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Où est donc passée l'intégrité intellectuelle?

20/04/2014 09:09 EDT | Actualisé 20/06/2014 05:12 EDT

Avant, pendant et après la campagne électorale les allégations de manque d'intégrité ont été lancées à droite et à gauche pour décrire des pratiques malhonnêtes souvent indéterminées, mais attribuées à l'ensemble de la classe politique. Il serait facile de jeter le blâme sur les médias, mais les principaux fautifs ont été les politiciens, même si les plus délinquants à ce chapitre étaient d'anciens journalistes.

Le manque d'intégrité faisait allusion, en grande partie, à l'usage de prête-noms dans le financement des partis politiques, une pratique décriée depuis plusieurs années par tout et chacun et inexistante aujourd'hui. Pour ce qui est des autres cas de malversations, soupçonnés, supposés et quelques fois inventés, il faudra attendre le résultat des enquêtes de l'UPAC pour en connaître l'existence, s'il y a lieu.

Si l'on se fie au dictionnaire, une personne intègre est une personne d'une probité absolue qui observe de façon rigoureuse certains principes moraux définis par une honnêteté scrupuleuse qui s'étend au sens moral d'une personne. L'intégrité ne se limite donc pas à des pratiques malhonnêtes; le manque d'intégrité peut également être intellectuel.

Le manque d'intégrité intellectuelle a été constant durant la campagne électorale. Certains analystes politiques ont réagi, d'autres ont ignoré pour protéger des titres accrocheurs. Celui qui prend la palme pour son manque d'intégrité intellectuelle est sans aucun doute Bernard Drainville lorsqu'il a maintenu, au moment du dévoilement du séjour de travail à l'étranger de Philippe Couillard, que ce dernier aurait dû volontairement payer des impôts au Québec. Croyait-il vraiment en la logique de cette argumentation? Tout aussi ridicules furent les reproches de Pauline Marois à l'endroit de Philippe Couillard pour n'avoir pas dénoncé le régime saoudien avec autant de vigueur que la chartre de la laïcité. C'est quoi le rapport?

Monsieur Drainville en a remis la semaine dernière en affirmant qu'il aurait modifié la chartre pour tenir compte des propositions de la Coalition avenir Québec. C'est la même personne qui, avant la campagne électorale, déclarait qu'il ne pouvait y avoir de compromis.

Un autre ex-journaliste, Pierre Duchesne, a fait preuve d'un manque d'intégrité intellectuelle flagrant lorsqu'il a soulevé le spectre d'un « vol d'élection » au moment où quelques étudiants activistes, mais anglophones il faut bien le spécifier, ont tenté de s'inscrire sur les listes électorales. L'usage du spectre de la peur lié à un référendum n'a pas été que l'apanage des autres partis.

Le débat autour de la tenue d'un référendum a été teinté d'un manque d'intégrité intellectuelle flagrant : suffit de penser au déni de la tenue d'un référendum durant le prochain mandat... pour le moment ou encore lorsque les Québécois seront prêts.

Dans dossier du référendum, le manque d'intégrité intellectuelle relève d'un cynisme éhonté, dans les autres cas, il relève d'une arrogance qui sous-estime l'intelligence des électeurs.

Le manque d'intégrité intellectuelle n'est pas un crime en soi, mais les conséquences peuvent être sérieuses comme les électeurs l'ont démontré. Plusieurs de nos politiciens devraient aujourd'hui, avoir de la difficulté avec leur conscience.

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