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L'ONU célèbre la Journée de Solidarité avec la Palestine

25/11/2014 10:32 EST | Actualisé 25/01/2015 05:12 EST

Les parlementaires de divers pays ont exprimé leur soutien à la création d'un État palestinien viable et ont appelé à la désescalade de la violence lors de la célébration de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien au siège des Nations Unies à New York le 24 novembre 2014.

La réunion a porté sur « le rôle des parlementaires quant au respect du droit international ». Le Comité des Nations Unies pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a convoqué cette réunion dans le cadre de l'Année internationale de solidarité avec le peuple palestinien. L'ONU célèbre cette journée le 29 novembre - sauf en 2014, car c'est un samedi.

La conférence a commencé par une minute de silence afin de commémorer les nombreux morts lors du récent conflit entre Israël et Gaza.

Détérioration de la situation

« Beaucoup plus [d'efforts] doivent être fournis pour respecter le droit international », a déclaré Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU. « Le droit international est clair », a-t-il ajouté. « Les colonies sont illégales ».

Pourtant, le comité de planification municipale de Jérusalem a approuvé 78 nouveaux logements dans deux colonies israéliennes en Cisjordanie le 19 novembre 2014. Cette décision survient après quelques semaines de violence meurtrière entre Palestiniens et Israéliens, qui a abouti à l'attaque par deux Palestiniens de quatre rabbins et un policier israélien dans une synagogue de Jérusalem le 18 Novembre 2014.

Par ailleurs, Israël a approuvé le 23 novembre 2014 un projet controversé de loi sur la nationalité qui définit juridiquement le pays comme une patrie exclusivement juive. Les adversaires de la loi soulignent le fait qu'elle érode le caractère démocratique de l'État d'Israël. Ils affirment également que certains mots de la loi sont racistes et illégaux.

M. Ban a, en outre, condamné les roquettes du Hamas sur les civils israéliens ainsi que « la destruction » de l'armée israélienne de la bande de Gaza lors du récent conflit. « Les extrémistes des deux côtés dictent l'ordre du jour », a expliqué M. Ban. Il a aussi déploré le fait que « les peuples de la région sont en train de perdre tout sens de connexion, tout sens d'empathie, tout sens de compréhension mutuelle de notre humanité commune. »

« Israël a déclenché la guerre, une guerre raciste et a ignoré la solution à deux États », a déclaré M. Ahmed Fathalla, observateurs permanent de la Ligue des États arabes. Il a lu un message du Secrétaire général de la Ligue. Il a ajouté qu'Israël ne tenait ni compte de l'opinion publique internationale ni du droit international en commettant des « crimes de guerre et un génocide. »

Large soutien à un État palestinien

Le comité des Nations Unies pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a également signalé plusieurs développements positifs en faveur de la création d'un État palestinien indépendant. M. Fodé Seck, président de la commission, a souligné l'importance du mouvement international de reconnaissance d'un État palestinien. À ce titre, la Suède est devenue en octobre 2014, la 134e nation au monde à soutenir la création d'un État palestinien.

M. Seck a, de même, mentionné que l'Autorité palestinienne avait rejoint la Convention de Genève - une série de traités internationaux fondamentaux qui régit les règles de la guerre et les occupations militaires - ainsi que 14 autres accords internationaux en avril 2014. « Ceci est un pas historique et tant attendu à l'heure du harcèlement et de la violence continus des colons israéliens et des forces militaires contre les civils palestiniens, » a-t-il dit.

« Est-ce qu'Israël, puissance occupante, comprend tous ces messages? » a demandé M. Riyad Mansour, Observateur permanent de l'État de la Palestine à l'ONU. Il a lu le message du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. M. Mansour a rappelé que l'admission d'Israël à l'ONU en 1949 s'accompagnait d'un engagement à respecter la résolution 181 sur la partition de la Palestine ainsi que la résolution 194 sur l'initiative de paix et le droit au retour des réfugiés palestiniens.

