LES BLOGUES

Avec mon mari, planifier notre vie sexuelle a tout changé dans notre couple

Quatre ans plus tard, on ne manque jamais nos retrouvailles hebdomadaires.

31/10/2017 09:01 EDT | Actualisé 31/10/2017 12:03 EDT
PeopleImages via Getty Images
Ma conclusion: le sexe n'est pas qu'un petit avantage supplémentaire dans un couple. En réalité, c'est l'une des choses qui le maintiennent soudé.

Un an après le début de ma relation avec l'homme qui allait devenir mon mari et le père de mes enfants, il m'est arrivé un truc étrange... Je n'ai plus eu envie de faire l'amour. Bien sûr, j'étais généralement partante quand il me le proposait, mais mon besoin spontané de sa peau a tout simplement disparu.

À en croire les scientifiques et autres chercheurs, cela s'explique par la quantité de changements physiologiques associés à l'évolution d'une relation. Plus besoin de produire tout un cocktail d'hormones pour attirer et séduire son partenaire: au fur et à mesure que la nouveauté s'en va et que la production d'endorphine se calme, nos cerveaux recherchent plus de stabilité et de constance.

C'est donc une étape naturelle et normale de toute relation amoureuse... D'accord, mais il n'empêche que ça craint!

Et pour compléter le tableau, il y a la vie de parent avec tout ce qu'elle a d'épuisant — plus les nouveaux bouleversements hormonaux liés à la grossesse et les complexes persistants qui s'ensuivent... Qui se sentirait encore désirable après ça?

Pour ma part, l'envie de faire l'amour m'a totalement désertée. Après six ans de vie de couple et deux petites filles, non seulement je ne pensais plus spontanément à batifoler sous la couette, mais j'étais carrément devenue réticente quand mon mari le suggérait. Tout ce que je voulais, c'était prendre du temps pour moi, dormir un peu plus, passer une heure tranquille à m'occuper de la maison, siroter un cocktail avec quelques amies, finir enfin le livre commencé huit mois plus tôt, me faire une pédicure, aller faire des courses sans les enfants et passer des heures à regarder The Good Wife! Autant de choses (et j'ai dû en oublier une bonne centaine...) qui prenaient le pas sur des ébats amoureux.

Je regrettais notre vie sexuelle tellement naturelle, légère et excitante.

Mais je voulais aussi un mariage solide et un mari heureux. Je regrettais notre vie sexuelle tellement naturelle, légère et excitante. Et je craignais qu'en laissant de côté notre intimité, on n'arrive plus jamais à la retrouver (en supposant qu'on le souhaite un jour...).

Étant très branchée organisation et efficacité (mon livre de chevet, c'est "S'organiser pour réussir" de David Allen), quand j'ai eu vent de l'idée de planifier sa vie sexuelle, j'ai tout de suite eu envie d'essayer. Mais pourquoi faudrait-il prévoir ses rapports à l'avance?

Pour ma part, j'y voyais deux avantages:

1. Savoir quand je comptais faire l'amour pour pouvoir m'y préparer émotionnellement (et physiquement).

2. Pouvoir dire non sans me sentir coupable le reste du temps. Nous nous sommes bloqué deux "soirées sexy", qui sont même notées dans nos agendas!

Je l'avoue, au début, j'ai trouvé ça hard... Et je vous rassure tout de suite, pas hard à la "50 nuances de Grey"! Cet aspect de notre relation nous était devenu étranger, et les hormones nécessaires pour réveiller notre désir étaient aux abonnés absents. Étrangement, il nous a fallu du temps pour réapprendre à nous connaître, à nous tourner l'un vers l'autre et à considérer ce nouveau rituel comme une partie intégrante de notre vie. Mais on s'est accrochés... pendant quatre ans!

Avec le temps, on a appris que malgré le manque de spontanéité de planifier ses ébats (mais avouons-le, pour un couple avec deux enfants, la vie n'est pas spontanée tous les jours...), on pouvait y ramener du piment par des positions inédites ou des paroles un peu crues.

Je me préparais physiquement (lingerie, épilation...), et nous créions une atmosphère propice: bougies, musique, aromathérapie... Bien sûr, c'était loin des étreintes avides que nous avions connues par le passé, mais nous faisions l'amour. Et qui se plaindrait de retrouver des câlins deux fois par semaine? Marc s'en est bien gardé.

Quatre ans plus tard, on ne manque jamais nos retrouvailles hebdomadaires.

Quatre ans plus tard, on ne manque jamais nos retrouvailles hebdomadaires. Oh, toute une série d'imprévus ont pu venir les perturber: des vacances, mes règles, une visite de la belle-famille, les fêtes, la grippe, un voyage d'affaires et j'en passe.

Mais comme de bons petits soldats, nous revenons toujours à notre routine, presque trop scrupuleusement.

Un inconvénient possible à ce rituel amoureux: il arrive tout de même qu'on ait une envie spontanée (croyez-moi, Marc est à l'affût de ces moments-là...), mais j'ai souvent du mal à me mettre dans l'ambiance. J'apprécie vraiment nos soirées spéciales, et il m'a fallu apprendre à me montrer plus flexible en cas de changement de plans ou d'occasion imprévue.

Ma conclusion: le sexe n'est pas qu'un petit avantage supplémentaire dans un couple. En réalité, c'est l'une des choses qui le maintiennent soudé.

Ma conclusion: le sexe n'est pas qu'un petit avantage supplémentaire dans un couple. En réalité, c'est l'une des choses qui le maintiennent soudé. L'amour, la franchise, la capacité à dialoguer, à laisser voir ses failles, à se soutenir et à avancer ensemble sont autant d'éléments clés pour un bon mariage... Mais sans le sexe, on en revient à une amitié.

L'homme que j'ai épousé il y a 13 ans est mon meilleur ami, mais aussi mon amant, et je compte bien préserver cet aspect de notre relation... pour le meilleur et pour le pire.

Cet article a été publié à l'origine sur YourTango.

Kristen Manieri est fondatrice et rédactrice en chef de Date Night Guide, un site destiné à aider les couples à renforcer leur lien tout en retrouvant plus de légèreté. Journaliste freelance très prolifique, avec plus de 100 articles pour des magazines nationaux et internationaux à son actif, Kristen habite à Orlando avec son mari Marc et leurs deux filles.

Ce blog, publié à l'origine sur le HuffPost américain et le HuffPost France, a été traduit par Guillemette Allard-Bares.

​​​​​​​​​​​​​​