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Le PQ n'a pas à avoir honte

25/05/2017 09:50 EDT | Actualisé 25/05/2017 09:50 EDT

C'était prévisible depuis bien longtemps, la très montréalaise formation politique Québec solidaire a rejeté massivement la main tendue par le Parti québécois, et fort de ses deux nouveaux leaders, QS fera cavalier seul afin d'affaiblir le parti de René Levesque pour laisser le champ libre au Parti libéral, et ce, pour le bien-être de son propre ego. Si ce n'est pas de la vieille politique partisane aveugle, je me demande de quoi il s'agit.

Québec Solidaire est à mon sens un parti politique contrôlé par une vision communautariste déphasée avec la réalité québécoise - éliminer les centres commerciaux n'est sûrement pas une priorité pour l'ensemble des Québécois...

Ceci dit, les récents succès de Québec solidaire avec l'arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois et sa montée dans les sondages lui font croire naïvement qu'il pourra remplacer le Parti québécois à gauche et ainsi espérer prendre le pouvoir dans un avenir rapproché.

C'est sûr qu'une bonne guerre civile à gauche pour devenir le «BOSS» va sûrement faire avancer les idées progressistes au Québec et probablement, soulever une vague gauchiste qui déferlera sur l'Amérique qui abandonnera enfin son mode de surconsommation. La réalité est tout autre...

En agissant ainsi et en laissant les partisans montréalais usurper totalement le contrôle du parti, et ce, à l'encontre de la majorité de ses partisans régionaux, Québec Solidaire se tire une balle dans le pied et prouve qu'il choisit paradoxalement son bien personnel au détriment du bien commun.

La balloune des derniers succès solidaires nous fait inéluctablement penser à la fable de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf - les partisans qui souhaitent voir un gouvernement progressiste mettre un frein au néolibéralisme et à l'austérité libérale se rangeront derrière le parti qui a le plus de chance de battre les libéraux et ainsi mettre un terme au cancer rouge qui sévit depuis déjà trop longtemps au Québec, et ce parti, n'est évidemment pas Québec Solidaire...

S'il y avait eu une convergence entre QS et le PQ, les électeurs de Québec Solidaire auraient eu raison de rester avec cette formation afin d'avoir du poids dans un gouvernement de gauche, maintenant, plusieurs déserteront au profit du Parti québécois qui reprendra au fil du temps du galon et Québec solidaire qui est pratiquement absent des régions, retournera en bas du 10% d'appuis, mais nuira encore aux chances du Parti québécois de former un gouvernement progressiste...

C'est bien dommage pour QS, Manon Massé ne provoquera aucune manifestation d'enthousiasme en région et aucune foule ne se déplacera pour aller l'écouter. Je vois d'ailleurs mal les Chambres de commerce régionales organiser un diner-conférence en l'ayant comme invitée spéciale pour nous parler d'économie.

Idem pour Gabriel Nadeau-Dubois qui aurait pu se développer davantage et prendre une place de choix dans un gouvernement de gauche, mais qui devra partager son temps de parole main dans la main avec Manon Massé tout en scandant entre eux: «on est-tu assez bon!»

Jean-François Lisée affaiblit?

Évidemment, plusieurs observateurs voient dans la rebuffade de Québec Solidaire une grande défaite pour le Parti Québécois, et un échec patent pour Jean-François Lisée.

Certes, JFL a connu de meilleurs jours et le coup de poing reçu lui fait définitivement mal. Cependant, le coup en question n'a qu'ébranlé le pugiliste sans pourtant le mettre au tapis.

Le geste a beau l'avoir ébranlé, surtout quand on arrive devant un adversaire avec une main tendue, néanmoins, Lisée a fait ce qu'il fallait faire et maintenant, c'est Québec Solidaire qui passe pour les opportunistes ayant délaissé le pragmatisme pour leur nombril...

Le chef de l'opposition est désormais libre et je suppose qu'il sera beaucoup moins «gentil» avec les solidaires. Rien n'est encore joué...

Le chef de l'opposition est désormais libre et je suppose qu'il sera beaucoup moins «gentil» avec les solidaires. Rien n'est encore joué...

GND et Manon Massé qui ont bénéficié d'un traitement de faveur dans l'arène politique vont peut-être se rendre compte qu'en politique, les coups ne sont pas toujours annoncés. La dure réalité politique va les rattraper...

QS et Option nationale

Québec Solidaire, en plus de rejeter le PQ, a tendu la main à Option nationale afin de fusionner avec eux. WOW!

C'est comme si tu avais besoin d'un investisseur pour te lancer en affaires dans une entreprise de plusieurs millions de dollars et que tu tassais volontairement un investisseur avec beaucoup de moyens pour demander à ton beau-frère qui travaille à son compte dans une petite PME d'investir 10 000 $ en pensant arriver à tes fins... Option nationale, ce n'est que du «screening politique.»

Visiblement Québec Solidaire cherche à affaiblir le Parti québécois afin de les remplacer sur la gauche de l'échiquier politique. Cependant, avant qu'il arrive à ses fins, nous risquons d'avoir encore pour fort longtemps, le parti libéral à la tête de notre nation.

Certes, battre les libéraux n'est pas un projet de société, mais laisser les libéraux en place au détriment des acquis sociaux afin de privilégier la privatisation sournoise et le néolibéralisme n'est sûrement pas la voie à suivre...

Paradoxalement, bien que Québec Solidaire dénonce vertement le capitalisme sauvage, le néolibéralisme et la classe dirigeante, il est en fait un des meilleurs alliés pour ces derniers...

Désormais, voter pour Québec solidaire c'est voter pour le Parti libéral!

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