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De l'audace pour rassembler le plus de gens possible

01/10/2014 10:47 EDT | Actualisé 01/12/2014 05:12 EST

Le résultat de l'élection du 7 avril dernier a été une véritable douche froide pour les membres du Parti québécois. Un mur a été frappé, et la campagne électorale plutôt décevante n'en est pas la seule cause. Après la défaite, plusieurs ont essayé de mettre le doigt sur les bobos, afin de repartir du bon pied et de reconstruire notre formation politique qui, disons-le, est à un niveau plutôt bas.

Plusieurs raisons ont été avancées, mais le but ce texte n'est pas de définir ce qui nous a menés aux bancs de l'opposition officielle pour quatre ans. Par contre, ce que nous retirons de la défaite que nous avons subie, c'est sans doute le manque d'audace.

En effet, le Parti québécois, depuis sa fondation en 1968 par René Lévesque, a toujours su avoir de l'audace, et c'est ce qui a fait qu'il a été élu toutes ces fois. Les différents gouvernements de notre parti qui ont précédé celui de Pauline Marois ont marqué l'histoire du Québec, de façon grandement positive. La loi 101, la montée spectaculaire de l'idée de l'indépendance, les réformes en culture, en éducation, en agriculture, l'implantation des CPE; tous ces gestes et bien d'autres encore ont fait du Québec ce qu'il est aujourd'hui.

De même, le gouvernement de Mme Marois a eu lui aussi, à sa façon et dans le temps qu'il a eu, son lot de réformes importantes pour notre nation: abandon du nucléaire, électrification des transports, développement de l'éolien et de l'hydrolien, entre autres.

Mais de tous ces projets, il n'y en a pas vraiment qui fut en lien direct avec l'indépendance et l'audace que l'on nous connaît. Et maintenant, ensemble, nous avons le privilège de nous retrousser les manches et de renouveler notre parti. On voit que l'indépendance n'est pas une idée morte; l'Écosse et la Catalogne le démontrent bien.

Il faut alors oser, et, d'abord et avant tout, retrouver le contact que notre parti a toujours eu avec la population. Nos idéaux et projets ont été depuis toujours portés par la société, et le parti est un peu trop éloigné de cette base. C'est la seule façon de réaliser notre but et notre rêve, soit de faire du Québec un pays.

C'est pourquoi, selon nous, membres du Parti québécois de différents horizons, il faut entre autres ouvrir le vote de la course à la chefferie à la population. Cette proposition peut sembler une piètre façon d'essayer de s'ouvrir aux gens, mais c'est plutôt une manière de rallier le plus grand nombre d'indépendantistes derrière le prochain ou la prochaine chef. Il faut savoir faire preuve de courage et oser se réinventer, afin de rassembler le plus de gens possible.

À ceux qui pensent que cette idée enlève le pouvoir aux membres, nous disons qu'être membre, c'est plus que voter pour un ou une chef. Les membres, c'est vrai, sont à la base du parti. Mais l'élection d'un ou d'une chef ne constitue pas le seul privilège de ces membres. Il y a de nombreuses autres façons de militer, de faire avancer ses idées. D'ailleurs, l'une des propositions sur la table présentement est de faire une élection à deux tours: l'un ouvert à toute la population, et l'autre ouvert seulement aux membres. Un compromis satisfaisant, selon nous.

Nous avons l'occasion d'un nouveau départ; saisissons-la et faisons en sorte que nous n'accumulions que des victoires dans les prochaines années.

En terminant, nous croyons qu'il faut regarder l'avenir avec optimisme. Choisissons un ou une chef capable de rassembler tous les indépendantistes, et de communiquer clairement ce que nous désirons comme pays, et osons retrouver l'audace qui nous a menés à de grandes choses dans le passé!

Ce texte est cosigné par Jonathan Gagnon, Joanie Lemelin, Marc André Maltais, Jérome Tremblay, William Fradette et Pier-Olivier Cloutier-Boily, membres du Parti québécois.

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