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Harper s'en paie une petite vite

03/08/2014 10:52 EDT | Actualisé 03/10/2014 05:12 EDT

La semaine dernière, notre bon premier-ministre canadien Stephen Harper et le Parti conservateur se sont attribués le mérite de ce qui serait le « déclin du souverainisme au Québec ». J'en conclu qu'il est tout aussi déconnecté de la réalité que Justin Trudeau. Nous sommes clairement choyés en matière de choix de leader politique.

À mon sens, l'élection du 7 avril dernier n'est pas un déclin du mouvement indépendantiste. Il est principalement le constat de l'échec du Parti québécois et du retrait d'une grande part des appuis que les indécis et certains indépendantistes lui avaient accordés aux élections de 2012. Ces appuis de 2012 se sont entre autres transférés chez la CAQ. De plus, si la campagne électorale avait compté une semaine de plus, le PQ en aurait encore plus pâti et la CAQ en aurait encore plus profité.

Si l'élection du 7 avril est un déclin du mouvement dans son entièreté, il faudrait que l'on m'explique pourquoi les sondages indiquent que l'appui à l'indépendance oscille encore autour de 35% (voir notamment ce sondage), ce qui constitue grosso modo son niveau habituel. Certes dans ce sondage l'appui est à 32%, mais le PQ n'a pas de chef. Or le chef du PQ a toujours un impact sur cette donnée, que nous le voulions ou non. De plus, ce sondage a été effectué au pire moment, soit pendant que les indépendantistes en étaient à panser leur plaie.

Néanmoins, Harper tente de faire passer la défaite du plus gros parti souverainiste comme étant une victoire fédéraliste. Pire encore, une victoire de son gouvernement. Il n'est en pourtant rien. Il n'a strictement rien fait pour stimuler le vote fédéraliste. Du moins, rien de ce que j'ai pu voir dans l'actualité de la campagne électorale ne me permet d'en tirer une telle conclusion. Comment peut-il donc affirmer que c'est grâce à son gouvernement ? Je l'ignore.

Les décisions importantes adoptées par les conservateurs sont systématiquement décriées par les différentes instances et organismes civils, ou presque. De plus, si les conservateurs étaient réellement appréciés des Québécois, Harper pourrait compter plus de 6 députés dans ses rangs provenant de notre nation. Évidemment la dernière élection fédérale a eu lieu en 2011, mais, avec la tangente actuelle, je doute fort que les conservateurs réussissent à en faire élire plus aux élections de 2015.

En rétrospective, cette sortie est clairement et purement politique. Casser du sucre sur la tête des indépendantistes a toujours été une recette efficace pour marquer des points dans le ROC (Rest of Canada). Pierre Élliott Trudeau était d'ailleurs passé maître dans cet art. En même temps, Harper peut-il se permettre de ne pas en profiter stratégiquement ? Depuis des mois son gouvernement s'enlise dans différents scandales. Les électeurs de sa base électorale en ont été ébranlés. Il a donc saisi l'occasion pour essayer de rallier ses membres et pour présenter son parti comme le parti de gouvernance naturelle face à la population. Il essaie ainsi d'empêcher le PLC de se réapproprier ce titre, qu'il a perdu avec le scandale des commandites.

N'en déplaise au PCC et au PLC, je crois que l'avenir est encourageant pour les indépendantistes. À chaque fois qu'ils ont reçu une volée de bois vert, ils ont su se relever et se retrousser les manches. Je ne m'attends à rien de moins cette fois-ci.

Option nationale continue à faire la pédagogie de l'indépendance. Dans les dernières semaines, c'est, entre autres, quatre excellentes vidéos que le parti a publiées sur YouTube. De son côté, le chef du Bloc, Mario Beaulieu, parcourt le Québec et s'organise pour les élections de 2015. Son discours est rafraîchissant et assumé. Cela fait plaisir à voir.

Finalement, le PQ se prépare tranquillement à élire son nouveau chef. Les jeux de coulisses sont en branle depuis plusieurs semaines et les candidats potentiels fourbissent leurs arguments et évaluent leurs appuis. Certains ont même commencé à se positionner publiquement . Beaucoup d'action est à venir de ce côté et le résultat de cette course sera décisif quant à l'avenir du PQ. Le prochain chef a le potentiel de changer la face de notre mouvement. La fera-t-il ? Comme le veut l'expression : qui vivra, verra.

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