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L'écrasement du vol 459, vu par l'auteure Claudia Larochelle

23/09/2014 10:52 EDT | Actualisé 23/11/2014 05:12 EST

À la suite du succès de la série L'Orphéon qui réunissait cinq auteurs de talent, VLB éditeur recrée l'expérience autour, cette fois, d'un même événement : l'écrasement d'un avion au-dessus de l'océan Atlantique. Chacun des quatre titres peut être lu séparément, que ce soit Elle était si jolie, de Pierre Szalowski, Fleur de cerisier signé par Aline Apostolska, S.A.S.H.A. de Martin Michaud ou encore Les îles Canaries de Claudia Larochelle. Pour cette chronique, il sera question du premier roman de l'auteure du recueil de nouvelles Les bonnes filles plantent des fleurs au printemps paru chez Leméac en 2011.

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Au cœur de ce livre, on découvre l'entourage de Louisa Vanier, une agente de bord, une épouse et une mère, disparue dans le crash du vol 459 en partance de Paris. À travers les yeux et le cœur endeuillé des personnages, les secrets de cette femme sont peu à peu dévoilés. La perception de chacun est différente, mais un thème est récurrent : le besoin de liberté de cette mystérieuse femme.

Certains doutent de la sincérité de cette dernière. À cet effet, sa meilleure amie s'interroge: « En repensant, je me demande à quel point mon amie a été franche et sincère au fil des ans. Quelle place réelle notre amitié a-t-elle occupée pour qu'elle évite de se confier à moi à ce sujet? » Un autre lui en veut. Il dit: « Ce qu'elle serait fière de voir tous ceux qui la cherchent et la pleurent en attendant qu'on retrouve son corps... Nul n'oserait jamais ternir sa parfaite image lisse de femme élégante. » Certains se rappellent des souvenirs, d'autres espèrent son retour...

La force de ce livre, à mon sens, en plus de l'aspect bouleversant de l'histoire, c'est de pouvoir avoir accès aux souvenirs et aux perceptions des gens qui restent. Cela ajoute sans contredit un caractère intimiste au roman. On comprend, à la lecture de ce livre, qu'il y a autant d'impressions qu'il y a d'individus.

Bref, Les îles Canaries nous offre un voyage tantôt poignant, tantôt intrigant. Il rappelle tristement qu' « un jour, les gens ne rentrent plus au bercail, laissant leurs proches dans l'attente d'un bruit familier des clés qu'on lance sur le meuble du hall d'entrée. Quand ils en ont assez d'attendre et de pleurer, ils se relèvent et continuent, un peu plus brisés, moins jeunes, avec la force des guerriers. »

L'auteure : Claudia Larochelle est journaliste et animatrice de l'émission LIRE sur les ondes d'ArTV. Elle a collaboré à quelques collectifs dont Miroirs paru chez VLB éditeur en 2013.

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