Le 17 juillet dernier, sur son blogue du Journal de Montréal, Mathieu Bock-Côté nous donnait son opinion sur les résultats du PLC dans les récents sondages, sur le scandale des commandites et sur la Charte canadienne des droits et libertés. Nous vous invitons à lire son billet pour ensuite lire la présente réponse des Jeunes libéraux du Canada (Québec).
Cher ami,
En ce qui concerne les faibles résultats que le Parti libéral du Canada a obtenus dans certains sondages publiés récemment, nous vous rappelons qu'il n'y aura pas d'élections générales avant trois ans et que nous n'avons pas encore élu de chef permanent. Si les sondages prévoyaient avec crédibilité les intentions de vote plus d'un an à l'avance, nous serions depuis longtemps revenus au pouvoir. Nous sommes totalement d'accord avec vous quand vous dites que le scandale des commandites n'est plus déterminant dans le vote des Québécois. Cependant, notre vision de la démocratie constitutionnelle canadienne diffère radicalement de la vôtre.
Trudeau s'opposait effectivement au nationalisme ; pour lui cela avait une essence passionnelle et irrationnelle. Fonder la légitimité de l'État et sa définition des finalités sociales sur le fait du nombre de la majorité plutôt qu'en fonction de tous ses citoyens est fondamentalement injuste à l'endroit des minorités. La proposition de Trudeau était celle de la protection des libertés individuelles dans le cadre d'une société pluraliste. L'État libéral moderne de Trudeau, c'est la promotion de valeurs universelles qui dépassent le particularisme. C'est la neutralité de l'État sur la vie que doivent mener les gens ; c'est la décriminalisation de l'homosexualité, la légalisation de la contraception, de l'avortement et du divorce.
Le défi des sociétés occidentales est de concilier l'unité dans la diversité. Si on qualifie le fait d'être canadien par l'appartenance à un groupe ethnique, i.e. à l'un des deux peuples fondateurs, c'est illogique et discriminatoire. Tout d'abord, de fait, il existe une pluralité de groupes ethniques au Canada. On ne peut prétendre les intégrer à une société qui se définit par un pacte entre deux peuples. C'est aussi discriminatoire puisqu'on confèrerait un statut inférieur à ces groupes. Le fait d'être canadien est une affaire de volonté, d'où le rejet de l'idée des deux peuples fondateurs et d'où l'adoption du multiculturalisme - une conclusion de la commission Laurendeau-Dunton dont le coprésident André Laurendeau était rédacteur en chef du journal Le Devoir durant de nombreuses années. C'est fallacieux que d'accuser cette politique d'un complot contre la nation québécoise. Le multiculturalisme, c'est le rejet d'une conception identitaire qui n'est pas éthique pour redéfinir le Canada de manière plus égalitaire.
Vous faites également fausse route lorsque vous accusez le Parti libéral du Canada de s'opposer à la reconnaissance du Québec comme société distincte. En 2006, lors de son congrès biennal, le PLC a adopté une résolution supportée par Michael Ignatieff selon laquelle le Parlement du Canada devait reconnaître le Québec comme une nation.
Cette résolution nait de l'adoption d'une nouvelle conception de l'égalité. Alors qu'à l'époque de Trudeau, l'égalité était conçue comme une égalité des droits aveugle aux différences, la possibilité d'un tel droit spécial était exclue, tout comme l'était la possibilité des accommodements raisonnables. Ce n'est qu'avec le temps que les universitaires sont devenus sensibles au fait qu'une égalité aveugle aux différences ne menait pas à une égalité réelle. Autrement dit, pour qu'un modèle soit égalitaire dans les faits, il faut tenir compte des différences des groupes. C'est cette approche, et non le multiculturalisme libéral de Trudeau, qui justifie la reconnaissance de la société distincte du Québec ainsi que les accommodements raisonnables. Votre discours se contredit de manière flagrante. Vous dénoncez qu'à une époque, pour les libéraux, « il ne fallait plus accommoder les québécois », mais vous vous opposez à « l'idéologie des accommodements raisonnables ». D'une part, il n'est plus d'actualité que de dire que les libéraux se positionnent contre la reconnaissance de la société distincte. D'autre part, il est contradictoire de diaboliser ce que vous appelez « l'idéologie des accommodements raisonnables », puisque c'est cette nouvelle conception de l'égalité réelle qui est le fondement de la reconnaissance du Québec comme société distincte.
