LES BLOGUES

Ne laissez pas le passif-agressif vous rendre fou ou folle!

18/08/2016 10:56 EDT | Actualisé 18/08/2016 10:56 EDT

Un comportement passif-agressif est un ensemble d'attitudes qui expriment de manière détournée une hostilité cachée, jamais ouvertement reconnue ou assumée : rancune, frustration, haine, colère, envie...

Une personne passive-agressive exprime de la violence à travers une façade passive, voire masquée de douceur. Si elle a un bouquet de fleurs à la main, attention! Vous risquez de vous déchirer la peau des doigts sur le pot ébréché. C'est la personne qui, tout en vous complimentant, vous défèque imperceptiblement dessus, en oubliant que si ça ne se voit pas d'emblée, ça finit par sentir et par se sentir.

L'individu passif-agressif libère sa rage ou sa frustration (lesquelles ne vous concernent pas) par des paroles blessantes enveloppées dans du papier cadeau, par des insinuations ou des attitudes qu'il niera si vous les relevez. Il prétendra alors avoir été mal interprété, n'avoir aucune arrière-pensée et se présentera comme victime de la violence des autres.

Comment le reconnaître

- Ambiguïté, ou propos ambivalents : on n'est jamais certain de ce qu'il veut dire ;

- Hostilité larvée : sa colère n'est jamais ouverte et limpide ;

- Difficulté avec l'autorité et la saine rivalité ;

- Tendance à créer de toutes pièces des situations chaotiques ;

- Victimisation : il blâme les autres pour ses propres échecs et se pose en victime quand on pointe le chaos qu'il a fabriqué ;

- Ressentiment ;

- Sarcasme : celui-ci est souvent son arme maîtresse.

Enfin, le passif-agressif est l'adepte perpétuel des remarques confuses et des sourires narquois. Son agressivité et son hostilité sont réelles, mais voilées. Il picosse, insulte gentiment, puis esquive la saine confrontation.

Côtoyer un passif-agressif, c'est entrer dans le monde infernal des non-dits, de l'ambiguïté, des formulations cryptées, de l'humour-obus. Si vous êtes comme moi, partisane du franc-parler et de la transparence, faites demi-tour. Le passif-agressif risque de vous pousser à boutte!

Victime ou bourreau?

Selon les experts, le passif-agressif est plus ou moins conscient de son modus operandi. En conséquence, il ne faudrait pas prendre comme des attaques personnelles sa façon déroutante d'être et de communiquer, puisqu'il ne le ferait pas totalement exprès.

Plutôt que de l'assassiner, laissez le macérer dans son magma de malveillance jusqu'à la fin de ses jours, ou jusqu'à ce qu'il se fasse soigner.

Serait-ce un lâche?

On s'accorde à dire qu'il est davantage «coupable» d'immaturité que de lâcheté. Il serait inapte à mesurer l'impact de sa violence larvée sur son entourage et ne connaîtrait pas d'autres manières d'agir. L'une des causes de son attitude s'ancrerait dans son manque de confiance en lui. «Le drame des personnes au narcissisme meurtri est qu'elles n'ont pas les assises suffisantes pour douter d'elles-mêmes sainement, avec assurance», dit Anna Van Stappen, spécialiste de la communication non violente.

La relation avec un passif-agressif est-elle vouée à l'échec?

Si on parle de relations de couple, à moins d'être un saint ou une sainte (si, si, il y en a encore!), oui. Le mieux est de ne pas s'embarquer avec lui ou elle. S'il survient dans votre vie tridimensionnelle ou dans votre vie virtuelle, sous la forme de l'ami Facebook qui vient vous égratigner de doucereuses attaques, flushez-le. Il ne faut pas oublier que les émotions ressenties dans le virtuel sont des émotions réelles, avec des conséquences réelles. Chez le passif-agressif, derrière le sourire en coin et les lèvres moelleuses, il y a de longs crocs effilés.

La passivité agressive est-elle une violence psychologique?

Oui. Il s'agit ici d'une rage sournoise, difficilement identifiable en raison du fait qu'elle est insidieuse. Le passif-agressif saupoudre le poison de la destructivité par fines touches. Il distille son fiel comme s'il s'agissait de miel. «La passivité agressive est sans injure, mais elle est injurieuse, et méprisante. L'agression est pourtant réelle et récursive.» (Isabelle Levert, Les violences sournoises dans la famille).

Y'a de l'espoir?

Oui, si la conscience du sujet atteint s'ouvre, prévient Anne Van Stappen, spécialiste de la communication non violente. Cela étant, il faut beaucoup de temps pour qu'une conscience s'ouvre. Quand elle s'ouvre.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Le secret des gens heureux

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter