Lise Ravary

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Pourquoi je suis pour la hausse et contre la gratuité

Publication: 22/03/2012 06:22

Chers étudiants en boycott, (et pas en grève), je vous aime. Mais nous ne sommes pas d'accord sur la hausse des frais de scolarité à l'université. Et sur la gratuité. Parce qu'à certains moments, je ne sais plus trop ce que vous revendiquez.

Voici pourquoi.

1) Fondamental: Ce qui ne coûte rien, en général ne vaut pas grand-chose. À part le soleil, la mer, les papillons, etc. C'est vrai jusque dans l'inconscient. Par exemple, une thérapie faite sans avoir à payer pour est rarement aussi efficace qu'une thérapie pour laquelle on a contribué de l'argent sonnant. Tous les psys vous le diront.

Payer, c'est poser un acte. C'est une prise en charge. Une implication. Si on est prêt à se départir d'une ressource rare, notre argent, pour obtenir quelque chose qui nous semble important, il y a de fortes chances qu'on y tienne plus que si on n'a pas consenti un investissement personnel. Un étudiant qui doit payer ses études et doit pour le faire, se priver de quelque chose, de son temps ou de son argent, sera un étudiant plus appliqué. Autrefois, on appelait cela « faire des sacrifices. » Et c'était pour notre bien.

Je connais un vieux monsieur, un docteur en éducation, un grand pédagogue canadien dont certains édifices académiques à travers le pays portent le nom tant il est renommé. Il n'a pas payé les études supérieures de ses enfants, même s'il en avait amplement les moyens. Par des emprunts, du travail pendant les vacances, des bourses, ses trois enfants sont allés à Harvard et tous possèdent maintenant des doctorats. C'est lui qui m'a expliqué un jour ce principe.

2) Je crois de moins en moins en la valeur réelle de la participation étatique dans la vie citoyenne. Du moins, je m'en méfie et pas par idéologie, car je n'en défends aucune. Parce que le retour sur investissement pour la population est trop souvent absent de l'équation, quand "c'est le gouvernement qui paye". Le gouvernement ne paie rien. Les contribuables paient tout. Par exemple, les citoyens sont sous l'impression que les soins de santé sont gratuits ici. Qui plus est, les fonctionnaires qui « gèrent » le système n'y investissent pas leurs propres deniers non plus. La notion de coût réel disparaît en même temps qu'une partie de la réalité des choses. Et on se retrouve avec ce que l'on a. Du mou.

Je pense que le 200$ universel pour la santé a été instauré dans cet esprit. Mais c'est injustement géré. Un autre dossier.

Permettez-moi une généralisation pour illustrer mon propos: si le gouvernement pouvait régler tous les problèmes et nous rendre plus heureux, il n'y aurait pas de trous dans les rues et pas d'attente dans les urgences. Et pourtant...

3) Le Québec est en très mauvaise posture financière. C'est incontournable. Mathématique. Réel. Vrai. Nous sommes devenus une province pauvre. Le professeur Lauzon répète que c'est faux parce que nous avons de nombreux actifs. Oui, nous sommes riches en ressources, mais quand vient le temps de les exploiter, là aussi on râle. Voir le Plan Nord. Et on ne peut pas payer l'épicerie avec une boulette de fer. Et on ne va pas vendre le Palais de justice pour régler l'épicerie de l'État. Les ressources, c'est du long terme. C'est pas du cash.

Le service de la dette du Québec, les intérêts, coûte 10 milliards par année. Ça, c'est du cash. Avec un tel montant dans nos poches, ont pourrait se payer des Harvard à tous les coins de rue. Tout est une question de choix. Au Québec, c'est la santé qui prime avant tout. Près de la moitié du budget des Québécois y est alloué. L'éducation en général passe loin en arrière. Nous vivons dans un monde de baby-boomers, dont je suis, qui ont plus peur de la mort que de l'analphabétisme (et de l'endettement) de leurs petits-enfants.

