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Le décaissement, prochaine frontière critique

La gestion des placements en vue de la retraite présente une complexité qu’un grand nombre de retraités ne peuvent pas gérer.

28/06/2017 14:10 EDT | Actualisé 28/06/2017 14:10 EDT
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Améliorer la communication sur les coûts et offrir aux employeurs une protection de responsabilité assureraient aux retraités de meilleurs choix et de meilleurs résultats.

Vous avez contribué et vous contribuez peut-être encore à un régime à cotisations déterminées (CD) ou à un REER collectif. Vos économies ont augmenté tandis que votre employeur gérait votre portefeuille de placement par l'entremise d'un spécialiste externe. Votre épargne-retraite serait utilisée une fois la retraite venue. Alors, qu'est-ce qui pourrait bien aller de travers?

Malheureusement, beaucoup trop de choses.

À la retraite, vous devrez convertir votre épargne en revenu de retraite, et votre employeur vous cédera la gestion de ces fonds. C'est à vous que reviendra la responsabilité des options de placement et des rendements ainsi que de l'estimation de leur risque de longévité et, surtout, il vous incombera de vous assurer que vous disposerez d'un revenu de retraite suffisant.

La gestion des placements en vue de la retraite présente une complexité qu'un grand nombre de retraités ne peuvent pas gérer.

La gestion des placements en vue de la retraite présente une complexité qu'un grand nombre de retraités ne peuvent pas gérer. Selon une étude américaine, The Effects of Conflicted Investment Advice on Retirement Savings, les coûts élevés, les mauvaises décisions et des avis contradictoires sont susceptibles de mener à un revenu de retraite considérablement moindre que si on avait eu recours à des frais institutionnels, à des options par défaut judicieuses et à un encadrement fiduciaire.

Cela représente un problème pour les retraités, mais aussi pour l'économie et la société dans son ensemble. Dans les dix prochaines années, près d'une personne sur quatre sur le marché du travail sera âgée d'au moins 55 ans, et une partie importante de la population entreprendra alors sa transition vers la retraite (http://www.statcan.gc.ca/pub/11-010-x/2011008/part-partie3-fra.htm). En tenant compte uniquement des régimes CD, plus d'un million de participants détiennent des actifs d'une valeur estimative de 67 G$ (Tableau 280-0016 de Statistique Canada – Régimes de pension agréés (RPA), adhérents et valeur marchande de l'actif, selon le genre de régime, le secteur et l'état contributif du régime). Les responsables des registres de pensions estiment que de 80 % à 90 % de toute l'épargne-retraite des Canadiens détenue hors de régimes à prestations déterminées sera convertie en revenu de retraite au moyen de régimes individuels.

Comment pouvez-vous réduire votre risque? Il existe des options de décaissement individuel, comme les rentes, mais les retraités pourraient trouver que ces options manquent de souplesse, qu'elles sont onéreuses et qu'elles sont sujettes à la fluctuation des taux d'intérêt et de l'inflation. D'autre part, il y a des fonds de revenu viager (FRV) individuels et des fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR) qui agissent à l'inverse des régimes de capitalisation et qui assurent des paiements aux retraités au fil du temps; toutefois, ces fonds peuvent comporter un risque lié à la longévité et aux hypothèses de rendement des placements. Mais une autre solution pourrait se profiler à l'horizon.

L'ACARR (Association canadienne des administrateurs de régimes de retraite) croit que les promoteurs de régimes de capitalisation, les organismes de réglementation, les fournisseurs de services et les gouvernements doivent travailler ensemble à une autre solution. En Australie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, des options et des processus traitent de certaines de ces questions qui font en sorte que nos options actuelles sont incomplètes.

Dans un premier temps, les régimes de retraite doivent être conçus de façon à offrir la gestion des retraits, la protection contre le risque de longévité, l'accès à des sommes forfaitaires, la protection contre l'inflation et des options par défaut. Les régimes devraient aussi comporter quelques-uns des éléments qui aident les retraités à prendre des décisions en matière de placement lorsqu'ils en sont encore à épargner, comme un choix limité, de faibles coûts, des options par défaut pertinentes, des caractéristiques automatiques et des communications claires. Ces éléments devraient guider les retraités et non les obliger à prendre certaines décisions. Les options collectives liées à ces options produiraient de meilleurs résultats.

Améliorer la communication sur les coûts et offrir aux employeurs une protection de responsabilité assureraient aux retraités de meilleurs choix et de meilleurs résultats.

Les options de revenu de retraite actuellement offertes par des conseillers assurent des services individuels, la liberté et la flexibilité, mais elles peuvent être coûteuses. De plus, la plupart des employeurs hésitent à offrir des options de décaissement par défaut ou une assistance aux retraités sans protection de responsabilité. Améliorer la communication sur les coûts et offrir aux employeurs une protection de responsabilité assureraient aux retraités de meilleurs choix et de meilleurs résultats.

Les régimes collectifs permettraient aux retraités d'accéder à des fonds et à des outils qui leur sont familiers, de mettre en commun les risques liés à la retraite et de profiter d'économies d'échelle. Mais ces régimes doivent aussi être conçus et appuyés dans un cadre réglementaire qui reconnaît ce qui suit :

i) les retraités disposent souvent d'autres actifs que les prestations de l'État et de l'employeur, tels que des maisons, des héritages et des économies personnelles; et ii) la protection contre le risque de longévité est également nécessaire.

Notre gouvernement et le secteur des services financiers ont fait un travail extraordinaire en élargissant l'utilisation et le succès des régimes de retraite. Toutefois, nous devons apporter des améliorations en ce qui concerne le décaissement de l'épargne-retraite. Il est temps d'agir conjointement avant qu'un petit problème ne devienne grand au cours de la prochaine décennie.

L'ACARR est un organisme sans but lucratif national qui agit à titre de porte-parole informé des promoteurs et administrateurs de régimes de retraite au Canada ainsi que de leurs fournisseurs de services connexes afin de militer en faveur d'une amélioration du système de revenu de retraite au Canada. Pour obtenir des précisions, consultez Le décaissement, prochaine barrière critique : Améliorations pour les régimes à cotisations déterminées et les régimes de capitalisation.

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