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Réparer l'erreur Duceppe

28/04/2016 04:34 EDT | Actualisé 29/04/2017 05:12 EDT

Plusieurs candidatures s'annoncent à la chefferie du Bloc québécois. L'acteur Denis Trudel et candidat à la dernière élection dans Longueuil-Saint-Hubert a exprimé son intérêt si la course se tenait rapidement.

Le jeune député de Pierre-Boucher-Les-Patriotes-Verchères, Xavier Barsalou-Duval, a confié être en réflexion depuis janvier. Catherine Fournier, candidate à la dernière élection dans Montarville, a fait de même en février et a récemment quitté son emploi au Parti Québécois pour commencer une consultation active sur la possibilité de se présenter.

Leur point commun? C'était des activistes du renouvellement du Bloc québécois depuis 2011 et de la campagne de Mario Beaulieu comme chef en 2014. En 2015 avait cependant lieu une sorte de coup d'État au Bloc Québécois. C'est de notoriété publique que Gilles Duceppe était un chef autoritaire qui ne tenait pas souvent des congrès, expression démocratique suprême dans ce parti. Ses détracteurs l'appelaient même à l'époque le «Staline des pauvres» ou «Il Duce».

Il aura malheureusement donné raison à ces derniers en acceptant l'offre de Mario Beaulieu de prendre sa place, noble sacrifice et calcul électoral qui n'aura pas permis de faire face à la vague libérale. Maintenant, le Bloc va s'entre-déchirer de la même manière que le NPD et les conservateurs s'apprêtent à le faire. Pendant ce temps, Trudeau aura le champ libre.

Réparer cette erreur démocratique est possible. Mario Beaulieu est le seul qui pourrait rassembler: par sa personnalité, par sa capacité de travail et de mobilisation, puis surtout par le respect des statuts et de la démocratie du Bloc Québécois. C'est aussi le mieux placé pour représenter les idées qui ont été adoptées au congrès de 2014, notamment celle de favoriser une convergence des indépendantistes en donnant plus de place aux membres de Québec Solidaire et d'Option nationale ou à des nouveaux venus qui viennent des mouvements sociaux et pas nécessairement des partis politiques.

Sans compter que l'enjeu principal sur la scène fédérale pour les prochaines années, celui en tout cas qui marquera le plus la différence entre le Québec et le Canada, risque d'être la question pétrolière. Là-dessus, à part le Parti vert du Canada, le Bloc Québécois se démarque des autres partis fédéraux en étant fermement opposé au développement de cette industrie. Ce n'est pas nécessairement le cas du Parti québécois, par exemple sur l'exploration pétrolière à Anticosti. Il serait donc important pour le Bloc québécois d'élire un chef qui restera clair sur cette question et n'aura pas peur d'exprimer la divergence d'opinions de son parti par rapport à celle du Parti québécois.

Ce ne serait pas sans défis, ce retour de Mario Beaulieu à la chefferie. Encore faudrait-il aussi qu'il accepte de revenir. Mais c'est aux bloquistes qui l'ont élu de le convaincre de reprendre sa place et de le soutenir... Et pour 2019, pourquoi pas Mario Beaulieu chef avec comme #2 Catherine Fournier, une jeune femme qui a fait ses preuves comme communicatrice, Denis Trudel comme candidat-vedette présidant la campagne permanente pour l'indépendance avec le même talent qu'il avait démontré au Mouvement Québec Français, puis Xavier Barsalou-Duval, qui a su relancer l'aile jeunesse dans une période difficile, occupant de plus grandes fonctions dans l'aile parlementaire? Avec cette équipe réunie, peut-être que ce serait possible d'un jour, au lieu de se diviser, vaincre.

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