Nous sommes condamnés à créer de la richesse. Le miracle socialiste n'aura pas lieu. On l'a essayé, ça n'a pas marché. Demandez-le au PQ. Nous ne sommes pas des Scandinaves, nous ne fonctionnons pas avec l'éthique protestante et nous n'avons pas la discipline de ces peuples et de ces pays très régimentés. On n'est pas moins bon, on n'est pas pareil. La majorité des Québécois ne veulent, ni ne peuvent payer 50, 60 pour cent d'impôts. C'est géographique, notre voisin s'appelle USA, et c'est culturel. Et même le miracle socialiste a besoin d'argent. La mondialisation non plus ne disparaîtra pas. C'est triste que certains leaders étudiants vous mentent. La « charte » de l'ASSÉ (sur son site) me fait frémir.

Oui, l'époque est très dure sur l'humain. We have to deal with it.

4) Taxer davantage les riches n'amène pas le miracle économique que la gauche attend. Aux États-Unis, où les millionnaires et milliardaires sont très nombreux, la « taxe » Buffett - c'est à dire l'idée d'appliquer le même taux d'imposition aux investisseurs qu'aux travailleurs, n'apporterait que 5 milliards de plus au Trésor américain. Ce qui n'est rien. À l'échelle du Québec, où les grandes richesses sont rares, ce serait moins que rien. Et en prime, on les méprise ici les grandes fortunes même si elles font rouler une bonne partie de notre économie.

En revanche, les risques de perdre des entreprises, des emplois et de la richesse tangible sont grands si on taxe à outrance, comme les Britanniques l'ont appris à l'ère des gouvernements travaillistes dans les années 70. (Oui, Aveos, mais il y aura toujours des salauds. La plupart des entrepreneurs (es) sont réellement d'honnêtes gens.) J'habitais Londres en 75-76. Il y a eu exode massif des Britanniques fortunés. Même les Rolling Stones sont allés vivre en France. Rappelons aussi que U2 ont des adresses fiscales dans des pays autres que l'Irlande, pour payer moins d'impôts. Même Saint-Bono. Perte nette pour le Trésor irlandais. Est-ce la meilleure stratégie?

Au Québec, un salarié, soit quelqu'un qui reçoit un T4, qui gagne un gros salaire, remet environ 57% de son chèque de paie aux gouvernements. Sans compter toutes les autres taxes, municipales, essence, TVQ, alcools, etc. Ça peut atteindre 80% du salaire qui va à l'État. Les hauts salariés, disons en haut de 100,000$ par an - ce qui n'est pas si haut que ça - paient une très grande part des impôts au Québec, sans rechigner, contrairement aux Américains riches. Nos privilégiés salariés paient leur juste part. Taxer plus découragerait l'entreprise, le travail, l'investissement, l'emploi. Nous serions tous appauvris.

L'évasion fiscale? Elle existera toujours et les gouvernements doivent la combattre. Il faut se rappeler que lorsqu'on paie son garagiste, son plombier, son entrepreneur en cash, au noir, nous commettons aussi un crime d'évasion fiscale.

5) L'exemple de pays occidentaux où l'université est gratuite ne me rassure guère. En Écosse où l'université est gratuite pour les Écossais, il y a rationnement des places. À Saint Andrews, le McGill écossais, on n'accepte que 30% d'étudiants écossais. Les autres sont des étrangers (ce qui inclut des Anglais) parce qu'on n'a pas les moyens d'accepter plus d'Écossais. En France, où les frais de scolarité sont très bas, des locaux tombent en ruine, on gèle dans les corridors l'hiver, des bibliothèques sont dénuées d'ouvrages récents, les meilleurs professeurs ne sont plus au rendez-vous, des milliers d'étudiants s'entassent dans un même théâtre, etc. Le système est malade, disent les professeurs français. À part les écoles d'élite, les grandes écoles comme les HEC français ou l'ENA qui coûtent très cher (environ 50,000$ pour un MBA) et qui elles se portent à merveille.

Les universités « classiques » françaises acceptent aussi à peu près tout le monde. Même en médecine. Souvent pour mieux s'en débarrasser au 2e trimestre. Les français appellent ça « faire de l'évaporation ». La sélection par l'échec. Malgré l'absence à peu près totale d'obstacles à l'université, la vaste majorité des étudiants français sont encore issus de familles à l'aise ou sont des enfants de professeurs d'université. Pourtant, c'est vraiment une aubaine et pas de cote R. Or, la question de l'accès pour tous n'a pas été résolue. Et si ce n'était pas une question d'argent?

