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Le monde à côté

16/11/2014 07:56 EST | Actualisé 16/01/2015 05:12 EST

Je projette, quant à moi, une certaine opinion sur ce "monde à côté" d'aujourd'hui, caractérisé non seulement par ses mutations incessantes, mais aussi à travers la "conjoncture" : ce mot à maux, modelé par les politiciens au gré des humeurs et des situations, embrigadant cette génération dans les espoirs sans lendemain, et des promesses à vau-l'eau. Ce "monde à côté" n'a pas juste un arrière-goût de l'inachevé, il s'émeut dans une orbite où le maître mot est désormais : Avenir.

Ce "monde à côté ", est tributaire de la folie des hommes. Or, de ceux et celles qui réclament de la justice sociale, qui militent pour des droits spoliés, qui ne sont plus capables de dormir à force de crever de faim, il n'en demeure qu'une seule vérité, celle des intérêts des groupes qui bâtissent des fondations pour mieux générer des profits. Les vraies causes drainent à peine de l'intérêt par rapport à certaines causes, les revendications légitimes passent pour être une litanie aux yeux de ceux qui gouvernent ce monde. Oui, tout le monde rêve à son printemps. Tout le monde rêve de plonger dru dans un bouquet de fleurs et de ne s'y réveiller que plus tard, pourvu de se tailler en primeur l'arôme de la sainte liberté!

Il y a eu le printemps arabe, un réveil impromptu. Tant qu'à faire, on vit à bon escient que le printemps ne resplendit pas juste avec des fleurs, mais avec des ajoncs aussi. Les barbes hirsutes ont jalonné les parterres politiques et les fontaines de sang n'en finissent pas de mariner les places publiques. Les jeunes ne désespèrent pas de dresser un jour un dôme à la mémoire des héros instigateurs, ils ne cessent de valider qu'une mort digne ait des arômes de printemps, et qu'elle soit désormais un tremplin nécessaire pour permettre aux générations futures d'espérer des sociétés meilleures.

Et il y a eu aussi les autres qui voulaient faire pareil, écoeurés d'endurer le chômage dans une époque où la dignité est devenue un viatique dans le marché. Ainsi, de par les crises en Europe qui fructifient le désespoir comme une monnaie de change, et de par les résistances des pays de l'orient qui ne doivent plus trouver anormal qu'on pompe leurs ressources, une armée saugrenue du nom de l'État islamique (EI) a giclé dans l'échiquier politique, par un scénario tronquée pour des fins de propagande d'épuration et de résistance contre la pègre dictatoriale, des trimardeurs fous furieux de l'Islam, et qui ne continuent de jurer que par les décapitations organisés, une armée de bien heureux, fiers de figurer sans scrupules en vendus de l'autre bord, déterminés à finaliser le plan de la dissolution des pays arabes en petits états fantoches, vendus à ceux-là mêmes qui ont liquidé une majorité de leaders qui ont osé rêvé de justice dans le monde, vendus à ceux-là mêmes qui continuent de les considérer comme un investissement rentable pour asseoir leur moralité monétique et apocalyptique dans le monde.

Puis, un détour au Québec s'impose dans cette aspiration commune des peuples à la liberté! Après les remous des accommodements raisonnables, il y a eu, entre autres, les revendications des étudiants à l'annulation des droits de scolarité, cela s'étendit jusqu'aux revendications pour un changement radical du système de l'Éducation. De cet air de liberté soufflant partout dans les rues, on vit à quel point certains partis politiques continuaient de caresser au sens du poil les gens en butte à une certaine crispation sociale et identitaire. La fièvre s'est pérennisée au son des casseroles et tout le monde a creusé dans sa cuisine pour faire sortir l'ustensile adéquat ainsi que l'insigne fleuri de la liberté. Dès que le changement vint, le nouveau parti en question tenta d'inséminer une charte de valeurs, au nom d'une certaine restriction des libertés du port des signes religieux entre autres, mandatée par le principe de la neutralité, ce qui divisa de tous bords politiques et familles. Tout cela fit sortir de leur tanière certains thuriféraires du fait identitaire, en dents de scie, et la première ministre du Québec fit épargner à peine le jour même de son élection. Les égarements se sont étendus à travers les attentats au Québec et à Ottawa par des intégristes convertis à l'islam radical, égarés au cénacle de la malvi, et surtout voués à cette idéologie belliqueuse de saper le moral du mécréant, musulman ou non, tant qu'il est en vie.

Bref, dans ce "monde à côté", l'étiquette de l'étranger, importé d'ailleurs, se susurre sur le dos. Les enfants des générations "double citoyenneté" grandissent dans le tiraillement de deux cultures, quant à leurs parents, ils végètent dans la résignation des inquiets, blasés de buter contre ce rempart qu'est "l'intégration", ce mot fanfaron qui les discrédite au moindre faux pas. Quant à ceux qui, de par le monde, continuent de croire à l'interculturel comme issue salvatrice contre les maux de la xénophobie et de la marginalisation, ils ont beau exprimé la fierté de leur double citoyenneté, mais cette fierté n'a décidément pas le panache de certains autres types de fiertés qui défilent annuellement dans les rues de certaines métropoles, et ce dans la profusion des biceps à l'eau de rose.

Dans ce "monde à côté", faire sa part est devenu l'argument phare. Le statu quo politique devient une victoire sur les bilieux de l'ordre mondial, et la rectitude politique, l'ennemie mortelle de la culture et ses consorts. Bref, un parterre à pomper ailleurs, dans une terre promise, a plus de valeur qu'un enfant qui pleure sous les bottes d'un soldat hargneux. Une condamnation juridique vite arrangée pour des intérêts politico-économiques a plus de contenance que de construire un jardin ou une école en Afrique.

N'allez pas croire que je verse dans une vision pessimiste qui risque de contaminer tout ce qui bouge, ma vision est juste dictée par "la conjoncture". Et si je fais donc acte, c'est tout simplement à l'honneur du renouveau, celui rêvé par des gens ordinaires, citoyens du monde, défenseur des libertés. Mon "monde à côté" est celui porté vers une nouvelle génération qui veut faire les choses à sa façon, qui veut rêver selon ses standards, et ne pas l'écouter est déjà une oppression à l'humanisme. Le droit à la vie n'ampute pas le droit au rêve, et comme disait Brel : Le seul fait de rêver est déjà très important, alors l'avenir n'appartient-il pas aux rêveurs?

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