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De quoi inspirer le gouvernement Harper

23/04/2013 06:41 EDT | Actualisé 23/06/2013 05:12 EDT
CP

Le mouvement des Établissements verts Brundtland (EVB), l'une des belles réalisations de la CSQ, fête cette année son 20e anniversaire. Vingt ans à éduquer et à agir pour un avenir viable. Vingt ans à promouvoir les valeurs d'écologie, de pacifisme, de solidarité et de démocratie. Visiblement, le gouvernement Harper a bien peu de choses à offrir pour souligner cet anniversaire. C'est même tout le contraire.

Pour un monde écologique

La fermeture récente de la Biosphère en est une première illustration. Dans la foulée du budget 2012, le gouvernement fédéral annonçait, en juin dernier, la cessation des activités de la Biosphère. Les derniers employés ont reçu leur 4 % il y a quelques jours. La Biosphère était exploitée en tant que musée consacré à l'environnement et offrait des activités éducatives et de sensibilisation depuis 1995. Cette fermeture s'ajoute, entre autres, à celles de la bibliothèque scientifique et du laboratoire d'analyse des contaminants maritimes de l'Institut Maurice-Lamontagne ainsi qu'à l'abolition de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie et de la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère, tous emportés par les coupes fédérales. Or, la science, comme outil essentiel de compréhension du monde, et la protection de l'environnement sont au cœur de l'approche développée par les EVB-CSQ.

Pour un monde pacifique

Depuis 2006, année de l'arrivée au pouvoir des conservateurs, le Canada connaît une militarisation croissante. Cela s'est traduit par des dépenses gigantesques, notamment la saga des F-35, mais surtout par un changement marqué du rôle de l'armée canadienne dont la mission a basculé de «force de maintien de la paix» à «force d'intervention et de combat». Les symboles militaires envahissent l'espace public de façon de plus en plus visible comme on peut le constater avec le nouveau billet de 20 $, le jour du Souvenir, la guerre de 1812, etc.

Parallèlement, le gouvernement Harper, avec l'adoption des projets de loi C-25 et C-10 pour lutter contre la criminalité au pays, investira des sommes astronomiques dans la construction de prisons alors que seule une approche misant sur l'éducation, la réinsertion et la réhabilitation a fait ses preuves. Nous sommes bien loin de la résolution pacifique des conflits et des valeurs de respect, de non-violence et de mieux vivre ensemble que prônent les EVB-CSQ.

Le billet de Louise Chabot se poursuit après la galerie

Quelques controverses du gouvernement Harper

Pour un monde solidaire

La décision récente du gouvernement conservateur d'intégrer l'Agence canadienne du développement international (ACDI) au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international n'a pas de quoi rassurer. Déjà, depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir, les fonds de l'ACDI consacrés à l'éducation du public ont été réduits de façon considérable, l'abolition du programme Le monde en classe en étant une illustration. Le mode de financement des organisations non gouvernementales (ONG) de coopération a aussi été changé de bout en bout, ouvrant grande la porte du financement gouvernemental aux organisations à caractère religieux et même aux compagnies minières qui bénéficient des fonds de l'ACDI. Les organismes de coopération internationale, devenus muets par crainte de se faire couper les vivres, se voient contraints d'entrer dans le moule ou de disparaître. En perdant son indépendance, la mission traditionnelle d'aide internationale de l'ACDI pourrait se fondre avec la politique étrangère canadienne qui, nous l'avons vu, a pris un inquiétant virage. Le personnel des EVB aura la tâche difficile d'expliquer aux jeunes l'importance de la solidarité, de la coopération, de la lutte aux inégalités, de la beauté du don sans rien attendre en retour.

Pour un monde démocratique

Depuis que les conservateurs sont au pouvoir, la démocratie en a pris pour son rhume. Soulignons d'abord l'adoption de lois «mammouth» au Parlement et l'imposition du bâillon aux fonctionnaires, aux diplomates, aux responsables d'agences gouvernementales et aux scientifiques. S'ajoutent à cela quelques exemples parmi d'autres: l'abandon du protocole de Kyoto, le refus du gouvernement de signer la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, l'abolition des organismes de défenses des droits et les coupes aux subventions des organismes ne partageant pas ses vues (Match, Alternatives, Kairos, Conseil canadien pour la coopération internationale, etc.).

Contrôlant de plus en plus les médias et fort de sa majorité de 39,6 %, le gouvernement impose sa vision du Canada à l'ensemble de la population, mettant en danger les valeurs d'égalité, de justice sociale et de solidarité propres à la majorité des Canadiennes et des Canadiens. Là encore, si une bonne part de l'éducation des jeunes se transmet à partir des modèles qu'on leur présente, le personnel des EVB a intérêt à chercher ses exemples ailleurs !

Depuis déjà 20 ans, le mouvement EVB-CSQ cherche à promouvoir les valeurs d'écologie, de pacifisme, de solidarité et de démocratie. Dans le contexte sociopolitique actuel, la mission des EVB-CSQ est brulante d'actualité. Devant l'ampleur du travail à accomplir, la pédagogie de l'espoir, mise de l'avant par les EVB-CSQ, a plus que jamais sa raison d'être. Affirmer haut et fort la pertinence du mouvement EVB-CSQ est le plus beau cadeau que nous puissions offrir aux nouvelles générations.

Je souhaite au réseau EVB-CSQ 20 autres années aussi bien remplies que celles qui viennent de passer!

Références

Le réseau des écoles vertes Brundtland-CSQ

Les 20 ans des EVB-CSQ