6) Il se pratique à l'université la discrimination la plus cruelle de toutes: la discrimination intellectuelle. Tout le monde n'a pas les capacités d'y étudier, ni la nécessité. Une des raisons de notre retard économique est notre manque de techniciens de pointe dans de nombreux domaines. Il faut revaloriser les métiers, les techniques. La campagne actuelle des étudiants envoie le message qu'il n'y pas de salut possible hors des études universitaires. C'est faux. Archi-faux.

Et on aura toujours besoin de chauffeurs d'autobus, surtout à l'ère des transports collectifs. Et les chauffeurs ne sont pas nécessairement incultes. Des universitaires ignorants, c'est assez facile à trouver.
Il faut aussi sortir les cours bidons des universités. Jusqu'récemment, il était possible d'étudier l'astrologie dans une université québécoise, à l'éducation aux adultes. Que penser de cours de gestion des terrains de golf? Ou des programmes de relations publiques?

Nos universités ne vont pas bien. C'est clair. Concordia et ses dirigeants, l'UQAM et l'îlot Voyageur, les cours bidons. Il faut recentrer l'éducation universitaire. J'ai fréquenté Concordia dans les années 80. J'étais sidérée du peu d'exigences académiques imposées au niveau du B.A. On nous en demandait beaucoup plus au collège classique... Ben oui, c'était comme ça, dans l'temps. On lisait Racine en 8e année. Pas des BD. Les temps ont changé, mais est-ce pour le mieux? Je me fous bien de Racine que je trouvais platte à mourir, ce que je veux illustrer c'est l'exigence de l'effort est déficiente, même à l'université. Nous sommes tous perdants de cela. Retrouvons le sens des études «supérieures». Bâtissons des universités de haut niveau dont tout le Québec, le Canada sera fier.

L'université, si elle veut garder sa pertinence, doit demeurer une institution d'élite. Pas pour les élites. D'élite. L'élite de l'esprit et l'élite de l'effort. Arrêtons de construite des campus partout et offrir des cours bidons pour pouvoir les payer. Arrêtons aussi de subordonner la recherche universitaire aux entreprises de tout acabit. Un éminent professeur de dermatologie a un jour songé à me poursuivre parce que j'avais révélé qu'il était payé par une firme de cosmétiques pour être leur faire-valoir médiatique. Ça devrait être interdit. Ouvrons aussi les esprits de tous les étudiants.

Au départ, l'université, au premier cycle, devrait civiliser avant de spécialiser. Je ne compte plus le nombre de finissants au bac en journalisme qui sont venus me voir au fil des ans pour du travail et qui ne savaient pas placer la Chine sur une mappemonde ou que Toronto était la capitale de l'Ontario. Et bien pire encore. Je serai charitable sur les niveaux d'écriture et de langage. Par contre, Ignatio Ramonet, journaliste et intellectuel de gauche espagnol, ex-rédac chef du Monde diplomatique, on connaissait par coeur. Je ne l'invente pas. Une étudiante m'a déjà dit qu'elle espérait faire son stage dans une salle de presse cubaine, une idée de son prof. Misère.

Les problèmes des universités québécoises sont nombreux. C'est la même chose partout dans le monde occidental. La hausse n'est pas LA solution, mais un début de solution. Rien n'est gelé indéfiniment, sauf l'Antarctique. Quand on n'avance pas, on recule.

On doit tous se poser la question À quoi servent les universités québécoises?» À former des cadres? Ce n'est pas l'université sans frais, ouverte à tous et pour tout qui va apporter la meilleure réponse. L'éducation est un droit, l'université n'est pas un droit. C'est un privilège réservé à l'élite intellectuelle et aux bûcheux qui réussissent coûte que coûte, l'élite de l'effort. Arrêtons de la traiter comme un fourre-tout. Rendons-lui sa noblesse, son indépendance. Et acceptons que cela ait un coût.

Autrement, l'université sombrera dans l'insignifiance. S'il n'est pas trop tard.

Et voici mon petit côté baveux: la bouffe est une nécessité, plus qu'un droit, mais c'est pas gratuit chez Provigo.

Enfin, j'ai peur pour la manif de jeudi. Je vois dans la colère montante des jeunes des êtres à qui les parents n'ont jamais dit non. Le leg de ma génération, un leg de mai 68.

Méa culpa.

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Chers étudiants en boycott, (et pas en grève), je vous aime. Mais nous ne sommes pas d'accord sur la hausse des frais de scolarité à l'université. Et sur la gratuité. Parce qu'à certains moment...
 
