Cette chronique est une réponse au commentaire d'un lecteur sur ma précédente chronique. Ne vous inquiétez pas, je ne ferai pas cela chaque semaine, mais je me dois de préciser quelques points. Ainsi donc mes maîtres à penser ne seraient pas « valables », sauf Gandhi. Très bien cher ami. J'accepte la critique. Vous avez entièrement le droit d'être en désaccord avec moi, liberté d'expression oblige, cependant ça ne veut pas dire que vous ayez raison.
Sur certains sujets, les opinions se valent. Si vous préférez Wayne Gretzky à Mario Lemieux, si vous préférez Rihanna à Beyoncé, ou si préférez le chocolat à la vanille, qui pourrait, rationnellement, s'opposer à une telle prise de position? Dans d'autres cas, ce n'est pas vrai que toutes les opinions se valent. Nier ainsi la contribution historique des révolutionnaires mexicains fait la preuve, soit d'une méconnaissance totale de l'histoire de ce pays, soit d'une malhonnêteté évidente. Dois-je vous rappeler que c'est grâce à ces gens et à leurs actions que le Mexique a pu se sortir d'une dictature de plus de 30 ans communément appelée « Porfiriat ». Qu'est-ce qui n'est pas valable là-dedans? La réforme agraire qui devait aider les paysans à vivre enfin décemment? Il aurait fallu que ces types restent assis, baissent la tête et continuent de se faire saigner à blanc par le pouvoir en place?
Et que dire de Thomas Sankara. Probablement l'un des plus grands hommes d'État africain, assassiné par son meilleur ami, Blaise Compaoré, supporté par la France, qui règne sur le Burkina Faso depuis 1987. Qu'a donc fait Sankara pour ne pas avoir le droit d'être valable à vos yeux? Tenter de trouver des solutions pour sortir de la faim l'un des peuples les plus pauvres du globe, ce n'est pas valable? L'autosuffisance alimentaire, est-ce valable? Les réformes qui permirent l'émancipation des femmes, est-ce valable? La réduction des privilèges pour les élus, remplaçant par exemple les Mercedes de fonction par des voitures plus modestes, est-ce valable?
Peut-être que vous avez raison cher ami, peut-être que ces grands hommes ne sont pas valables. Peut-être auriez-vous été d'accord avec moi si j'avais eu pour maître à penser Steve Jobs, Warren Buffet, Donald Trump, Martha Stewart, Barrack Obama ou le clown Ronald McDonald. Peut-être que ça vous aurait moins choqué. Désolé, je suis ainsi fait. Je prends le parti des opprimés et non des oppresseurs. C'est pour cette raison que je ne suis pas Américain. Je ne le serai jamais. Je refuse d'être appelé ainsi.
J'ai de la sympathie pour le peuple des États-Unis, mais je déteste ses dirigeants. Je ne déteste pas tout ce qui est Américain, mais je déteste le système qu'ils ont mis en place ( je devrais peut-être utiliser le mot « étatsunien », mais je trouve le mot trop horrible). Je déteste leur star-système, je déteste leur opulence, leur impérialisme culturel, leur arrogance, leur attitude belliqueuse. Désolé, mais les États-Unis n'apportent pas la démocratie à l'étranger, il n'a jamais été question de cela.
Jamais je ne leur pardonnerai ce qu'ils ont fait en Iran en 1953, ce qu'ils ont fait au Vietnam, au Chili en 73, au Congo en 61, au Nicaragua, au Guatemala, en Grèce, en Haïti, à Panama, et j'en passe. Le principe est toujours le même. Lorsqu'un dirigeant n'est pas sous leurs ordres et se met même, ô offense suprême, à court-circuiter leurs compagnies minières, pétrolières ou mêmes fruitières, en nationalisant certaines ressources naturelles, ils se mettent d'abord à le diaboliser à travers leurs médias de masse. Ce qui est ensuite repris par d'autres médias corporatistes du monde entier. Puis ils se donnent la légitimité morale d'intervenir à travers les organismes qu'ils financent et qu'ils contrôlent, l'ONU, Human Right Watch, Reporters sans frontières, le FMI, la Banque Mondiale, qui tous en cœur se mettent à « dénoncer » des violations commises et font pression sur le régime du dirigeant en question.
Techniquement, ils ne sont pas forcés d'intervenir directement, ils peuvent armer et financer l'opposition, ça paraît parfois plus démocratique aux yeux de la communauté internationale. Voilà ce qu'ils avaient tenté une fois de plus en 2002, au Venezuela. Voilà pourquoi j'accorde autant d'importance à cet événement, parce que les Vénézuéliens ne sont pas tombés dans le panneau et ont résisté. Voilà pourquoi mes maîtres à penser sont mes maîtres à penser. Valable ou pas à vos yeux cher ami, mais ils auront au moins le mérite d'avoir résisté à quelque chose, à un ordre établi, à une pensée unique, à une oligarchie en place.
