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Les carnets italiens - Première partie

« C'était comment l'Italie?» J'ai un jetlag émotif.

17/10/2017 09:15 EDT | Actualisé 20/10/2017 12:04 EDT
Josée Boudreau

Nous sommes de retour après trois semaines en Italie. J'ai l'impression que ce voyage était le plus beau. Depuis plusieurs jours, je me sens habitée par la sensation que ma vie n'est plus la même. Des mots étrangers me viennent spontanément à la bouche, je continue à dire merci en italien. En contrepartie, j'ai de la difficulté à trouver la réponse lorsque l'on me demande : « C'était comment l'Italie?» J'ai un jetlag émotif

Le coup de foudre a débuté à l'aéroport de Venise. À peine débarqués de l'avion avec nos sacs à dos et nos valises, les yeux remplis du sommeil perdu au-dessus de l'océan Atlantique, nous avons pris place dans un vaporetto, le transport en commun des Vénitiens. La présentation de la ville se fait par voie maritime, un grand coup au milieu de la poitrine sur le Grand canal en se frayant un chemin à travers les gondoles. Mon cœur bat plus vite : je suis en amour.

Je m'accroche un sourire qui se figera pendant 21 jours.

Nous prenons possession de notre chambre d'hôtel à deux pas du pont Rialto. L'énergie revient et nous voilà à la recherche de notre premier repas italien. J'ouvre mon application CityMaps qui nous permet d'avoir accès à une carte de Venise sans branchement Internet. Mon GPS nous guide à travers les rues et les ponts. Nous contournons le marché public et arrivons à la Cantina Do Spade. Cicchetti et vin: il n'y a pas mieux pour s'initier à la dolce vita et au bonheur italien. Il s'agit de petites bouchées de poissons, de légumes et de saucissons. Le vin est parfait. Je m'accroche un sourire qui se figera pendant 21 jours.

L'eau est omniprésente, pas de voiture, seulement des bateaux et l'odeur de l'eau salée. Les célèbres gondoles sont moins romantiques que l'on croirait, souvent à la queue leu leu et rarement avec moins de 4 à 6 touristes. Et puis c'est cher, presque 100 euros pour une balade de 30 minutes à deux au soleil couchant. Mais peu m'importe, se promener main dans la main avec mon amoureux à travers la ville me comble.

C'est étrange, moi qui ai perdu la foi, je suis émue en visitant les lieux de culte italiens.

Nous traversons les rues étroites pour retrouver la place St-Marc, c'est beau et c'est plein de monde, mais comment peut-il en être autrement, les Italiens sont des génies de l'architecture. Nous sommes à court d'onomatopées. Nous payons quelques euros supplémentaires pour accéder au deuxième étage de la basilique, de l'argent bien investi. C'est étrange, moi qui ai perdu la foi, je suis émue en visitant les lieux de culte italiens. En haut, près de la cavalerie, j'aperçois quelques tables sur la place, des gens y boivent des cafés ou des spritz, c'est l'heure de l'apéro.

Nous poursuivons avec le Palais des doges, de style gothique et renaissance, le siège de l'administration vénitienne. J'emplis mes yeux des images de statuts et de tableaux religieux. L'art est partout, comme une façon de vivre.

Une petite virée à Murano pour admirer le verre et une autre à Burano, plus impressionnante avec ses maisons colorées. Mon amoureux remarque que les tours d'ici n'ont rien à envier à celle de Pise et que pour le même prix elles sont plus nombreuses. Ce n'est pas Venise qui disparaît dans la mer, mais ses bâtiments qui s'enfoncent doucement dans le sable des îles.

Nous marchons des dizaines de kilomètres chaque jour et heureux, nous nous perdons dans les petites rues. Je sais maintenant qu'au bout des rues étroites de Venise il y a un Campo, petite place laissant pénétrer le soleil et souvent un endroit stratégique pour converser entre amis. Venise est sublime le jour, mais tellement mystérieuse le soir avec ses ombres projetées sur les vieux bâtiments. Derrière certaines fenêtres près du Grand canal, on entend de la musique, des éclats de rire et on aperçoit la lumière scintillante d'une bougie. Comme j'aimerais être invité à la fête.