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Les partisans de Cloutier veulent-ils que le PQ gouverne une province ou un pays?

02/10/2016 11:01 EDT | Actualisé 03/10/2016 09:33 EDT

Alexandre Cloutier panique. Sa campagne est en perte drastique de vitesse. Son affolement - et celui de son équipe - transparaissent même si personne n'osera l'affirmer. Le 29 septembre dernier, Martine Ouellet a d'ailleurs mentionné que Cloutier pourrait ne pas être l'adversaire de Lisée au dernier tour. Cette affirmation est certes partisane, mais elle est loin d'être frivole et se base sur des indicateurs beaucoup plus crédibles que des sondages auprès de quelques centaines de ''sympathisants'' péquistes...

Alexandre Cloutier a le même problème que Thomas Mulcair en 2015, et que Pierre-Karl Péladeau lors de la dernière course à la chefferie. Ils ont débuté leur course respective avec l'étiquette de ''favori'' accolée à leurs noms. Dans une telle situation, plus les annonces sont nombreuses et plus la chute s'accélèrera puisqu'elles déplairont inévitablement à certains. Dans un tel contexte, la question est de savoir quand s'arrêtera cette chute : à un niveau qui permet la victoire ou non ? Pour le NPD, ce ne fut pas le cas. PKP l'a échappé belle. Cependant, ce dernier pouvait compter sur une réputation immense qu'aucun des prétendants ne possédait. Mulcair n'avait pas cet avantage et Cloutier ne l'a pas non plus.

Pour cette raison, on peut envisager qu'Alexandre Cloutier ne soit pas du dernier tour. Ce sera alors Ouellet contre Lisée. L'issue de ce scénario est incertaine, vu le décalage avec tout ce qui a été imaginé jusqu'à maintenant. L'élection dépendra alors des deuxièmes choix des partisans de Cloutier. Préfèreront-ils une approche directe d'accession à l'indépendance ou une gouvernance provincialiste ?

En date du 29 septembre 2016, le site du Directeur général des élections du Québec indiquait que Martine Ouellet avait reçu des dons d'un plus grand nombre de donateurs qu'Alexandre Cloutier, soit 1018 contre 963. À lui seul, ce chiffre indique que la campagne de la députée de Vachon se déroule mieux que ce que plusieurs médias affirment. (Ils seraient d'ailleurs temps que certains changent le discours qu'ils tiennent inlassablement depuis le début la course...) De toute évidence, la candidate ne ment pas lorsqu'elle affirme qu'elle sent un engouement pour sa campagne sur le terrain.

Pour être cohérent, les partisans d'Alexandre Cloutier devraient choisir Martine Ouellet comme deuxième choix.

Les électeurs de Cloutier doivent donc se demander qui est leur préféré comme deuxième choix. Cela leur appartient, mais quel serait le choix logique ? Cloutier veut laisser la porte ouverte à l'indépendance jusqu'à six mois avant les élections de 2018, ce qui pourrait peut-être permettre au PQ de réaliser l'indépendance dans un premier mandat. De son côté, Lisée veut verrouiller l'option jusqu'à un hypothétique deuxième mandat, peu importe ce qui pourrait se passer (une autorisation du fédéral pour le pipeline d'énergie Est, par exemple). Puisque Martine Ouellet est la seule à proposer de faire l'indépendance dans un premier mandat, les partisans de Cloutier devraient donc la préférer à Lisée. De plus, Ouellet est la seule qui peut réaliser une convergence des partis politiques indépendantistes et permettre l'élection d'un gouvernement péquiste en ralliant l'appui de Québec solidaire et d'Option nationale. Cette donnée est majeure considérant la division actuelle du vote face au PLQ. Pour être cohérent, les partisans d'Alexandre Cloutier devraient donc choisir Martine Ouellet.

Cependant, certains affirmeront que la politique n'a souvent que peu - voire aucune - considération pour la logique, les Québécois étant souvent guidés par l'émotion. Dans ce cas, qui choisir ? La réponse reste la même : Martine Ouellet. Les militants du Parti québécois partage une chose, peu importe où ils logent sur d'autres questions : la création du 194e pays à l'ONU. Ils se motivent, se regroupent et se mobilisent en masse uniquement autour de cette question. Lisée décourage la base militante du PQ en tentant de les convaincre que l'objectif n'est pas atteignable.

À l'inverse, Ouellet leur fait réaliser qu'avec leur aide et leur travail, tout redevient possible. Certes il y a un risque. Cependant, il n'existe jamais de certitude dans la vie et encore moins en politique. On peut cependant gérer ce risque en se préparant. C'est ce qu'a fait Jacques Parizeau dès qu'il est devenu chef et en 1995, M. Parizeau a passé à 0,5% de réussir. Pourtant, lors de son élection, le PQ était en crise, il risquait de disparaitre et les appuis à l'indépendance étaient bien moindres qu'aujourd'hui. Martine Ouellet possède le même leadership, la même audace et le même pragmatisme que Jacques Parizeau. Elle est aussi celle qui peut rallier les indépendantistes.

Puisqu'il est de plus en plus probable qu'Alexandre Cloutier termine troisième, ses partisans auront un rôle capital à jouer. Grand rôle est synonyme de grandes responsabilités. Ils doivent sérieusement se poser la question suivante : souhaitent-ils que le Parti québécois gouverne une province ou un pays ? La course à la chefferie dépend de leur réponse, car celle-ci déterminera leur deuxième et troisième choix.

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