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Séisme

13/01/2015 10:40 EST | Actualisé 15/03/2015 05:12 EDT

12 janvier 2010, 16h53. Un séisme de magnitude 7.3 à l'échelle de Richter s'abat sur Haïti. Plus de 230 000 morts, des centaines de milliers de blessés et un million et demi de personnes sans logis. Encore aujourd'hui, le pays peine à se remettre debout, malgré l'aide internationale sans précédent.

Mais la terre allait, pour moi, trembler une autre fois, quelques heures à peine après cette catastrophe.

13 janvier 2010. J'avais 14 ans à l'époque, j'étais en troisième secondaire. 15h25, je reviens chez moi. J'étais d'une relative bonne humeur ce jour-là, et j'avais hâte de rentrer à la maison. À ce moment, c'était presque rare. Je traversais une période plutôt difficile; ma grand-mère paternelle venait de décéder, tout comme mon grand-père maternel, et mes parents avaient divorcé quelques mois auparavant. Arrivé à la maison, j'ouvre la porte, et ma mère m'accueille, en pleurs. Incompréhension. Je lui demande, doucement puis plus fermement, ce qui se passe. Aucune réponse, elle ne réussit pas à parler. Peur. Elle me tend les bras, et après quelques secondes, elle me chuchote à l'oreille quatre mots. Quatre mots qui résonnent encore aujourd'hui dans ma tête, comme si c'était hier. Quatre mots qui marquent, et que je n'oublierai jamais. «On a perdu Christian». Colère. Tristesse. Effondrement.

Christian. Mon oncle, frère de ma mère. Le parrain de ma sœur. Mon deuxième père. Il avait des problèmes de santé depuis quelque temps, mais sa situation s'était détériorée à la fin de l'année 2009. Il était hospitalisé depuis quelques jours, et toute la famille était très inquiète pour lui. Mais semble-t-il qu'il prenait du mieux. Semblait-il... Christian était un pilier. Un homme droit et fier, que j'admirais et que j'admire encore. Un modèle d'intégrité. Je n'avais que 14 ans, mais il était pour moi tellement important. Il m'arrive souvent de penser à lui et de sourire, en me remémorant son rire éclatant, ses tartes au sucre légendaires, sa moustache bien taillée, et combien d'autres souvenirs inoubliables...

Il m'avait dit, un jour, lorsque j'étais seul avec lui, quelque chose qui m'avait marqué: «Parfois semée d'embûches, la vie nous offre à chaque jour, chaque heure, chaque minute, ses instants de bonheur». Je crois que c'est ce que je retiens de mon oncle. La vie court, elle court, elle bat, elle se vit. «Ses instants de bonheur»... Bonheur d'une vie à deux, là où grandit l'amour. Bonheur d'une vie de famille, d'où jaillit un amour inconditionnel. Bonheur d'une vie avec soi, bonheur que l'on trouve en soi. Tous ces bonheurs qui nous font frissonner le corps et voyager l'esprit, que ce soit un voyage, un paysage, une musique, un sourire ou un souvenir...

La vie est fragile, alors sortez, courez, sautez, dansez. Faites-le dès aujourd'hui, car le jour où cette vie se meurt, elle court, elle bat, elle rie, elle se vit un temps de plus. Il y a un temps pour être triste, mais on ne doit pas laisser cette émotion prendre toute la place. Soyez heureux. Aidez les autres. Vivez le moment présent. Car c'est le seul moment que l'on peut vivre pleinement...

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