Louis Balthazar

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Obama et son calvaire afghan

Publication: 19/03/2012 00:59

Au cours de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama revenait souvent sur son mindset, l'état d'esprit qui l'avait amené à s'opposer à l'aventure militaire en Irak. Il se disait essentiellement porté vers la solution pacifique des conflits. Selon cet esprit, la guerre ne devait être envisagée que comme un ultime recours.

On peut dire que le président est demeuré fidèle à cet esprit dans l'ensemble de sa politique étrangère. En témoigne sa récente déclaration en ce qui a trait à l'Iran:

Si l'on veut dire à mon sujet que j'entretiens une préférence profonde pour la paix à l'opposé de la guerre, qu'à chaque fois que j'envoie des jeunes hommes et jeunes femmes au champ de bataille et que je constate les conséquences pour certains d'entre eux, s'ils ont la chance d'en revenir, et que cela pèse lourdement sur moi, je n'ai aucune excuse à offrir là dessus.

Le commandant en chef

Mais la politique obamienne est une constante dialectique. À chacune de ses déclarations, il oppose invariablement un « d'autre part » ou un « cependant ». Ainsi, en contrepartie de son rejet de la guerre en Irak, il s'engageait dès le départ à poursuivre une « guerre de nécessité » en Afghanistan. Les troupes américaines s'y étaient engagées dès le lendemain des attaques du 11 septembre, selon une riposte considérée comme légitime par la plupart des observateurs. Il fallait éradiquer le régime taliban qui avait abrité le réseau Al-Qaïda et son chef Ben Laden. Tout pacifiste qu'il fût, Obama savait bien qu'un candidat à la présidence des États-Unis doit apparaître comme un futur commandant en chef, déterminé à défendre les intérêts de son pays par les armes quand il le faut. C'est dans la guerre en Afghanistan et la capture de Ben-Laden qu'il allait jouer ce rôle.

Obama a tenu promesse dans le cas du chef d'Al-Qaïda et de l'élimination de ce réseau en Afghanistan. Certes, les méthodes cavalières utilisées pour en finir avec Ben-Laden ont suscité beaucoup de questions, mais très peu aux États-Unis, même chez les commentateurs libéraux. Pour le public américain, c'est là un grand succès de la politique étrangère du président. On peut dire que cette capture est perçue comme le test majeur de sa présidence, là où il a fait paraître son courage et sa détermination, comme on aime à le souligner dans son entourage. Un grand atout pour sa réélection.

Dans le cas de l'interminable guerre contre les talibans sur le sol afghan, Obama doit cependant accuser un échec lamentable. On peine à reconnaître le mindset qui devait lui faire renoncer à la violence quand elle n'apparaît pas nécessaire. Le président doit regretter amèrement d'avoir cédé aux pressions de son entourage, notamment celles d'un général McChrystal qui allait se moquer de lui par la suite. C'était à l'automne 2009 : McChrystal proposait un « sursaut » de la guerre qui nécessitait l'envoi de troupes additionnelles pour assurer la victoire. Après mûres réflexions, Obama accepte d'envoyer 30 000 soldats de plus tout en s'engageant à amorcer un retrait dès l'été 2011. C'était, à son dire, la décision la plus pénible de sa présidence.

Gagner les cœurs et les esprits???

Selon la doctrine officielle et notamment celle d'un manuel rédigé par le général Petraus, on devait s'engager résolument dans la conquête des « cœurs et des esprits » plutôt qu'à la répression systématique de l'ennemi. Il s'agissait, selon les mots mêmes des responsables de l'intervention militaire, de construire des villages bien davantage que d'éliminer des talibans.

On pouvait déjà douter des vertus de cette stratégie en 2009. Considérant le type de formation que reçoivent les militaires américains, il y avait lieu de se demander comment ces tueurs professionnels allaient tout à coup devenir de gentils missionnaires. Comment les born to kill allaient se transformer en diplomates?

Les trois bavures récentes, dont la succession apparaît difficilement fortuite, ont consacré définitivement l'échec de la nouvelle stratégie afghane. Quelle que soit leur bonne volonté, les soldats américains et leurs alliés de l'OTAN sont toujours perçus comme des envahisseurs. Tout comme au Vietnam, tout comme en Irak, dans cette guerre la plus longue de l'histoire des États-Unis, le nationalisme local fait voir les soldats étrangers d'abord et avant tout comme des impérialistes. Les talibans, aussi méprisables soient-ils, se présentent comme des patriotes.

Même le président Karzai, qui a raison de craindre pour la survie de son régime corrompu, se doit de dénoncer les soldats américains comme des « démons » au même titre que les talibans.

C'est là sans doute pour Obama, qui avait voulu considérer cette intervention comme une guerre juste, une défaite humiliante. Même la négociation avec les talibans ne semble plus possible dans le contexte actuel. Il ne reste qu'à envisager un retrait accéléré tout en tâchant de sauver la face et d'empêcher une conflagration.

La campagne électorale du président démocrate ne devrait pas en souffrir d'une manière significative. Les républicains, toujours plus militaristes que les démocrates, pourront difficilement attribuer cette défaite à l'esprit de conciliation d'Obama. Contrairement à l'opération libyenne, considérée somme toute comme un succès, le leadership américain en Afghanistan n'a jamais été discret.

S'il est reporté au pouvoir, Obama pourra au moins se consoler en préparant une fin de règne libérée d'engagement militaire notable dans le contexte d'une doctrine qui cherche à limiter les interventions.

À condition, bien sûr, de ne pas intervenir en Iran. Ce qui est encore loin d'être assuré!