Vous parlez d'un « gouvernement des juges », c'est-à-dire que vous accusez la Charte d'être anti-démocratique. Or, il s'agit d'une protection des droits essentielle à notre démocratie. La démocratie n'est pas le simple fait de voter pour des représentants. Encore faut-il avoir les moyens d'exercer réellement et librement cette démocratie. Ces moyens, ce sont les droits fondamentaux que la Charte a pour mission de protéger peu importe les fluctuations parlementaires. Il s'agit présentement d'un contrepoids aux excès du gouvernement Harper en l'empêchant, par exemple, de fermer les centres d'injections pour toxicomanes. Tout récemment, beaucoup de Québécois se sont opposés à la loi 78 et ont invoqué la Charte en considérant cet outil comme une fierté. Manifestement, les Québécois, comme tous les Canadiens, sont servis par cette Charte.
Cher ami, nous ne nous excuserons pas de cet héritage laissé au Canada, puisque nous en sommes fiers. Si flouer signifie protéger la langue et la spécificité du Québec, respecter toutes les minorités culturelles du Canada et promouvoir les valeurs libérales, nous sommes fiers d'avoir floué les Québécois et nous les flouerons encore.
Pour la prochaine course à la chefferie, il est seulement requis de s'inscrire comme sympathisant pour pouvoir voter. Vous avez donc une occasion en or de commencer en douceur votre aventure avec le Parti libéral du Canada. Pour la suite, la carte de membre n'est que 10$.
Amitiés,
François Fournier, Président des JLC (Q)
Léa Couture-Thériault, Vice-présidente communication des JLC (Q)
Cameron Ahmad, Vice-président clubs étudiants des JLC (Q)
L'identité canadienne et l'identité québécoise sont deux phénomène abstrait. Leurs origines ethniques est flou (la nouvelle-france est à l'origine des deux, et les deux ont été fortement influencé par l'empire britannique) et mouvante (il y a de plus d'africain au Québec et de chinois au Canada). Le clivage religieux est désuet, mais le clivage linguistique demeure. Ce sont deux identité terminale (pour l'instant): il n'y a pas de Canada-town ou de Québec-town ailleurs.
Il y a donc deux identité en compétition. On ne peut choisir son origine ethnique, mais on peut choisir son identité terminale. Mon grand-père était un canadien d'origine française. Je suis un québécois d'origine française. Une écrasante majorité de descendant français ont choisit l'identité terminale québécoise plutôt que canadienne. Une écrasante majorité de descendant britannique ont choisit l'identité terminale canadienne.
J'en ai assez de chercher des poux aux canadiens. Ce sont des gens bien, mais je ne comprend pas pourquoi ils ont le pouvoir légal d'influencer ou même de nous imposer leurs choix démocratiques. À tout prendre, je préfèrerais être liée aux californiens ou aux suédois.
Vous avez la jeunesse et l'inexpérience comme excuse,vous croyez vraiment que Ignatieff était sincère dans sa proposition? Ce sont des somnifères électoraux pour les Québécois, pour avoir vécu sous le régime de Machiavel Trudeau je peux vous dire en tout respect pour votre opinion, que vous êtes naïve de croire que le PLC se préoccupe du Québec par conviction, ils n'en a rien à foutre du Québec ce qu'il veut c'est faire le plein de députés docile et surtout silencieux,vous devriez lire sur le rapatriement de la Constitution de Trudeau, une honte pour le Canada, si c'est votre conception de la démocratie non merci pour moi.
En gros : Nous avons raison même si on nous dit le contraire et la démocratie on s'en fout parce que notre vision est la bonne donc on va encore faire ce qu'on veut bien faire puisque nous avons raison!
