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«On cause pour la cause» et pour lever les tabous sur la santé mentale

28/01/2014 12:32 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Aujourd'hui, 28 janvier 2014 marque la journée où Bell remettra à des initiatives en santé mentale, 5 sous pour chaque message texte envoyé, appel mobile et interurbain effectué, pour chaque tweet mentionnant #BellCause et pour chaque partage de l'image Bell Cause sur Facebook.

Cette campagne de sensibilisation tombe à point, surtout considérant le fait qu'un Canadien sur cinq sera touché un jour où l'autre par un problème de santé mentale et que ce fléau qui ravage tant d'individus et de familles prend de l'ampleur. Il peut s'agir de schizophrénie, de troubles bipolaires, de dépression, de troubles alimentaires, de la personnalité ou anxieux. Il peut s'agir de nos parents, de nos amis, de nos collègues ou de nous-mêmes. Personne n'en est à l'abri, malgré ce que l'on pourrait bien en penser. Nous possédons tous ce potentiel à basculer dans les abîmes de la maladie mentale, être humains vulnérable que nous sommes (mais si forts à la fois, je tiens à le rappeler).

Depuis toujours, la maladie mentale fascine tout comme elle peut provoquer une aversion chez ceux qui y songent. On associe trouble mental avec dangerosité alors que dans les faits, la très grande majorité des personnes atteintes d'un tel trouble sont beaucoup plus susceptibles d'être victimes d'un acte criminel que d'en commettre un. Ils sont également beaucoup plus à risque de retourner leur violence contre eux-mêmes plutôt qu'envers autrui. On associe trouble mental avec faiblesse de caractère, sans connaître la très longue liste de personnalités publiques tant au niveau national qu'international qui ont décidé de prendre leur courage à deux mains pour parler ouvertement de leurs déboires avec la maladie mentale.

Au Québec, je pense notamment à Stefie Shock, Varda Étienne, Mara Tremblay, François Massicotte, Christine Michaud, PA Methot, Véronique Bannon, Marie-Claude Savard, Guy Latraverse, Pierre Péladeau, Margaret Trudeau, Michel Courtemanche, Michel Mpambara, Marie-Claude Morin et j'en passe. Je demeure persuadée que cette liste pourrait être beaucoup plus exhaustive autant dans le monde politique, sportif, culturel et artistique. Beaucoup de choses empêchent les gens de prendre la parole notamment les préjugés, la stigmatisation et la discrimination à l'égard des personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale. On oublie trop souvent l'individualité derrière ces étiquettes qui sont souvent très lourdes à porter.

Le printemps 2013 a marqué la sortie du livre Je suis une personne, pas une maladie! rédigé par un collectif de professionnels en santé mentale parmi lesquels on retrouve la docteure en psychiatrie Marie-Luce Quintal et M. Luc Vigneault, pair-aidant pour l'Institut universitaire en santé mentale de Québec. L'argument fondamental de l'ouvrage: il est possible pour une personne vivant avec une maladie mentale de retrouver une vie heureuse et épanouie, mais cela, avec plusieurs conditions. Le livre La santé mentale des enfants et des adolescents paru quelques années plus tôt quant à lui abonde dans le même sens, en expliquant que c'est dès la conception que l'on peut prévenir les troubles psychiatriques et que divers facteurs doivent être mis en place pour favoriser le maintien d'une bonne santé mentale par exemple développer la connaissance et l'estime de soi, s'entourer de personnes positives pour soi, l'expression de ses émotions positives et négatives, le plaisir dans l'accomplissement et les défis, etc.

Au cours des dernières années, diverses initiatives ont été mises de l'avant pour faire des préjugés chose du passé. Je pense notamment à la Marche pour la santé mentale qui a comme point de départ le Carré Phillips depuis quelques années maintenant chaque mois d'octobre. Je pense aussi à l'émission Folie Douce, diffusée sur les ondes de Radio Centre-Ville à laquelle je prends part à titre d'intervenante psychosociale. Je pense notamment aux divers outils de sensibilisation mis en place par l'Association québécoise de prévention du suicide, car la problématique du suicide et de la santé mentale sont intimement liées. Oui, la société québécoise s'ouvre de plus en plus sur ce tabou et nous ne pouvons que nous en réjouir. Car en nous informant, en connaissant, en posant des questions, nous serons plus à même de venir en aide aux personnes en détresse, de démystifier leur situation autant pour elles-mêmes que pour leur entourage et de leur donner de l'espoir alors qu'elles se perçoivent souvent comme étant condamnées et au bout de leur chemin.

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