« Malgré tous les défis, les difficultés et les revers, nous continuons d'avoir la foi et l'espoir qu'une juste paix puisse être atteinte dans notre région et que la vérité prévale », a déclaré M. Mansour. Il a, par ailleurs, déploré la « judaïsation de Jérusalem-Est », en particulier la mosquée Al Aqsa et Haram Al Sharif (le Mont du Temple) - deux sites sacrés pour juifs et musulmans. M. Mansour a dit qu'Israël se comportait « comme si c'était un État au-dessus de la loi. »

« Il s'agit, pour les peuples de la région, de se mettre d'accord leur structure politique et de leur manière de gouverner », a déclaré M. Mark Koenig, coprésident du Groupe de travail ONG Israël-Palestine. Il s'est exprimé au nom de la société civile active sur la question de la Palestine. « Néanmoins, la différence quant à l'équilibre des pouvoirs entre l'État d'Israël et la Palestine est un obstacle majeur, » a-t-il ajouté.

Condamnation de l'aide économique

« Le comité spécial a exhorté la communauté internationale à mener dans leur pays respectif des enquêtes transparentes sur les activités des entreprises qui profitent de l'exploitation d'Israël en Cisjordanie », a déclaré M. Palitha TB Kohona, Président du Comité spécial chargé d'enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l'homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés.

Dans une déclaration de juin 2013, le comité avait souligné le devoir des entreprises « de ne pas être complices des politiques et des pratiques qui violent ouvertement les droits des Palestiniens d'Israël. » Les membres avaient alors écouté des témoignages de multinationales qui profitent des colonies israéliennes.

Une étude de 2011 intitulée « Soutien financier à l'entreprise de la colonisation israélienne par des fondations américaines à but non lucratif au cours de 2009 » indique que certaines fondations américaines et organismes de bienfaisance exonérés d'impôt sont responsables de fraude fiscale en raison de subventions accordées à des organisations de colons israéliens.

Les Colonies en Palestine (Settlements in Palestine en anglais), une organisation de surveillance et de recherche, a révélé que des organisations américaines avaient acheminé 274 millions de dollars américains à des colonies israéliennes de 2002 à 2009. Cela s'ajoute aux 600 millions de dollars américains que le gouvernement israélien débourse chaque année afin de soutenir les colonies juives.

Un sujet d'actualité

« Le temps nous est compté », a averti M. Pierre Krähenbühl, Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA en l'acronyme en anglais). Il a expliqué que 65% des réfugiés palestiniens en Syrie étaient déplacés ou étaient devenus réfugiés pour la deuxième fois dans les États voisins. « Fuir le conflit en Syrie est devenu plus dangereux, car les frontières sont fermées, » a-t-il dit.

La situation est d'autant plus désastreuse que UNRWA est confrontée à une grave crise financière qui a entraîné la réduction de services essentiels à des millions de réfugiés palestiniens.

En outre, « le développement durable de l'économie palestinienne est crucial », a déclaré M. Gary Francis Quinlan, président du Conseil de sécurité. Il a indiqué que stimuler l'économie palestinienne pourrait avoir un effet positif sur les négociations de paix.

« Si nous ne parvenons pas à faire notre devoir, l'histoire ne nous pardonnera pas. L'histoire ne nous absoudra pas », a déclaré M. Ahmed Fathalla, Observateur permanent de la Ligue des États arabes. Il a lu un message du Secrétaire général de la ligue. « Il est du devoir du Conseil de sécurité, lequel est chargé de la paix et de la sécurité internationales, de prendre des décisions qui fixeront une date limite pour le retrait de la puissance occupante du territoire palestinien », a-t-il dit.

La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien à l'ONU s'est achevée avec une exposition de photos de réfugiés palestiniens puis un concert du groupe de musique traditionnelle palestinien Le Trio Joubran.

Kamilia Lahrichi est une correspondante étrangère basée en Argentine qui couvre les affaires internationales en anglais, français, espagnol et arabe. Elle est récipiendaire de la bourse de presse de la Fondation des Nations Unies à New York.