Bref, ça montre plutôt que c'est Bock-Côté qui a raison ; le PLC est une religion où l'on dit "tais-toi et crois" et si tu ne crois pas on t'accuse d'être un hérétique (ou un raciste). On peut bien chiâler contre la CLASSE et leur vision révolutionnaire, mais au moins eux ne peuvent pas prendre le pouvoir!
À propos du multiculturalisme, perso je ne suis pas contre cette idéologie. C'est logique de ne pas exiger des immigrants qu'ils abandonnent tout leur héritage pour vivre chez nous, à long terme ils (ou leurs enfants) vont finir par s'intégrer à notre société. Cependant, elle cause un problème important dans le cadre d'un Québec soumis à la nation Canadian, dans le sens où les immigrants peuvent vivre au Québec tout en décidant qu'ils sont Canadians. Pis j'ai rien contre les accomodements raisonnables, tant qu'ils restent raisonnables. Les accomodements qu'on accordent aux juifs du Mile End ne le sont pas.
Mais de toute façon, le multiculturalisme c'est pas ce que je repproche au PLC. Ce que je leur repproche c'est que depuis Trudeau ils ont usé de tous les moyens à leur disposition pour empêcher les québécois d'exercer leur droit à l'autodétermination.
Le coup de la Brinks, la surveillance et l'infiltration illégale du PQ par la GRC, La crise d'octobre, les fausses promesses de Trudeau en 80, la trahison de 82, les magouilles libérales lors du référendum de 95 (Option canada nottament), les commandites. Tout les coups fourrés du PLC avaient pour but d'empêcher l'avènement de l'indépendance du Québec.
Je me souviens.
Le multiculturalisme sied peut-être au Canada anglais, mais pas au Québec. Il est incompatible avec sa situation géopolitique. Je ne prétends pas avoir LA solution, mais clairement, nous devons regarder ailleurs.
Je ne peux toutefois pas m'empêcher de relever ce petit bout de phrase de l'auteur dans son article lorsqu'elle dit que le PLC s'est évertué à: "protéger la langue et la spécificité du Québec". Madame, il y a de ces grossièretés dont le PLC pourrait bien se passer. Assumer au moins qui vous êtes...
Je ne parle pas du Toronto «tête carrée» des année 70, dans le temps où les anglos fuyaient Montréal et amenaient leur pognon avec eux pour y investir. Ce Toronto-là fonctionnait très bien et a été la locomotive du Canada durant 10 ans.
Faut vraiment être fêlé pour penser qu'un pays, ou même une ville, va fonctionner quand 85% de sa population n'y est même pas née. Dans ces conditions, c'est au plus fort la poche, va-comme-je-te-pousse. Toute l'épargne de la population en mesure d'épargner prend le chemin de Western Union et des pays étrangers. Qui va réinvestir dans cette ville ?
On peut aussi appeller cela essayer de paqueter ou manipuler une prochaine course à la chefferie et flouer encore une fois les démocraties québécoise et canadienne. Pas fort et gênant comme texte. Pauvre CLP/PLC.
Quant au scandale des commandites ce n'est pas seulement une expression, c'est le flot d'argent qui a servi à convaincre les Québécois de rester dans le Canada au prix de fraudes sans commune mesure. Lorsque tous les témoins de cette supercherie seront morts les libéraux pourront peut-être espérer regagner l'estime des Québécois
Au fait, pourquoi Denis Coderre songe-t-il à se présenter à la mairie de Montréal ?
Peut-être a-t-il déjà compris que son parti a peu de chance de gagner le coeur des Québécois
Le multiculturalisme comme droit fondamental, non. l'ethnocide non. la négation des droits collectifs NON ,
Et si le rejeton de son père veut devenir premier sinistre de ce pays qui a même volé le nom du nôtre notre Libération n'en sera que plus proche
Souvenez vous, le "O Canada" est un chant patriotique Canadien Français.(Québécois) pas "Canadian"