 
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23:41 sur 07/05/2012
Precisions sur les universites francaises: selon le Bilan Pecresse en 2008, 30% des locaux sont vetustes. Cinq milliards d euros sont requis pour mise a niveau. Le Monde rapportait la meme annee que 'l universite francaise est malade'. Dans les classements internationaux, elles arrivent en queue de peloton. Enfin un MBA aux HEC francais coute 42 000 euros. Recherche de base sur Internet confirme tout ceci et plus. Tout ce que j ecris est rigoureusement verifie.
16:27 sur 07/05/2012
Un message précédant disait ceci, j'appuie sans réserve!

"S'il vous plaît, avant de prendre au mot Mme Ravary, allez lire ceci: http://simoncrepeault.blogspot.ca/2012/02/comprehensible-la-greve-etudiante.html

Contrairement à ce que vous trouvez un peu plus haut, Simon Crépeault, auteur du texte que je vous prie de lire, argumente en se basant sur des informations et des sources VÉRIFIABLES. Aussi, en regardant rapidement les commentaires, je me suis rendu compte que Mme Ravary ne prend même pas le temps de répondre à qui que ce soit ou à quelconque contre-argumentation. Vous ne trouverez aucun débat ici.
Si vous voulez un vrai débat, Simon Crépault vous répondra, que vous soyez pour ou contre la hausse. Comme il dit:"Mon idéologie, c'est la vérité, pas une construction de cette dernière."

Mon petit côté baveux: arrêtez de perdre votre temps avec une boomer qui n'a plus aucun espoir et qui veut voir la jeune génération payer ce qu'elle n'a pas payé elle-même. "
22:36 sur 07/05/2012
M Crepeault coupe les coins ronds dans certains de ces arguments. Exemple L Angleterre Oui , il y a baisse de 8,7 % des inscriptions mais ce qu il ne dit pas, c est qu on est passe de la gratuite a 20 000$, 30 000$ meme 40 000$ selon les programmes en 10 ans. Loin de notre situation.

Tous les faits dans mon texte sont facilement verifiables.
22:19 sur 08/05/2012
Non mais vous blaguez!

L'exemple de l'Angleterre n'est pas un argument, c'est un exemple!

Vous accrochez sur l'exemple de l'Angleterre, auquel j'ai spécifié qu'il "TEND à démontrer" mon propos, que vous pouvez qualifier d'argumentaire, mais que vous occultez entièrement!!

Je ne sais pas qui coupe les coins ronds ici! Ou alors justifiez-vous cette démarche fallacieuse par votre âge et votre carrière? (Je reprends ici vos propres termes http://huff.to/JkiGTG )

Voici dans quel contexte s'insère l'ex. de Mme Ravary (toutes les sources sont FACILEMENT ACCESSIBLES ici http://bit.ly/znre8T

Notez d'ailleurs l'aspect secondaire que je donne à l'exemple de l'Angleterre, précédé justement du terme "d'ailleurs". J'utilise le terme "d'ailleurs" pour indiquer au lecteur que ce qui suit a MOINS d'importance; que l'exemple illustre plutôt mes propos tenus, ce n'est donc pas mon argumentaire! L'âge et la carrière ne permettent pas de passer outre la rigueur intellectuelle!

Voyez dans le message suivant (1/2)
22:24 sur 08/05/2012
Suite (2/2)

"Un bulletin statistique du Ministère de l'Éducation révélait que, si l'on tient compte de l'ensemble de l'enseignement postsecondaire plutôt qu'uniquement l'enseignement universitaire, le taux scolarisation des 17-34 ans (contrairement au tableau de l'Institut économique de Montréal (à la page 1 de l'annexe) qui ne fait état que de la fréquentation des 20-21 ans, et uniquement pour l'enseignement universitaire) est de 20,3% au Québec, contrairement à 16,9% au Canada (incluant le Québec) et de 11,2% pour la moyenne des pays de l'OCDE. [...]

Devrait-on établir une corrélation entre le bas prix de l'éducation et le haut taux de fréquentation ? [...]

D'ailleurs, l'exemple de l'Angleterre tend à démontrer que la hausse des frais de scolarité a eu un impact significatif sur les admissions (baisse d'inscription de 8,7%).

