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Les juifs d'Argentine expriment leur indignation suite à la mort de Nisman

23/01/2015 11:33 EST | Actualisé 25/03/2015 05:12 EDT

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

La communauté juive d'Argentine est excédée. Près de 200 personnes se sont rassemblées en face du siège de l'Association mutuelle juive argentine (AMIA) le 21 janvier 2015 à Buenos Aires afin de réclamer des clarifications sur l'étrange mort du magistrat juif Alberto Nisman. Celui-ci est décédé, une balle dans la tête, un jour avant de témoigner sur des accusations de connivence entre les gouvernements argentin et iranien pour dissimuler l'attentat contre l'AMIA en 1994, l'attaque terroriste la plus meurtrière sur le sol argentin.

Dans la rue Pasteur du quartier industriel Once, à prédominance juive, les manifestants ont exprimé leur colère et leur frustration face à un acte dit « d'impunité. » Certains hurlaient « assassinat » et « Cristina, assassine » dans la foule, en référence à la possible implication de la présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, dans la mort de M. Nisman.

Le magistrat s'apprêtait à incriminer publiquement la présidente devant le Congrès après une enquête de plus de 10 ans sur l'attentat de la AMIA et celui de l'ambassade d'Israël en Argentine en 1992.

Léonardo Jmelnitzky, président de la AMIA, a rendu hommage à M. Nisman. « Encore une fois, la mort. Encore une fois, le sentiment d'impuissance. Encore une fois, une famille brisée, deux filles qui vivront sans père, une mère qui pleurera pour toujours pour son fils », a-t-il souligné. « Presque personne ne s'est souvenu d'eux lors de ces dernières heures car les mesquineries politiques ont tendance à faire oublier les gens », a ajouté M. Jmelnitzky.

Dans la foule de manifestants exaspérés, certains ont également dénoncé un antisémitisme croissant en Argentine, qui abrite la communauté juive la plus importante d'Amérique latine.

Ce reportage photos met en lumière l'exaspération de citoyens face à ce qu'ils appellent un complot politique.

Affaire Nisman: la marche du silence à Buenos Aires

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