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Voyageuse LGBTQ, j’ai eu mon lot d’obstacles à surmonter

Dans les pays où l’homosexualité n’est pas encore acceptée, j’ai découvert toutes sortes d’autres difficultés.

02/01/2018 09:00 EST | Actualisé 02/01/2018 12:14 EST

Le voyage ouvre le champ des possibles, mais, avec l'expérience, on découvre de nouvelles destinations, cultures et personnes dont l'esprit n'est pas aussi ouvert qu'on l'imaginait. Une grande partie de la planète a beau s'être modernisée, voyager peut apporter son lot d'obstacles, aux voyageurs LGBTQI notamment. À l'intention de ceux.celles qui se rendent dans des lieux où l'homosexualité n'est pas encore acceptée, j'ai découvert toutes sortes de difficultés dont les hétérosexuel.le.s n'ont pas nécessairement conscience.

Quand on envisage un grand départ, il est essentiel de se préparer. Sachez où vous mettez les pieds et où vos pas vous mèneront. S'il n'est pas indispensable de minuter chaque étape de son itinéraire, il vaut mieux avoir une idée des objectifs de l'aventure dans laquelle on s'embarque: est-ce pour apprendre une nouvelle langue, goûter une nouvelle cuisine, découvrir une culture?

Au cours de mes nombreuses années de route comme nomade, voyageuse et conductrice d'autocar, j'ai compilé quelques conseils à l'intention de la communauté LGBTQI.

Pester contre ces cultures en raison de leur absence de diversité et de leurs valeurs archaïques est légitime, mais faites-le au bon endroit et au bon moment.
Pester contre ces cultures en raison de leur absence de diversité et de leurs valeurs archaïques est légitime, mais faites-le au bon endroit et au bon moment.

Préparez-vous

Dès que vous penserez à votre prochain voyage, vous gagnerez à vous informer sur votre destination, la nourriture que vous goûterez, les gens que vous rencontrerez, etc. Si la barrière de la langue peut compliquer les choses, la principale difficulté est parfois la manière d'agir avec les autres. Si, étant gai, vous ne savez pas que vous vous rendez dans un pays hostile aux LGBTQI, vous risquez de ne pas comprendre la nécessité de se fondre dans le paysage. Sans renier vos croyances et valeurs, il est important d'être conscient des lois du pays et d'éviter de gâcher vos vacances sur un malentendu culturel.

Les voyageurs doivent en permanence respecter les usages en veillant à leur comportement et en s'habillant correctement afin d'éviter de créer des incidents, notamment dans les pays hostiles aux LGBTQI. Par exemple: j'ai un T-shirt arc-en-ciel avec un slogan qui témoigne de mon engagement pour le mariage gai en Australie. Je le porte ouvertement et avec fierté aussi souvent que possible, mais je ne l'enfilerai jamais dans un lieu hostile à la culture LGBTQI. Un geste aussi anodin pourrait créer un incident inutile avec des gens qui ne partagent pas mes valeurs en raison de différences culturelles profondes. Pester contre ces cultures en raison de leur absence de diversité et de leurs valeurs archaïques est légitime, mais faites-le au bon endroit et au bon moment.

Les manifestations et fêtes gaies en Europe ont généralement lieu en juillet et août.

N'oubliez pas non plus de repérer les «hautes saisons» des endroits que vous allez visiter. Les manifestations et fêtes gaies en Europe ont généralement lieu en juillet et août. Prévoir son voyage autour de ce genre d'événements est une chouette manière de découvrir une ville et de rencontrer les gens qui font la fête dans les rues.

Faites ami-ami

Rejoindre un voyagiste peut être une bonne idée pour les voyageurs débutants ou expérimentés. Vous serez non seulement en compagnie de gens dans le même état d'esprit, intéressés par les mêmes choses, mais vous disposerez aussi d'un guide et d'un chauffeur (comme moi!) en mesure de vous donner des tuyaux et des astuces et de veiller sur vous. J'ai vécu mes meilleurs moments de voyage en flânant, en me posant dans un bar, un café, un restaurant ou en auberge de jeunesse, en bavardant avec les uns et les autres de nos vies et nos cultures.

J'ai constaté que chez ceux.celles qui n'aiment pas trop voyager seul.e, le groupe peut calmer cette angoisse et rendre le voyage plus agréable. Un de mes meilleurs week-ends a été la Gay Pride d'Amsterdam. Je venais d'arriver en Europe, toute seule. Mais m'étant informée, j'avais choisi ce festival comme première étape. Je suis allée au plus vieux bar lesbien de la ville, où j'ai commencé à bavarder avec la serveuse du bar, avant de découvrir que c'était la patronne. À la fin de la soirée, j'avais toute une bande de nouvelles copines, des invitations pour plein de soirées, un plan pour le week-end et du bonheur à revendre.

J'ai créé une grande famille et tissé des liens pour toujours.

Pour les plus courageux.ses: faites de vos vacances un métier

À 24 ans, j'ai compris que je n'étais pas obligée de vivre comme on l'attendait de moi: aller à l'université, trouver un boulot, m'installer, etc. J'ai décidé de me jeter à l'eau et me suis inscrite à ma première aventure, les 17 jours de l'European Pathway de Topdeck. Ça a changé ma vie. Grâce au voyage, j'ai pu échapper aux conventions et à la routine qui me pesaient tant à la maison. À mon retour, j'ai refait mes valises pour repartir vers l'inconnu et l'aventure, sans prévoir de «destination finale».

Si vous envisagez d'adopter ce mode de vie différent et de vivre à plein temps du voyage, soyez prêt.e à renoncer à un domicile fixe, et à devoir vous épanouir sans jamais éprouver le besoin de vous installer.

En faisant du voyage en groupe mon métier, j'ai créé une grande famille et tissé des liens éternels. C'est le parfait tremplin pour ceux.celles qui veulent se jeter à l'eau et quitter leur routine. Pour ce qui est de ma prochaine mission, je voudrais soutenir les initiatives en vue d'élargir la base démographique LGBTQI afin de permettre à davantage de jeunes voyageurs.euses gais de s'aventurer à l'étranger en toute sérénité.

Ce blogue, publié à l'origine sur le HuffPost Canada, a été traduit par Julie Flanère pour Fast For Word.