Le gouvernement lui-même, après avoir mis sur pied un comité consultatif, constatait que "les obstacles financiers sont bien réels et que les hausses des droits de scolarité peuvent avoir un effet négatif sur la participation aux études universitaires, en particulier chez les jeunes des milieux à faibles ou à modestes revenus et chez ceux des familles dont le revenu avoisine le revenu médian et qui ne bénéficient pas de l’aide financière aux études" (p. 19)."

Alors pour couper les coins ronds, on repasse!
22:55 sur 02/05/2012
En tant que française, je me dois de réagir. L'ENA n'est pas payante. Au contraire. Les étudiants (comme ceux de l'ENS et de polytechnique) sont payés pour y étudier. Car on les considère comme appartenant déjà au corps de la fonction publique.
Toutes les universités ne tombent pas en ruine. On se chauffe l'hiver, merci bien. On a même des livres dans nos bibliothèques.
Ce que vous appelez une sélection par l'échec en médecine (quel mauvais exemple), est ce qu'on appelle un concours. La première année n'a pas pour objet l'étude de la science médecale, C'est une année de "prépa", des cours intensifs pour préparer au mieux les élèves au concours qui clôt effectivement la fin des deux premières sessions.
Que l'on soit pour la hausse des frais de scolarité est une opinion que je conçois et que je respecte. Mais livrer de fausses informations à vos lecteurs est inacceptable.
17:54 sur 03/05/2012
Les HEC ne sont pas gratuits et c'est eux que je visais avec le commentaire. Pour la première année de médecine, ce sont des profs français qui m'ont parlé de l'évaporation. Et des corridors d'universités en piètre état, j'en ai vus de mes yeux vus, côté Sorbonne.
22:34 sur 29/04/2012
Je décèle dans vos propos un certain mépris des jeunes (dans mon temps, c'était comme ça, sous-entendu, beaucoup mieux qu'aujourd'hui) qui me lève un peu le coeur. Les gens d'une certaine génération reproche aux jeunes tantôt d'être mous et sans convictions, tantôt que leurs convictions ne valent rien.
En mai 68, vous aviez leur âge, leur fougue, et ceux qui ont votre âge les regardaient probablement d'aussi haut que vous le faites aujourd'hui.
La Terre n'a pas cessé de tourner après le passage de votre génération. Vos combats n'ont pas été le "be all and end all" des changements sociaux initiés par une jeunesse pleine d'espoir.
23:08 sur 07/05/2012
A chaque epoque ses batailles. Les notres: guerre du Vietnam, le francais, l avortement. Pas 325$ par annee.... Ca ressemble plus a une bataille pour la protection des acquis. La gratuite, direz-vous ? Personne n a manifeste pour cela avant qu on parle de degel.
14:23 sur 29/04/2012
Ce qui m'amène au point central, à mon avis, de l'actuelle lutte étudiante. Depuis 30 ans, la tendance généralisée, dans presque tous les pays industrialisés, est à l'accroissement des inégalités. La croissance de la richesse tend à être accaparée par une petite clique d'oligarques, clique dont le profit augmente au même rythme que l'endettement des ménages et des États. Ces corporations sont tellement puissantes qu'elles font plier des gouvernements entiers. "We have to deal with it" dit l'auteur. Mais jusqu'où irons-nous? Jusqu'où plierons nous devant cette logique économique? Nous sommes confrontés à un immense problème civilisationnel, dont la hausse n'est qu'un symptôme. Beaucoup d'étudiants comprennent cet enjeu et disent : non! ça suffit! on s'enfonce tête baissée vers le suicide collectif. "La grève est étudiante, la lutte est populaire" a-t-on dit.
Que demandent les étudiants dans la présente grève? Un gel et des États généraux où tous les acteurs du milieu universitaire se réuniraient pour discuter du financement des universités. Bref, une proposition tout-à-fait légitime et censée dans les circonstances. On rétorquera que les libéraux ont déjà organisé une telle discussion, comme le clamait sir John James Charest. Mais c'est un vrai dialogue qui est requis, un dialogue où les "dés ne sont pas pipés", un dialogue où l'on met toutes les idées sur la table, de gauche comme de droite.
14:22 sur 29/04/2012
Ce texte soulève plusieurs enjeux de fond liés à la hausse. Mais il ne va pas au bout des implications de certains arguments. Vouloir l'indépendance de l'université et revaloriser le haut savoir qu'elle transmet est incompatible avec la hausse du gouvernement. Pourquoi? Parce que cette hausse s'instaure dans une logique économique dite néolibérale : elle vise à arrimer le savoir aux besoins du marché.
Cette conception néolibérale s'exprime clairement dans la vision de l'éducation de nos dirigeants. Guy Breton, recteur de l'UdeM, disait explicitement que "les cerveaux doivent correspondre aux besoins du marché". Et Charest et Beauchamp répètent ad nauseam que l'éducation est un produit consommé par les étudiants (d'où la notion de boycott), en plus d'être un investissement rentable. Bref, les universités se transforment en usine à cerveaux adaptés aux besoins du marché, et la hausse participe de cette tendance généralisée. C'est encore la recherche fondamentale qui accuse le coup.
Pour pallier ce problème, certains proposent d'introduire le remboursement proportionnel au revenu (RPR). Endettez-vous d'abord, puis remboursez vos prêts quand vous en aurez les moyens. À première vue, cette offre est intéressante : elle permet au sociologue, à l'historien, au physicien et au biologiste d'éviter le huissier au sortir de l'université. Mais un des problèmes majeurs de cette approche est qu'elle favorise encore l'endettement (qui est déjà à un niveau record) au seul profit des banques.
23:10 sur 07/05/2012
La CLASSE veut que les universites investissent moins dans la recherche.
01:05 sur 09/05/2012
Encore une fois, vous désinformez en occultant l'essentiel!

