Kareem Abdul-Jabbar

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«Girls» just want to have fun

Publication: 01/02/2013 10:38

De toute évidence encore chamboulée d'avoir gagné plusieurs Golden Globes, Lena Dunham, créatrice/scénariste/réalisatrice/star de la série Girls diffusée sur HBO, a récemment accordé une interview dans laquelle elle a rejeté les critiques émanant principalement d'hommes de 58 ans ne comprenant pas - si je lis entre les lignes et reformule - l'originalité et l'exubérance de la série.

Plutôt étrange quand les "hommes blancs de plus de 50 ans" représentent 22% de l'audience de la série, d'après le magazine américain Vulture. En fait, 56% du public qui regarde le programme sont des hommes. Certains diront que cela s'explique par les scènes de nudité et de sexe fréquentes. Ça ne fait pas de mal, c'est sûr. Mais l'atout majeur de Girls est sa tentative infructueuse de devenir un symbole générationnel comme l'ont été des romans comme L'Attrape-cœurs, Go Tell It on the Mountain, Les Nus et les Morts, Sur la route, Generation X, Le Club de la chance, Esclaves de New York, Moins que zéro ou Journal d'un oiseau de nuit.

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Girls veut nous dire quelque chose d'important en ce qui concerne les femmes d'une vingtaine d'année du 21eme siècle. Et, en tant qu'anciens de notre société, nous devrions toujours écouter ces voix nouvelles qui cherchent à se faire entendre.

Mais qu'est-ce qu'elles nous racontent au juste ?

1. Que leur monde est blanc comme neige

La série a été critiquée l'année dernière car elle était trop "blanche". D'une blancheur telle que regarder une saison entière pouvait vous rendre aveugle. Cette saison, un personnage noir met les pieds dans ce ghetto blanc le temps d'avoir un rapport sexuel et de confier son désir de vivre des relations plus sérieuses. Un vibro noir aurait fait le même effet et aurait couté moins cher à la production.

Je ne pense pas que les personnes de couleur, les préférences sexuelles ou les genres doivent tous être représentés dans les séries. Si l'histoire requiert un personnage noir, alors tant mieux. Sinon, tant pis: il ne faut pas faire de la diversité à tout prix. À l'inverse, un programme dont le décor est un quartier noir ne nécessite pas obligatoirement des personnages blancs. En ce qui concerne Girls, on ne peut pas nier que la production ait fait un effort, mais c'est comme cela qu'on le ressent : un effort, rien de plus.

2. Que les personnages aiment parler de sexe

C'est comme une liste que l'on peut cocher au fur et à mesure pour s'assurer d'émoustiller le public: masturbation (ok), rapports pendant les règles (ok), rapports oraux (ok), rapports anaux (ok), virginité (ok), etc. C'est dans ces moments délicats, gauches et embarrassants (pour les personnages) que la série est en fait la plus intéressante. Les héroïnes parlent souvent de sexe avec assurance et fierté mais leurs actions sont souvent timides et décevantes.

Voilà ce qu'il y a de nouveau, d'original et de pertinent en ce qui concerne cette génération: le contraste entre ce qui lui a été appris en matière de sexe (que tout est à peu près possible et qu'il faut prendre cela à la légère) et la façon dont elle vit sa sexualité (avec une certaine vulnérabilité).

Le billet de Kareem Abdul-Jabbar se poursuit après la galerie photos

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3. Que les personnages sont trop complexés, trop cuculs et pas si drôles

Nous sommes censés trouver ces filles charmantes à cause de leurs imperfections. Leur égocentrisme intense est censé être mignon et c'est le cas... parfois. Mais cela ne parvient pas à compenser notre agacement face à leur incapacité à être perspicaces. Elles sont toutes éduquées mais complètement ignorantes.

Tout cela n'est pas entièrement la faute de Girls. Ce ne serait pas très honnête de faire porter un tel fardeau à ce qui n'est en fait qu'une sitcom classique. Un des responsables est le public : tellement désespéré de voir sa génération représentée, il se tourne vers une sitcom au lieu de s'essayer à la littérature de qualité. Le travail de la cinéaste et écrivain (et fan de Lena Dunham) Miranda July ressemble plus à cet emblème tant recherché, entre De Grandes Espérances de Dickens et la crise économique de 2008.

Autre élément : quand la série se prend au sérieux, elle se prend les pieds dans le tapis. Je voudrais seulement que le sérieux s'exprime à travers plus d'humour. La série Seinfeld s'efforçait de tourner en ridicule la superficialité et l'égocentrisme de ses personnages, l'élevant ainsi au niveau de critique sociale. Et c'était drôle. Les deux autres séries centrées sur des filles à avoir atteint une qualité similaire sont Angela, 15 ans et Wonderfalls. Toutes deux drôles mais à la fois originales et pertinentes. C'est peut-être pourquoi elles n'ont duré qu'une saison puis sont devenues cultes. Girls, plus timide, a quant à elle déjà été renouvelée pour une troisième saison.

4. Que les mecs sont plus intéressants que les filles

Adam, le copain caustique de Hanna (Lena Dunham), est un personnage extraordinaire dont la bizarrerie n'entache en rien la profondeur. L'épisode dans lequel il s'essaie au one-man show est excellent. Charlie, l'ex de Marnie, est un savant mélange entre le garçon trop stable et le garçon trop gentil. Le fait qu'il se fasse larguer par une fille qui se trouve être plus ennuyante et plus superficielle qu'elle le prétend, permet une critique sociale très intéressante, bien que cela ne soit probablement qu'accidentel. Lena Dunham serait-elle plus douée pour écrire les rôles masculins que les rôles féminins ?

Quoiqu'il en soit, les intentions de Girls sont bonnes. La série aspire à aller au-delà des apparences et parfois elle y parvient. Cette saison, la série s'exprimera peut-être avec plus de force, plus de clarté et aura peut-être plus à raconter. Cela vaut la peine de l'écouter.

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