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L'ONU, Israël, l'Occident, l'islam et les Juifs

28/12/2016 12:21 EST | Actualisé 29/12/2016 09:41 EST

Une résolution vient d'être adoptée au Conseil de Sécurité de l'ONU pour condamner la colonisation israélienne. Les mérites de cette résolution ne tiennent pas suffisamment compte des éléments suivants :

  1. L'ONU n'a jamais disposé de quelque autorité morale que ce soit, car c'est un lieu qui ne connaît que les rapports de force de par sa nature même ; rapports de force illustrés par la notion de droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. De plus, l'ONU ne fut efficace que lorsque l'intérêt des grandes puissances concordait. L'incongruité des Nations-Unies s'est manifestée récemment au travers d'une de ses agences, l'UNESCO, qui a déclaré que le mont du temple était un lieu musulman ; autrement dit le mur des Lamentations est un legs musulman!!! À ce stade-ci, on n'est même plus dans l'imbécillité, mais dans la farce! Ban Ki Moon lui-même a reconnu que l'ONU avait un parti-pris continu contre Israël et que ce n'était pas juste.
  2. Israël a un droit imprescriptible à exister dans les lieux où le peuple juif s'est constitué des millénaires avant que les Arabes ne conquièrent Jérusalem
  3. Netanyahu mène son pays vers le précipice, c'est un leader retors, qui croit porter un élan messianique alors qu'il n'est que la médiocrité incarnée. Son refus de l'existence de deux États, Israël et la Palestine, est catastrophique. La reconnaissance d'un État palestinien relève non seulement de l'obligation morale, mais également des intérêts stratégiques à long terme d'Israël.
  4. Les dirigeants palestiniens demeurent profondément opposés à l'existence d'un État juif. Cela est manifeste pour le Hamas, de par sa charte qui déclare que toutes les conquêtes islamiques des premiers siècles demeurent territoires musulmans jusqu'au jour du jugement dernier. C'est une doctrine fondamentale (Oussama ben Laden avait déclaré que l'Espagne andalouse, ayant été conquise, devait redevenir musulmane). Le Hamas ne cesse par ailleurs de provoquer Israël par ses milliers d'attaques balistiques de courtes portées ; le Hamas sait qu'il n'a aucune possibilité de sérieusement nuire à Israël, mais il cherche à intervalles réguliers l'affrontement pour continuer d'exister, car le pouvoir lui échapperait autrement. Quant à l'Autorité palestinienne, elle réclame le retour des réfugiés de 1948, ce qui est impensable.

    Rappelons également que 800 000 réfugiés juifs ont dû fuir les pays arabes et l'Iran. Aucun grand média ni aucune instance onusienne quelconque n'en parle. Pourtant, ces réfugiés vivaient dans ces pays longtemps avant que les Arabes ne les conquièrent.

    [Selon un sondage mené par le Washington Institute for Near East Policy le 24 juin 2014, la majorité des Palestiniens de Cisjordanie et Gaza sont opposés à la solution à deux États et revendiquent la totalité de la Palestine historique, signifiant ainsi la destruction de l'État d'Israël. Selon l'enquête, 55,4 % des Palestiniens de Cisjordanie et 68,4 % de leurs voisins gazaouis considèrent que "récupérer la Palestine historique" devrait être "le principal objectif national palestinien pour les cinq prochaines années", avant la "fin de l'occupation". Causeur 28 décembre 2016].

  5. La présente situation est dramatique, les dirigeants actuels des deux protagonistes sont malhonnêtes et louvoient à leur niveau respectif en espérant pour l'un que les faits acquis deviendront irréversibles et pour l'autre que les diverses pressions internationales et le maintien d'un état de crise permanent forceront Israël à céder en attendant que la bombe démographique balaie Israël. Ce qui est horriblement tragique, c'est que la souffrance des peuples juif et palestinien ne compte pas, au regard des calculs de ceux qui se sont intronisé gardiens de ces mêmes peuples. J'espère que l'Histoire jugera durement ces dirigeants qui n'osent pas aller de l'avant avec des propositions de coexistence des deux peuples, coexistence risquée peut-être, mais sûrement moins que la continuation du présent statu-quo.
  6. L'avocat Gilles-William Goldnadel dans un récent article publié dans la revue Causeur rappelle qu'il existe de multiples situations où des minorités voient leur pays littéralement confisqué sans qu'il y ait de grandes agitations à l'ONU et sans que cela émeuve outre mesure les élites soi-disant éclairées ou progressistes de la planète, Tibet, Sahara occidental, Crimée, Chypre, Haut-Karabakh, Ossétie du Sud, etc. On s'émeut massivement lorsque des Palestiniens sont tués, mais les 400 000 morts en Syrie ne déclenchent pas du tout le même niveau d'outrage et le nombre de résolutions à l'ONU à ce sujet se compte sur les doigts d'une main. Il est vrai que l'Iran, la Turquie, l'Arabie saoudite, la Russie et les États-Unis sont impliqués jusqu'au cou dans cette saga géopolitique, où les tracés de pipeline se superposent à la haine séculaire entre sunnites et chiites.
  7. Cette incroyable disproportion de réaction n'est pas un hasard. Le Juif demeure pour l'Occident un objet qui le trouble, les comptes ne semblent pas avoir été complètement apurés, quelque chose de malsain subsiste et semble se régénérer. Quant au musulman, l'islam lui a enseigné que la haine du Juif devait être éternelle. Parfois, je plains ces pauvres musulmans. Leur prophète leur a dit qu'ils étaient la meilleure communauté au monde, supérieurs aux autres et pourtant près de 14 siècles avec le Coran, où en sont-ils? Malheureusement au bas de l'échelle en termes de développement humain selon l'ONU. Comment concilier ce qu'ils croient d'eux-mêmes et ce que l'évidence leur donne à voir? En bonne partie en blâmant les juifs, comploteurs de leurs malheurs.

On n'est pas sorti de l'auberge.

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