La CLASSE veut effectivement que les universités investissent moins dans la recherche... (et ici c'est l'information que vous ne dévoilez pas!) recherche qui vise des champs spécifiques qui profiteront principalement au privé: des universités au service de l'entreprise privée!

C'est ça que la classe ne veut pas et non simplement investir moins dans la recherche comme vous l'affirmez!

Pourquoi ometez-vous ces informations capitales? Ne le saviez-vous simplement pas, ce qui serait tout à fait pardonnable? Ou alors est-ce réellement de la mauvaise foi? Avez-vous des convictions? Faites-vous de l'aveuglement volontaire? Est-ce qu'on vous paie cher pour désinformer ainsi?

J'aimerais bien avoir une réponse claire, car l'on pourrait croire à la mythomanie si vous le faites par conviction!
14:22 sur 29/04/2012
jjjj
01:59 sur 29/04/2012
Il va falloir arrêter de croire que le "haut niveau" est réalisé par les gens qui ont du cash. Parce que les idées, elles se construisent dans la tête de ceux qui n'ont pas l'argent pour se payer la technologie, dans la tête de ceux qui veulent se sortir de leur situation.
Et en passant, des sacrifices j'en fais tous les jours et je suis prête à en faire encore, mais je n'ai pas envie que mes enfants se trouvent dans la même merde que moi.
Quand on instruit bénévolement et qu'on voit le visage d'un enfant qui s'illumine parce qu'il voit le bout du tunnel, ça n'a juste pas de prix. Et transmettre le peu de connaissances que j'ai et bien, je le ferai encore et toujours parce que le sourire d'un enfant, ca n'a pas de prix non plus.
Et si toi tu arrives à te regarder dans la glace en disant à ton fils ou ta fille que l'université n'est pas une option pour une cause pécuniaire, et ben fais moi signe, parce que j'ai à apprendre de toi... tout en espérant que cet apprentissage, tu ne me le fasses pas payer trop cher...
01:59 sur 29/04/2012
Aujourd'hui, je suis seule et mes études, si les frais augmentent, bah je peux leur dire adieu. Je n'ai pas accès aux bouses, Et pourtant j'ai 93% de moyenne. Je me donne à fond. J'ai quitté mon pays et j'ai décidé d'essayer ailleurs parce que je pensais que le Québec me permettrait de réaliser mes rêves. Et je sais que je peux y arriver dans un temps record, mais l'argent me manque. Je devrai donc être pénalisée parce que je n'ai pas travaillé 45h en parallèle de mes études ? Parce que je ne me suis pas endettée sur les prochains 10 ans ? Parce que l'état a décidé que les études devaient être réservées à une élite financière ?
Je travaille, je paye mon loyer et mes impôts, mes factures et tous mes frais afférents. Et c'est dur, un peu plus chaque jour, mais j'y crois parce que je pense que ceux qui ont été élus sont là pour m'épauler et faire qu'un jour, je sois une citoyenne qui rapportera encore plus d'argent par mes compétences à la Nation. Et je serai fière de contribuer à la consommation et aux impôts, parce que ce qui m'a été donné, j'essayerai de le rendre au centuple. Et de faire que mes enfants suivent cet exemple.Mais je ne veux pas me dire qu'un jour, je devrais regarder mon enfant dans les yeux et lui dire qu'il ne pourra pas étudier ce qui lui plait parce que ce sera trop cher, inaccessible.
01:58 sur 29/04/2012
La France n'est peut-être pas un des exemples à suivre sur bien des domaines, mais je suis fière de l'éducation française. L'éducation est de qualité et si l'on essaye et qu'on donne le meilleur de soi-même, on atteint des sommets.
01:58 sur 29/04/2012
C'est une compétition intellectuelle qui se joue, là et c'est super motivant, parce que l'on a le choix des armes. J'apprends et je gagne, plutôt que je gagne et j'apprends. L'éducation n'est pas un luxe, mais un droit. Et l'argent n'a rien à faire là dedans. Une démocratie fière, c'est une démocratie qui offre à ses enfants une éducation quelques soient leurs moyens. Parce que c'est pas parce que tes parents gagnent 100K par an que tu seras plus intelligent.
