LES BLOGUES

Nous, des « étranges », on n’en veut pas!

Fameuse et délicieuse phrase de RBO, devant être prise au second niveau, qui dénonce une situation abjecte, et qui ne se limite pas qu'à la bourde dénoncée.

03/07/2017 08:00 EDT
Getty Images
N'attendez pas qu'un malheur drame survienne dans votre famille pour vous ouvrir les yeux et agir dans votre entreprise.

Fameuse et délicieuse phrase de RBO, devant être prise au second niveau, qui dénonce une situation abjecte, et qui ne se limite pas qu'à la bourde dénoncée.

Dans un tout autre registre : « Prenez garde au chien »!

Quand je vois cet écriteau, affiché sur la fenêtre d'une maison, je ne sais jamais si nous parlons du chien ou du propriétaire. Étant plus jeune, j'étais propriétaire (mes parents) d'une armée de chiens. Certains de mes voisins aussi. Je me souviens de ces nombreux, et particuliers quartiers, où nous retrouvions dix de ces écriteaux au pied carré. Lorsque nous baignons dedans, nous ne nous en apercevons pas, mais lorsqu'on prend un certain recul et qu'on y pense bien...

Prenez garde au chien : ne soit pas surpris alors si j'effectue un botté du museau lorsque tu ouvriras la porte.

Dans le fond, tu m'avertis que les risques de me faire attaquer, mordre et tuer sont très élevés si je frappe à ta porte, ne serait-ce que pour vendre des barres de chocolat pour l'équipe de soccer de ma fille. Remarquez qu'à l'époque, nous parlions de maître, maintenant nous parlons de propriétaire de chien. La sémantique est significative ici...

Cette enseigne est très accueillante et très invitante, n'est-ce pas.

Bon nombre d'entre nous, trouvons ça mignon, acceptons et tolérons encore ce type d'écriteau. Pourtant, des gens déchirent une garde-robe de chemises lorsqu'il est question d'enlever ou non Sam le toucan des boites de céréales Foot Loop...

Imaginez-vous que la limitation fait suite à un accident de travail survenu sur ce même lieu et que l'employé ne peut même plus accéder au bâtiment.

Imaginez-vous maintenant être dans la peau d'une personne handicapée, ou avec des limitations fonctionnelles, se présentant devant un édifice, peu importe les 99% des édifices qui ne sont pas aménagés pour accueillir des chaises roulantes, par exemple. Imaginez-vous que la limitation fait suite à un accident de travail survenu sur ce même lieu et que l'employé ne peut même plus accéder au bâtiment. À son bureau. Ou bien imaginez-vous des postulants se présentant pour une entrevue ne pouvant même pas se rendre jusqu'à la réception.

Très accueillant et invitant n'est-ce pas!

Vous souvenez-vous de votre catéchisme et de Jean 5 :9 : « ...aussitôt cet homme fut guéri; il prit son lit, et marcha »? Du moins, cela vous dit quelque chose... il doit être un des premiers handicapés recensés et ça fait tout juste plus de 2000 ans. Arrêtez-moi donc la recherche d'excuse pour expliquer le comment du pourquoi que 99% des édifices, bureaux, usines, Name It, ne soient pas adaptés.

Ouain, mais ça coûte cher! Bullshit, t'as eu 2000 ans pour économiser et adapter ta bâtisse.

Les gens qui se présentent chez vous pour recevoir un service ou passer une entrevue sont accueillis dans la salle d'attente avec une belle machine à café, des bouteilles d'eau froide, et des petites collations. C'est très accueillant et invitant, j'en conviens, mais pourquoi ne pas aller encore un peu plus loin tant qu'à être sur une bonne lancée.

Employeurs et propriétaires, ne faites pas vos politiciens. N'attendez pas qu'un malheur drame survienne dans votre famille pour vous ouvrir les yeux et agir dans votre entreprise.

Employeurs et propriétaires, ne faites pas vos politiciens. N'attendez pas qu'un malheur drame survienne dans votre famille pour vous ouvrir les yeux et agir dans votre entreprise.

Vous voulez être accueillant, c'est tout à votre honneur! Mais est-ce que TOUS les gens peuvent au moins se rendre jusqu'à votre porte d'entrée et y être accueilli ou bien ségrégez-vous « involontairement » certains individus dès le trottoir? Est-ce qu'il y a des "étranges" que vous ne voulez pas?

C'est gros ce que je viens de dire.

Je ne dis pas que nous faisons exprès, mais prenons le temps d'y réfléchir pour éviter de tomber dans l'interprétation ambiguë que nous pourrions faire de l'écriteau ci-haut abordé touchant le chien... ou le propriétaire.

À LIRE AUSSI

» Mon 2ème CV (pas RH du tout)

» Je n'ai pas le temps

» Congédier par la bande!

Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost