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L'OSM au Japon: une expérience extraordinaire

22/10/2014 03:12 EDT | Actualisé 22/12/2014 05:12 EST

Après une semaine et six concerts déjà derrière nous, cette tournée nous a menés de la baie de Tokyo à la mer du Japon, avant le trajet inverse. C'est d'abord à Tokyo que notre périple a commencé de belle façon et où, malgré le décalage et un trajet épuisant, nous avons été grandement impressionnés par l'extraordinaire bain d'énergie que constitue ce milieu urbain, le plus densément peuplé de la planète.

Nous avons rassemblé nos forces pour nous produire au Metropolitan Art Space, notamment avec le soliste Ryu Goto qui a interprété le Concerto pour violon en Ré de Stravinsky, concert au terme duquel nous avons reçu un accueil extrêmement chaleureux de la part du public - et ça n'était que le début.

Notre étape suivante : Fukui, avec son majestueux Harmony Hall. Petite et entourée de jolies montagnes, cette ville offre un contraste on ne peut plus frappant avec Tokyo. Pas très loin, Kyoto, la ville aux mille temples, saisit par sa beauté éblouissante. Abritant ce qui fut jadis le Palais impérial, cette cité ancienne témoigne avec grandeur de l'histoire millénaire du Japon. Nous y avons joué au Kyoto Concert Hall, salle du Kyoto Symphony Orchestra, où Boris Berezovsky s'est joint à l'orchestre pour livrer une puissante interprétation du Deuxième Concerto de Prokofiev. Ensuite, retour dans la grande région de Tokyo, au port de la marine, pour y donner un concert entièrement dédié à Ravel dans la salle en forme de fer à cheval du Yokosuka Arts Theatre. De concert en concert, mes collègues musiciens ne cessent de se surpasser pour atteindre de nouveaux sommets et nous avons tous partagé avec bonheur et gratitude les applaudissements généreux et enthousiastes du public.

À la Women's University de Koriyama, ce fut un honneur de pouvoir présenter un concert spécial, en mémoire du tremblement de terre de Fukushima en 2011. Pour cette circonstance, nous avons offert Onna-no-ko no uta, un cycle de chants traditionnels japonais orchestrés par Jean-Pascal Beintus. Interprétées par la soprano Erika Colon (et récemment gravées par l'OSM et Diana Damrau sur le CD Shoka ‫: Chants japonais pour enfants), ces mélodies ont vu le jour au 19e siècle, à une période où le Japon s'ouvrait culturellement et économiquement à l'Occident. Transmis de mères en filles, les chants évoquent à travers le pouvoir régénérateur de la musique cette douloureuse période de changement au Japon. Dans l'adversité et la souffrance, l'humain se tourne souvent vers la musique pour y trouver l'espérance et la force de croire que la beauté, l'entraide et la réconciliation transcendent la douleur et la peine. Lors de ce concert exceptionnel, mes collègues et moi avons été profondément honorés de pouvoir contribuer à notre humble façon au processus de guérison et nous recueillir dans le souvenir de cette terrible catastrophe de 2011.

Notre itinéraire nous ramenait ensuite à Tokyo, où la perspective de jouer au légendaire Suntory Hall nous a remplis de fébrilité. Cette salle mythique, au design de laquelle Herbert Von Karajan a notoirement participé, comporte des ressemblances avec la Philharmonie de Berlin, le public s'y trouvant disséminé tout autour de la scène. Les meilleurs ensembles du monde se produisent ici (Vienne et Marinsky venaient d'ailleurs de s'y faire entendre) et c'est donc avec une immense fierté que l'OSM a joué pour un public averti, chaleureux et généreux, dans cette salle reconnue mondialement pour son acoustique exceptionnelle.

Au terme de cette soirée, l'OSM a été appelé à saluer 9 fois et à donner trois rappels. Si cet accueil et cette réception présagent du futur, les prochains jours seront eux aussi remplis de magie.

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