Julie Niquette

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Je me souviens ou l'œuvre d'un auteur à la plume intelligente, efficace et vive.

Publication: 13/09/2012 16:35

D'entrée de jeu, je dois me confesser : c'était la première fois que je lisais du Martin Michaud.

Évidemment, j'en avais déjà entendu parler. Il faudrait n'avoir aucun intérêt pour ce type de littérature pour ignorer l'existence de celui que l'on reconnaît comme l'un des meilleurs écrivains de romans policiers québécois.

Dans Je me souviens, l'auteur nous plonge dans une enquête policière surprenante. Le tout se passe à Montréal, tout juste avant noël. Un homme et une femme sont retrouvés morts. Ils ont le cou transpercé, fruit du travail d'un instrument moyenâgeux. Un sans-abri fait des révélations à une policière avant de se jeter du haut d'un édifice. Avant de plonger, il prend soin de laisser tout près les portefeuilles qui appartiennent aux deux victimes. Des histoires cachées et que l'on croyait enterrées refont surface...

Aussitôt le roman entamé, j'ai compris que si la carrière de Martin Michaud comme avocat ou auteur ne lui convenait pas, le métier de scénariste pourrait lui aller comme un gant. Je vous explique. Cet auteur a cette facilité de nous décrire avec précision et réalisme l'environnement dans lequel ses personnages évoluent. Nous nous y sentons presque. Il a cette aisance de nous amener, comme eux, à ressentir quasiment le froid, le vent, la faim, la fatigue qui les affligent et d'entendre la musique qu'ils écoutent. Il a cette capacité de rendre rapidement le lecteur à un moment empathique, frustré, intéressé ou, à un autre, inquiet ou incrédule, à l'instar de ses personnages. Il a cette qualité de faire en sorte que le lecteur se sente rapidement captivé, voire même investi dans cette lecture, dans cette enquête.

Malgré les 634 pages de ce livre, les temps morts sont absents. Comme la vie a horreur du vide, ils laissent la place, pour notre plus grand bonheur, à une intrigue étoffée qui donne à plusieurs moments un sentiment de vérité et de vraisemblance.

Dans Je me souviens, l'auteur prouve qu'il possède un talent indéniable pour tricoter une histoire qui se tient et qui garde le lecteur en haleine jusqu'à la toute dernière page. Il sait également créer des personnages auxquels on s'attache rapidement et qui font sourire souvent : Victor Lessard, sergent-détective, et Jacinthe Taillon, enquêteuse. Tous deux travaillent pour le SPVM. Ce sont des personnages forts et parfaitement imparfaits. Et que dire des autres, dont la présence dans le fil de l'enquête est toute aussi pertinente. Ce sont des personnages humains qui portent en eux un passé qui occupe beaucoup d'espace dans leurs décisions et vient teinter leurs actions, à l'occasion.
En plus de ces références montréalaises, politiques et historiques qui contribuent à interpeller le lecteur et les rebondissements nombreux qui agrémentent Je me souviens, l'auteur fait preuve de philosophie occasionnellement. Par exemple, il écrit : « Parfois, Victor se demandait s'il devait craindre ce qu'il était devenu ou s'il était devenu ce qu'il devait craindre. Son regard se posa sur la feuille de la plante, dans la paume de sa main. Il s'extirpa de ses pensées et revint se fixer dans la réalité. La nature, palpable, dans toute sa simplicité et sa splendeur. Cette nature qui, contrairement aux humains, ne le décevrait jamais. (p.630)»

Bref, tout est là. Je me souviens, c'est 634 pages d'émotions et de suspense. Avec ce roman policier, Martin Michaud nous rappelle que tout finit toujours par se savoir...

L'auteur :
Martin Michaud est auteur, avocat et musicien. Il est l'auteur de Il ne faut pas parler dans l'ascenseur et de La chorale du diable, deux romans qui ont connu un succès fulgurant. Ils sont parus aux Éditions Goélette. Il a obtenu le Prix Saint-Pacôme du roman policier 2011 et le Arthur-Ellis Award 2012. Pour en connaître davantage sur l'auteur ou pour suivre son parcours professionnel, visitez le www.martinmichaud.com.

 
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