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Y a-t-il un prix politique à payer pour 10 ans de corruption à Montréal?

16/10/2013 12:15 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST

La semaine dernière a été riche en informations nouvelles à propos du financement politique, de la collusion et de la corruption. Les faits impliquant l'ex-ministre Nathalie Normandeau, l'ancienne Action-Démocratique de Mario Dumont, ou l'ex-maire Vaillancourt ont été accueillis avec un haussement d'épaule résigné chez les citoyens. On les sent las d'entendre parler de corruption, semaine après semaine, comme un supplice de la goutte qui n'en finit plus. Pourtant, ils sont à moins de trois semaines de pouvoir enfin envoyer un message politique très fort en renvoyant chez eux, lors d'élections municipales historiques, ceux qui ont organisé ou profité de systèmes de financement illicites.

Ce qui surprend le plus, c'est la facilité et la désinvolture avec laquelle certains réussissent à se dissocier des systèmes de financement électoral illégal et des actes de collusion et de corruption qu'ils sous-tendent. La liste des justifications apportées par les acteurs politiques municipaux pour expliquer pourquoi ils ne doivent pas être blâmés pour les systèmes de financement illicite qui les ont portés au pouvoir est longue. « Je ne savais pas. » « Ce n'était pas moi, c'était eux ». « Tout le monde le faisait ». « Je n'avais pas le choix ». « On ne peut condamner tout le monde pour quelques pommes pourries. » (je vous invite à ajouter vos propres perles dans la section commentaire).

Évidemment, tous ont droit à la présomption d'innocence devant la loi et personne ne peut être condamné par association. C'est pourquoi Gérald Tremblay a pu demeurer maire malgré les arrestations au sein de son administration, et que Michael Applebaum a pu lui succéder... jusqu'à ce qu'il soit arrêté. C'est ce qui a forcé Québec à mettre Laval en tutelle. Ceci nous amène à poser une question : y a-t-il un prix politique à payer pour avoir été élu au sein de formations politiques qui pratiquaient le financement illégal ?

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Cette question est fondamentale à Montréal où 46 conseillers et maires élus sous la bannière d'Union Montréal en 2009 briguent à nouveau les suffrages. Ainsi, le 4 novembre, Montréal pourrait réélire sous de nouvelles bannières les deux tiers de l'équipe d'Union Montréal, entachée du plus grand scandale de corruption de l'histoire de la ville. La probabilité d'une telle situation est renforcée par le fait que près de la moitié de ces anciens membres d'Union Montréal (22 candidats) se présentent cette année sous la bannière d'équipe Coderre pour Montréal, le parti qui est en tête dans les sondages. Huit se présentent sous la Coalition Marcel Côté et 16 sous des bannières locales ou à titre d'indépendants.

Tout cela se déroule à moins de trois semaines d'une élection où les Montréalais auront pour la première fois la possibilité de sanctionner politiquement les candidats issus d'Union Montréal pour avoir porté atteinte à l'intégrité de leur ville. Se contenteront-ils d'un haussement d'épaule, ou mettront-ils le pied à terre une bonne fois pour toutes ?

Espérons qu'ils voteront en masse pour se faire entendre et qu'ils éviteront de redonner un chèque en blanc à ceux qui ont profité de leur confiance.

Notez que ce billet a été modifié puisque la liste des donateurs de Coalition Marcel Côté est en ligne depuis une semaine et celle d'Équipe Denis Coderre depuis le 2 octobre. Mes excuses à ces formations politiques pour ces erreurs.

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