J'ai été bénévole dans des associations d'enfants dont les parents ne parlaient pas français et ce qui les faisaient tenir c'est de savoir qu'il pourrait choisir l'avenir qu'il voulaient. Montrer à leur parents qu'ils avaient fait le bon choix en les emmenant dans un pays qui pouvaient les éduquer jusqu'au bout de leurs compétences. Ca s'appelle l'espoir d'une vie meilleure, est ce que ca resonne en cous ?Faire payer 20K l'année des étudiants, c'est limiter l'avenir du pays entier. Alors peut-être qu'on économisera les 10 prochaines années sur les frais de scolarité, mais quelle perte en matière de connaissance et de découverte. Einstein était d'une famille pauvre et pourtant on le reconnait comme un des génies de notre siècle. Et toutes ces femmes qui n'auraient pas eu accès à l'éducation si elle n'avait pas été à moindre coût.
Il faut arrêter de regarder juste le bout de notre nez et penser un peu au "après".
01:57 sur 29/04/2012
J'ai des parents aisés mais moi, je ne le suis pas et je ne le serai surement jamais. Mais parce que mes parents gagnent tant, je n'ai pas le droit à une bourse, malgré les 6000 km qui nous séparent. J'ai choisi un métier à double tranchant. Est ce que mes enfants doivent en payer le prix ? Je ne pense pas.
Tu parles de la France. Y-a-tu été ? Je suis française et j'ai pu faire des études dans la meilleure université de droit de France et pas à cause de mon argent, parce que cette université était accessible à tout le monde. Et même si aujourd'hui, je ne suis pas diplômée, au moins on m'a permis d'essayer. Alors c'est sur on n'a pas le meilleur confort, mais on apprend pareil. Les professeurs et les étudiants sont motivés et passionnés. Et c'est cette passion qui fait la qualité d'une matière, pas l'argent qu'on injecte. Et en passant, on a des bibliothèques, peut-être surpeuplées mais à jour et l'internet aide à ces connaissances. Alors évitons de parler de quelque chose dont on a même pas idée, please...
00:01 sur 29/04/2012
Décourageant de voir à quel point vous qui vous pensez au-dessus de tout, vous vous faites manipuler par un p'tit post-ado de 20 ans qui ne s'est jamais fait dire non par ses parents, probablement, tout comme vous. Vous êtes une honte. Nos ancêtres doivent se r'tourner d'bord
dans leur tombe, eux qui travaillaient 14 heures par jour pour SURVIVRE. Comme si nous on n'en avait pas des augmentations de frais, on en a à chaque année, dans tous les domaines, ça s'appelle L'INFLATION. Pis j'm'en va pas péter des vitres de char de gens complètement innocents pour autant!! Vous êtes la société de demain!??? Ayoye............
00:00 sur 29/04/2012
Vous me faites capoter!!!!!!! Je vous cite: "Juste les enfants des parents riches qui auront accès aux études supérieures..." TRAVAILLEZ TABARNAK!!!!!!!! C'est incroyable la belle mentalité de losers que vous avez, c'est pas possible. Des ostis de bébés gâtés qui n'ont rien vu de la vie, qui braillent que c'est trop cher. J'ai fait 5 ans d'Université à Québec, en appartement, mes parents m'ont pas donné UNE CENNE pour ces 5 années-là, pis j'suis sorti de l'Université avec AUCUNE DETTE. Et je n,ai pas vendu de drogue, je n'ai volé personne, j'ai TRAVAILLÉ COMME SERVEUR DANS UN RESTAURANT ET J'AI FAIT DES SACRIFICES...savez-vous c'est quoi ça, FAIRE DES SACRIFICES?? Sûrement pas, quand je vois le beau GND sur sa photo avec son cell dans une main pis sa cigarette dans l'autre. Tu coupes les 2 un an de temps pis tu l'as payée 10 fois ton augmentation annuelle!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
23:41 sur 28/04/2012
Vous me faites capoter!!!!!!!! "C'est juste les enfants de riches parents qui pourront aller aux études..."
TRAVAILLEZ TABARNAK!!!! J'ia payé mes études universitaires en TRAVAILLANT pis en faisant des SACRIFICES pis j'avais pas une cenne de dette en sortant de l'Université!!! Pis mes parents ne m'ont pas fourni une cenne pendant mes 5 ans d'Université!!! PIS CHU PAS MORT!!!!!!!!