 
Au cours de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama revenait souvent sur son mindset, l'état d'esprit qui l'avait amené à s'opposer à l'aventure militaire en Irak. Il se disait essentiel...
Au cours de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama revenait souvent sur son mindset, l'état d'esprit qui l'avait amené à s'opposer à l'aventure militaire en Irak. Il se disait essentiel...
 
 
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13:03 sur 19/03/2012
Apporter notre style de démocratie à l'Afghanistan est une idée noble... mais futile.

La guerre est dans leur sang. Lorsqu'ils ne ce batte pas contre un envahisseur, ils ce battre entre eux.

- Les Britanniques n'ont pas réussi
- Les Russes n'ont pas réussi
- Les Américains (et Canadiens) n'auront pas vraiment plus de chance...
14:44 sur 19/03/2012
Réussi quoi, exactement?

Voulez-vous dire que les Britanniques avaient comme objectif d'établir la démocratie? Non. Ils étaient préoccupés à annexer l'Afghanistan à l'Inde et repousser les Russes.

Voulez vous dire que les Russes avaient comme objectif d'établir la démocratie? Non plus. Les Russes craignaient les traités signés entre l'Afghanistan et les États-Unis, ce qui leur feraient perdre de leur influence.

Voulez vous dire que les Américains avaient comme objectif d'établir la démocratie? Certainement pas. Avant le 11 septembre, cela faisait une décennie qu'il y avait la guerre civile. L'objectif premier était d'éliminer les camps d'entraînement. C'est d'ailleurs pourquoi aucun plan avait prévu le chaos qui suivit.

Donc quand vous dites que la guerre est dans 'Leur sang', je vous rappelle qu'ils ne sont pas les seuls à faire la guerre...n'est-ce pas?

A ce que je sache, 'Nous' sommes humains, nous avons peut-être le même sang.

A la différence des Afghans, peut-être, nous savons manier le langage pour mieux paraître.
16:33 sur 19/03/2012
Le bien et le mal, ce n'est qu'une question de perspective.

Certain pratique Afghan peuvent nous paraître barbare, alors que pour eux c'est normal et acceptable.

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La même chose peut-être dit des différentes armés qui on tenté d'envahir (et contrôler) l'Afghanistan. Chacun avaient c'est raison. Est-ce que ces raisons étaient bonne?

Seul dieu le sait (et le diable s'en doute).

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Une chose est certaine, en Afghanistan, les barbares (par nos standards) on toujours été gagnant.
11:23 sur 19/03/2012
J'ai beaucoup d'admiration pour Obama.

Sur le plan économique, il a dû faire ce qu'il pouvait pour tenter d'atténuer le désastre de 2008 qui ne lui était pas du tout imputable. On peut penser que la planète entière se serait retrouvée dans une dépression de la même ampleur que celle des années 1930 s'il n'avait pas fait ce qu'il a fait.

Quant à l'Afganistan, c'est un problème sans solution.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Reflexion01
Reflexion 101
08:57 sur 19/03/2012
Arrétez de grace de faire des courbettes (pour être poli) devant Obama !
Essayez-vous d'aider sa campagne ?

C'est cet Obama qui veut constuire un mur entre les USA et le Canada, le même homme qui promettait de marcher sur l'eau et le plein emploi et qui a provoqué 14 millions de chomeurs à lui tout seul avec des priorités complêtement dépassées.

Le même qui nous bloquent pendant des heures aux Frontières sans explication.

C'est Obama qui a donné l'ordre de rapatrier tous les jobs disponible du Concurent Canadien..à tout prix....ce matin ce sont les Employés des services d'entretien d'air Canada qui en font les frais .....

Faudrait avoir les yeux en face des trous faute d'enlever les lunettes roses !

Il est temps de mettre sur le tapis le contrat du F35 dans ces conditions.
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07:34 sur 19/03/2012
Il n'a pas la choix politiquement: il continue à réparer les pots cassés des administrations précédentes et doit se montre ferme sur certains dossiers sinon les poètes de la droite lui reprocheront sa molesse, avec toutes les contradictions qui leur sont propres: couper dans le budget mais s'engager dans des interventions militaires ruineuses, liberté pour moi mais pas pour les autres, etc.
Quand la Russie a quitté Kaboul, les femmes étudiaient en médecine et en génie. Sous les américains, elles seront voilées et cloîtrées. Belle réussite.
11:16 sur 19/03/2012
"Quand la Russie a quitté Kaboul, les femmes étudiaient en médecine et en génie. Sous les américains, elles seront voilées et cloîtrées."

D'abord, les femmes étudiaient la médecine et en génie bien avant les Russes. La Russie a nié la religion musulmane et introduit l'alphabet russe. Il y a eu beaucoup plus d'assassinats et de bombardements contre les innocents sous l'artillerie russe. Sous les 'américains', les femmes sont élues au parlement, les femmes participent via les médias et le divertissement à un autre regard. Bien que les américains ont échoué à plusieurs niveaux - je ne suis pas complaisant à leurs égards. Mais je suis inquiet quand je lis à propos du romantisme russe.

Pour les restrictions d'Obama à cause des pots cassés des administrations précédentes, je suis d'accord. Mais là encore, on doit doser et mettre les choses en perspective. C'est sous l'administration Clinton que les États-Unis ont commencé les négociations avec les taliban via des entreprises de gaz naturels. C'est sous Clinton que les américains ont fermé les yeux à la guerre civile et financés Hekmatyar (plutôt que Massoud - bien que ce n'était pas un enfant de coeur).
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07:21 sur 19/03/2012
M. Obama, un prix Nobel de la paix, a cédé aux pressions des lobbys militaires. Mais je n'arrive pas à lui en vouloir, car l'alternative républicaine est si peu alléchante, et n'aurait certainement pas fait mieux.

Je ne sais pas comment Obama va se sortir du guépier afghan. Il va falloir du doigté.