Et en passant, un pays comme les États-Unis, au bord de l'éclatement social et où règne un tel niveau d'inégalité, ne devrait plus jamais être mentionné comme un exemple de réussite. Soyons cohérents.
PS. Si le sujet du coup d'État manqué de 2002 vous intéresse, il existe un très bon documentaire intitulé « La révolution ne sera pas télévisée ». https://www.youtube.com/watch?v=ElCkAgUx7og
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Question de choix.
En passant, n'eut été de Steve Jobs et Bill Gates, vous n'auriez certainement pas pu écrire et transmettre votre chronique par votre clavier made in communist China.
Il faut connaître un peu l'histoire pour comprendre comment les Étasuniens en sont venus à s'appeler Américains. Ce n'était pas par chauvinisme ni par ignorance. Après la rébellion des treize colonies et l'établissement de la république des États-Unis d'Amérique, ses habitants étaient le seul peuple du Nouveau-Monde à ne pas être sujet d'un pays colonial d'Europe (France, Angleterre, Espagne ou Portugal). Ils se sont dit Américain pour marquer leur enracinement et leur différence face aux Anglais d'Acadie et du Canada, aux Français de la Louisiane, aux Espagnols de l'Ouest et des Caraïbes, etc.
JE suis AMÉRICAIN.
Dans les journaux d'Amérique latine on lit régulièrement "Americanos de Mexico", ou "Americanos de Costa Rica", ou Americanos de Estados Unidos. Tous les habitants des Amérique sont des Américains, mais la très grande majorité ne sont pas États Uniens (même si au 19e siècle c'était l'ambition de la Doctrine Monroe).
Tout comme le terme Européen peut désigner aussi bien un Français, qu'un Allemand ou un Roumain. Nul n'est propriétaire de cette appellation.
Ce sont des erreurs que de parler du gouvernement américain si l'on pense au gouvernement des États-Unis (c'est plutôt le gouv. états-unien) et de parler du dollar amricain
Dans tout l'Amérique latine, les Péruviens, les Costa Ricains , les Mexicains, etc. se proclament avec raison Americanos et nomment fort justement les résidents des États Unis , Estadunidenses (c'est à dire États-Uniens).
Euh, vous posez sérieusement la question? Je peux concevoir que Allende était socialiste et que cela vous déplaise, mais tout de même Pinochet était un dictateur sanguinaire qui a fait emprisonner ou exécuter nombre de ses citoyens.
VRAIMENT!
Très bon texte M. c'est un plaisirs de vous lire.
Comme du temps où j'avais un plaisir fou à entendre Michel Chartrand, Pierre Bourgault, Pierre Falardeau sans oublié Gilles Proulx qui a laissé sa place à quelqu'un qui a des croutes à manger avant d'arriver à la cheville de ces hommes que j'ai aimé. Et vous voilà alors que je désespérais.
Bien sûr vous allez rencontrer ou plutôt lire des commentaires qui vous fera dire qu'il y a beaucoup de ti-coune qui réagissent plus avec leurs émotions que le simple gros bon sens.
Un papier qui m'informe, qui m'apprend quelque chose de valable, a tout mon respect.
Lorsque mon fils était était au collège, université, je lui répétais toujours, si tu donnes ton opinion, assures toi d'avoir les arguments pour ceux qui ne seront pas d'accord avec toi, parce que tu vas avoir l'air fou pas à peu près. Aujourd'hui il est en 4e année posdoctorale en science neuro. et il me disait à Noel qu'il n'a jamais oublié tellement je lui avait répété ce qui est le gros bon sens.
Votre papier et vlan!!!
Si vous êtes un habitant du continent d’une des deux Amériques, vous êtes un américain et votre thèse anti-étasunien ni changera rien.
Si vous n’êtes pas américain, c’est que vous êtes un habitant d’un des quatre autres continents, vous ne pouvez pas en sortir.
Je suis canadien donc, américain sans avoir aucune affinité de ; goûts, culture, caractères, de langue, etc…., avec les É.U.A.
Le mot américain, désigne l’habitant d’un continent et non l’habitant d’un pays spécifique.
Je crois que M. Jules Falardeau détenant la génétique de feu M. Pierre Falardeau ( père ), un des grands cinéaste-pionniers du Québec, n’a pas besoin de votre aide pour émettre une réplique à mon endroit.
Je vous rappelle cependant que votre interpellation à mon endroit n’a rien de pertinent à mon commentaire initial.
Maintenant, ce que vous auriez du faire initialement, émettez donc une opinion personnelle sur le sujet du billet avant de répliquer sur un commentaire émis, dont vous n’avez rien compris.
Je me rappelle ce mot de Albert Einstein: "Les États-Unis sont le seul pays qui est parti de la barbarie pour passer à la décadence sans passer par la civilisation."