Bande d'enfants gâtés qui se font jamais dire non. Vous devriez avoir honte, quand j'pense à nos ancêtres qui travaillaient 12-15 heures par jour pour SURVIVRE, ils se tourneraient de bord dans leur tombe de vous voir protester dans rue pour 177$ de plus par année, quelle belle bande de mous.
20:13 sur 13/05/2012
C'est hallucinant de voir des esprits étroit tel que le vôtre! Cette attaque personnelle et haineuse montre bien que 5 ans d'université ne vous ont pas donné les outils nécessaires pour mener une conversation de façons civilisée. Les enjeux discutés ici vous dépassent complètement. Je ne crois pas que ce «post ado de 20 ans» manipule qui que ce soit. Il exprime ses convictions. Si vous aimez travailler 14 heures par jour, grand bien vous en fasse! Je respecte vos aspirations, mais je ne les partage pas. Les gens qui discutent ne prétendent pas être au-dessus de tout comme vous dites. Mais bien réfléchir et interagir avec des gens dans un but constructif, éducatif et RESPECTUEUX. Vous pouvez juger la consommation des autres. Je ne crois pas que qui que ce soit ici soit parfait. Peut-être y aurait-il de meilleures habitudes et / ou investissement possibles. Ceci dit vous vous placez au-dessus des autres en les condamnent ! Je ne crois pas que la hausse des frais de scolarité soit une solution. Il y a énormément de ménage à faire dans la structure AVANT même de commencer à imaginer cette solution.
20:14 sur 13/05/2012
Je me demande comment vous pouvez imaginer que le fond du débat est la modique somme d’augmentation. Les coûts augmentent pour tout le mondes et les services diminuent constamment. Si vous voulez augmenter votre charge de travail à 16 heures allez-y! Les dirigeants nous font croire que nous devons créer plus de richesses. Nous devons faire plus avec moins. On se dirige directement vers un plan d’austérité. WOW et vous vous tournez vous penchez et en redemandé. Des sacrifices on en a fait. J’ai une famille, je paie les impôts, les axes municipales, les taxes de vente et sur l’essence. Mais je ne perds pas de vue que toutes ces taxes ne sont pas bien gérées. Elles ne sont pas toutes retournées où elles devraient, et que des fascistes, capitaliste psychopathe, s’approprient les ressources du peuple petit à petit mais de plus en plus rapidement. Mais vous avez tout à fait raison, Astie de calisse de tabarnak! Si tout le monde cesse de fumer et de texter et / ou d’acheter des cellulaires tout se règlera! En 5 ans d’université vous avez développé des ressources intellectuelles et des stratégies d’utilisations de ces dernières qui vous ont donné une vision globale du problème et vous avez fourni la solution ; TRAVALLES, FARMES T’A YEULE PIS PAYE ASTI!!!