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Quel est votre rythme?

05/10/2016 09:53 EDT | Actualisé 05/10/2016 09:53 EDT

Moi, je suis une lente.

Ouep. La fille qui travaille fort, qui est capable de faire du multi-tasking, d'être efficace, performante, j'avoue que la première fois qu'on m'a dit ça, en thérapie, je l'ai pris de travers. Comme si on me traitait de niaiseuse, de pas vite-vite. Mais ce n'est pas ça du tout. Chacun de nous a son rythme qui lui est propre. Les vites, les très-vites, les très-très-très vites, les lents, les ben mollo-chill-relaxes et tous les dérivés entre les 2 pôles.

Dans mon cas, par exemple, j'ai besoin de beaucoup de sommeil. J'adooooore dormir. (Dans une autre vie, c'est clair que j'étais un chat : dormir, manger, se laver, répéter la séquence, le bonheur quoi !) Je suis en quelque sorte l'antithèse de Gregory Charles qui n'a besoin que de 4 heures de sommeil pour être performant. Si par malheur ça m'arrive de si peu dormir, c'est clair que je bougonne le lendemain et qu'il y a de fortes probabilités que ça se termine en pleurant. Pour rien. Parce que je suis trop fatiguée. Je dors beaucoup donc et je me réveille lentement. Me remets à parler lentement le matin (idéalement après deux, voire trois cafés). Comme si ma machine avait besoin d'une plus longue maintenance que les autres (c'est quand même un modèle 1974 !) et que ça lui prenait plus de temps à se décrasser.

Au niveau des émotions, c'est la même chose. En fait, réussir à mettre les bons mots sur ce que je ressens, à identifier ce qui se passe en moi, ça me prend du temps. J'suis une émotive pure. Ça monte d'un coup : la tristesse, la colère, la joie, la peur. Je vais plaquer du cou, avoir un nœud dans le ventre, des papillons, tout le kit. Mais avant de comprendre ce qui m'arrive et pourquoi je me sens tout croche, ça peut prendre du temps. Je dois décanter. Les émotions doivent se déposer en moi, le temps que mon corps et ma tête les analysent.

julie belanger

Et gare à vous si vous osez me brusquer ! Oh My God. Très mauvaise idée. Y'a rien qui me tape plus sur les nerfs que quelqu'un qui me bouscule. Qui trouve que je ne vais pas assez vite pour lui. Que je dois me dépêcher, précipiter les choses, pour aller à sa vitesse à lui... Ça m'énerve ! Avis à tous les Speedy-Gonzalez-wannabe qui me lisent en ce moment : y paraît que c'est à vous, les vites, que revient la tâche de respecter le rythme des lents. Pas moi qui le dit, ce sont les psychologues (pis ça fait ben mon affaire, je l'ai retenue celle-là !)

Donc moi, me faire poser dix mille questions en me levant (T'as bien dormi ? Qu'est que tu as fait hier soir ? C'était le fun ? Avec qui ?... J'sais pas pourquoi j'ai un souvenir de l'adolescence et de ma Maman adorée ici 😊 ) me faire imposer un rythme qui n'est pas le mien, c'est la confrontation à coup sûr. Et c'est vrai dans toutes les sphères de ma vie.

En amour aussi, c'est important de respecter le rythme de l'autre. Dans mon couple, ça arrive que mon chum et moi n'ayons pas le même. Parfois, suite à un malentendu ou une chicane, alors que j'ai enfin trouvé les bons mots à mettre sur les émotions et que je suis prête à régler le dossier, je dois attendre que lui me donne le go. Ou l'inverse, il veut parler et je ne suis pas prête. Pas le choix d'attendre dans ce temps-là. Pourquoi ? Parce que sinon ça bloque, ça gèle. Comme si on n'avait pas eu le temps de mûrir l'information, digérer tout ça et mettre de l'ordre dans notre tête et notre cœur... Le fruit de la réconciliation n'est pas encore mûr.

Alors voilà. Une fois qu'on a compris ça, ça évite bien des confrontations inutiles. L'autre n'est pas prêt à parler ? Faut être capable de respirer par le nez et d'accepter d'attendre qu'il soit prêt.

Sur ce, je vous souhaite une bonne journée... à votre rythme!

Ce billet a également été publié sur le blogue personnel de Julie Bélanger.

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