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Le Bloc doit apprendre de son histoire

25/01/2017 08:11 EST | Actualisé 25/01/2017 08:11 EST

Le 4 février prochain, les délégués au Conseil général du Bloc québécois décideront des modalités de la course à la chefferie. La date de la course sera au cœur des débats. Doit-elle avoir lieu en 2017 ou en 2018 ?

Certains attentistes, Gilles Duceppe et Luc Thériault pour ne nommer que ceux-là, souhaitent qu'elle ait lieu en 2018. Selon leurs dires, les élections du chef des conservateurs et du NPD occuperaient tout l'espace médiatique. Voilà un piètre argument. Les conservateurs font uniquement parler d'eux à cause des candidats qui ne parlent pas français. Du côté du NPD, ce n'est guère mieux. Aucune figure connue n'a déclaré sa candidature alors qu'il y a déjà longtemps qu'il est annoncé que Mulcair devra partir. Les chances sont donc minces pour que les courses d'un ou de l'autre de ces partis éclipsent quoi que ce soit.

Selon les dires de ces mêmes personnes, l'élection en 2018 ferait bénéficier le Bloc d'une visibilité importante. Pourtant ils oublient qu'avec des chefs d'opposition bien en selle, Trudeau ne pourra plus en mener aussi large qu'actuellement. Les médias auront alors des têtes fortes vers qui se tourner pour meubler l'actualité. Le Bloc, en course à la chefferie, n'obtiendra aucune visibilité supplémentaire. En fait, ce sera probablement l'inverse.

Il faut considérer qu'une course à la chefferie est éphémère. Elle ne dure qu'un laps de temps qui se compte en semaines. Rien de plus. Un chef sera présent durant des années. Devrions-nous sacrifier un an de la visibilité d'un chef, un an du financement qu'il peut recueillir, un an de visibilité supplémentaire et de mobilisation qu'il peut engendrer uniquement pour quelques semaines de course ? Ce n'est pas l'opinion des membres de l'exécutif du Bloc québécois de Shefford. Rhéal Fortin, à titre de chef intérimaire, fait peut-être du bon travail. Par contre, il n'aura jamais autant de force et de charisme auprès des membres, des médias et de la population qu'un chef en bonne et due forme.

Qui plus est, le Bloc doit apprendre de sa propre histoire. En 2014, suite au départ impromptu de Daniel Paillé, Mario Beaulieu a été élu chef du Bloc environ un an avant les élections de 2015. Ne bénéficiant pas d'une notoriété suffisante, il a dû céder sa place à Gilles Duceppe. Le résultat des élections a été ce qu'il est : le Bloc a fait élire peu de députés. Trop peu.

En des circonstances similaires, c'est-à-dire en élisant un chef un an avant les élections de 2019, ce nouveau chef manquera encore une fois de temps et de ressources pour être prêt à faire face à la musique. Nous savons tous que les élections de 2019 ne seront pas faciles. Nous devons nous y préparer efficacement et de notre mieux. Élire un chef seulement un an avant diminue ses chances de se faire connaître par la population. Cela réduit d'autant nos chances de faire élire plus de députés indépendantistes. En ce sens, la proposition de messieurs Duceppe et Thériault nous mènent tout droit dans le même mur qu'ils ont eux-mêmes connu.

En conséquence, c'est dès maintenant, en 2017, qu'il faut que la course à la chefferie ait lieu. Le Conseil exécutif du Bloc québécois de Shefford se souvient. Ne faisons pas en sorte de nous mettre dans une situation similaire à celle que nous avons connue en 2014. Soyons stratégiques et donnons-nous les moyens de nos ambitions pour 2019 en élisant dès cette année le ou la prochaine chef du Bloc québécois.

L'auteur est président de l'exécutif du Bloc québécois de Shefford et s'exprime au nom de ses membres.

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