le personnel enseignant et les parents. Cette idée, qui n'est accompagnée d'aucun argument, nous donne l'impression d'être devant une coquille vide. Ces arguments se font attendre depuis des mois.

Du côté de François Blais, c'est toujours le même discours qui revient : «la priorité pour nous, c'est la formation professionnelle, notamment la formation professionnelle de nos garçons, notamment la formation duale, qui va nous apporter, je crois, des taux de réussite encore meilleurs».

Cela ne constitue pas une vision d'ensemble de ce que devrait être l'éducation publique. Ici encore, les explications se font attendre depuis des mois.

La population a besoin d'une vision claire de l'éducation publique

Depuis de nombreuses années, la CSQ réclame du gouvernement la mise en place d'une véritable politique intégrée sur la persévérance et la réussite scolaire. Cette politique permettrait au gouvernement de préciser les grandes orientations et les grands objectifs pour l'éducation publique, notamment en faisant de l'éducation une priorité nationale et en garantissant à tous les élèves des chances égales de réussite.

Cette politique aurait pour avantage de favoriser l'harmonisation des actions du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ainsi que celles des autres ministères et partenaires concernés par la réussite des jeunes.

À titre d'exemple, je rappelle que les enjeux liés à la réussite et ceux liés à la lutte contre la pauvreté sont indissociables. Par conséquent, cela nécessite de considérer le phénomène du décrochage non seulement comme un problème scolaire, mais aussi comme un défi social. Une politique intégrée favoriserait une intervention en complémentarité sur différents plans et l'assurance d'une utilisation optimale des ressources.

Consultez, Monsieur le Ministre, consultez...

Je vous suggère, Monsieur le Ministre de l'Éducation, de consulter les acteurs du milieu de l'éducation. Vous trouverez chez ces personnes de nombreuses idées qui vous serviront à développer une véritable et inspirante vision pour l'éducation publique au Québec.

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