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Un plan durable est nécessaire pour la production de livres accessibles

13/06/2017 09:24 EDT | Actualisé 13/06/2017 09:24 EDT

Tout le monde a le droit de lire. Peu importe où nous habitons, nous avons tous le droit de lire et de consulter de l'information pour nous sentir vraiment inclus dans notre collectivité, notre société et notre culture.

Le problème réside dans le fait que le droit à la lecture n'est pas défendu de façon universelle. En 2017, les Québécois qui ne peuvent lire les imprimés, comme les personnes aveugles ont encore un accès très restreint aux livres.

Plus de trois millions de Canadiens ne sont pas en mesure de lire les imprimés conventionnels en raison d'un handicap. Ces personnes comptent sur les médias substituts comme le braille, l'audio et le texte électronique accessible pour être capables de lire des livres, des journaux et d'autres contenus publiés qui constituent un instrument d'alphabétisation vital, et leur permettent de s'instruire, de travailler et de participer à la vie communautaire.

Chaque année, plus de 5000 nouveaux romans et ouvrages généraux sont publiés au Canada, mais la loi n'oblige pas les éditeurs canadiens à offrir ces livres en médias substituts.

Chaque année, plus de 5000 nouveaux romans et ouvrages généraux sont publiés au Canada, mais la loi n'oblige pas les éditeurs canadiens à offrir ces livres en médias substituts. Seule une infime partie des livres publiés au Canada chaque année sont offerts dans ces formats accessibles. Il est regrettable qu'INCA (l'Institut National Canadien pour les Aveugles) demeure le plus important producteur de livres accessibles au Canada depuis près d'un siècle, alors qu'il s'agit d'un organisme de bienfaisance. Ayant des ressources restreintes, INCA ne peut financer à lui seul la production des livres accessibles.

Imaginez ce que ce serait de ne pas pouvoir entrer dans une bibliothèque ou une librairie et prendre n'importe quel livre que vous voulez. Imaginez ce que ce serait d'être au secondaire ou à l'université et de ne pas être capable de lire le manuel qu'on vous a remis. Imaginez ce que ce serait d'entendre vos amis parler du dernier succès de librairie et de savoir que vous êtes incapable de le lire. Ce n'est pas de l'accessibilité. C'est de l'exclusion.

Chaque année, le fossé entre ce qui est offert en imprimé habituel et ce qui est offert en médias substituts s'élargit. Pour que les personnes ayant des limitations fonctionnelles aient une chance égale de réussir, nous devons assurer l'équité de l'accès au contenu imprimé.

Le Canada a besoin d'une stratégie à long terme pour garantir un accès équitable aux livres à tous les citoyens, peu importe leur incapacité. L'idéal serait de constituer un groupe de travail chargé d'établir une stratégie durable pour la production de livres accessibles afin de résoudre le manque d'accessibilité.

Une autre raison de résoudre le problème rapidement découle de la ratification du Traité de Marrakech par le Canada en 2016. En permettant l'échange transfrontière des livres accessibles, sans violation des droits d'auteur, le traité promet d'accroître l'accès aux ouvrages en format substitut partout au monde, tout en augmentant considérablement la disponibilité du contenu multilingue au Canada. Mais sans un plan pour produire de nouveaux titres accessibles à l'intérieur du pays, le Canada pourrait ne pas répondre aux exigences du traité.

J'espère que nous pourrons avoir cette conversation et parler ensemble à notre gouvernement afin de créer une solution pour garantir le respect du droit à la lecture de tous.

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