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Pauline Marois, première ministre: Une victoire de tous les paradoxes

05/09/2012 01:22 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST
CP

«Un mort, huit millions de blessés». J'emprunte cette éloquente métaphore publiée sur Twitter au journaliste Bruno Savard

Un des résultats ponctuels de cette victoire paradoxale: un mort, un blessé grave, une collectivité en état de choc.

Une première dans l'histoire du Québec: une femme première ministre.

Une première dans l'histoire du Québec: un attentat visant, de toute évidence, la nouvelle première ministre et ce qu'elle représente, lors du rassemblement festif suivant sa victoire.

Déjà, on se perd à hue et à dia, en commentaires sur le «tireur fou isolé». Il est tentant de sombrer dans la «folie de la folie». Pour l'instant il s'agit d'un crime, d'un geste violent ayant causé la mort et ayant atteint, gravement, à la relative sérénité d'un peuple qui se croyait différent. Je ne supporte plus ces appels à la «folie solitaire» à chaque fois qu'un homme commet un acte monstrueux...Se pourrait-il que derrière un peuple sain se cache une société malade?

Victoire de tous les paradoxes, parce que cette femme, Pauline Marois, a été élue bien frileusement. Consciente de son pouvoir «précaire», elle vient sur scène, dignement, fêter avec ses supporters, sa victoire de «minoritaire». Des balles sont tirées. Là, soudain, nous prenons brutalement conscience que nous ne sommes plus dans la métaphore.

Victoire de tous les paradoxes, parce que la première ministre est de centre gauche. Et devra composer avec la droite.

Victoire de tous les paradoxes, parce que les Québécois, tout en vilipendant depuis des mois, la «corruption libérale», ont donné presque autant de voies à cette «corruption libérale» qu'au parti élu.

Victoire de tous les paradoxes, parce que le gouvernement Marois est minoritaire en raison du vote souverainiste et du vote de gauche fractionnés.

Hier, dans le salon, chez ma fille, la joie, toute légitime de saluer une première première ministre s'est évanouie dans la tristesse.

La soirée électorale, démocratique et festive, s'est fondue sur des images de gardes du corps, de voitures de police, de présumé agresseur cagoulé couché par terre...

Le plaisir, mitigé mais réel, a été interrompu par la tuerie.

Le champagne a pris un arrière-goût amer.

Attentat contre Pauline Marois


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