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Et si le vote ethnique devenait un atout au Québec

14/10/2013 08:38 EDT | Actualisé 14/12/2013 05:12 EST

En pleine campagne électorale municipale, nous ne pouvons ignorer le couple élection/diversité. « C'est vrai, c'est vrai qu'on a été battus, au fond, par quoi? Par l'argent, puis des votes ethniques, essentiellement. » Depuis 1995, plusieurs reprochent à monsieur Parizeau cette phrase. Certains lui ont même demandé de faire des actes de contrition. Personnellement, je n'ai jamais compris pourquoi on fait « so much ado about nothing ». Pouvons-nous considérer que cette phrase reconnaît plutôt le pouvoir des personnes immigrantes? Monsieur Parizeau a compris et exprimé que pour gagner, il fallait oui de l'argent (on ne s'en sort pas) et que désormais il fallait composer avec le vote de ces nouveaux Québécois. C'est que la population québécoise issue de l'immigration est grandissante. Alors, son propos est tout à fait pertinent.

Plusieurs politiciens québécois ont fait ce constat et ont choisi la voie folklorique. Un d'entre eux m'a dit cet été : « Kerlande, on a dansé leur danse, on a chanté et on a mangé leur bouffe et malgré cela ils n'ont pas voté pour nous. » Selon cette vision, un immigrant ne comprend rien aux enjeux québécois, il suffirait de dire un « komon ou yé » et le tour est joué! C'est un peu caricatural. Je reconnais tout de même que la pratique électorale privilégie les raccourcis de cette nature. Néanmoins, en matière d'élection, il y a lieu d'être plus stratégique et pertinent.

Gagner essentiellement par le vote ethnique!

Au-delà du match multiculturalisme/interculturalisme, il faut communiquer avec ces Québécois venus d'ailleurs. En 2012, Yahoo nous apprenait que les communautés noires et latino-américaines avaient un intérêt marqué pour les questions politiques, jusqu'à un impact sur leur identité. Donc, il y a un intérêt. C'est de savoir comment miser sur cet intérêt et trouver leurs cordes sensibles de sorte qu'ils se sentent assez interpellés pour aller voter.

Obama a fait ce pari et il est devenu le premier président des États-Unis issus de la diversité. Cette victoire il l'a droit aux diverses minorités au sein du pays. C'est quand même pas mal! Il a ainsi fait la démonstration éloquente qu'une stratégie de communication qui cible cette composante de la population pouvait être gagnante. Son message était adapté à ces personnes. Il communiquait réellement l'espoir d'un changement. Et en lui s'incarnaient tous les rêves de ces minorités. De plus, il a été les rejoindre là où ils se trouvaient en faisant un usage excessif des médias sociaux et des lieux de culte. Ne vous en faites pas, je ne parlerai pas de religion. Néanmoins, les lieux de culte et les médias sociaux sont des clés pour rejoindre les personnes issues de l'immigration.

Si le vote des minorités a pu mettre un homme noir, quoiqu'il soit métissé, à la présidence des États-Unis; ne croyez-vous pas qu'il y a lieu de tenter l'expérience ici au Québec? Qui sait, vous pourriez gagner!

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