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Révolutionnaires ou «révolus» tranquilles?

03/09/2014 11:34 EDT | Actualisé 03/11/2014 05:12 EST

Le problème des révolutionnaires tranquilles, c'est qu'ils ont une solution magique pour régler tous les problèmes du Québec. Ils sont bien bons pour faire des analyses, monter des centres ou des chaires de recherche, téter le ministère des Finances ou autres organismes syndicaux pour des subventions, mais force est de constater qu'ils sont dépassés par les événements.

Leurs expressions favorites? Il faut « revoir nos façons de faire », « mieux taxer », « mieux financer », « faire plus avec les moyens que l'on a ». Leurs rapports? Du papier. Volumineux. Et du vent. Un vent qui n'a qu'une seule direction: celle d'un État incapable de dire « Non, ça suffit! Cessons les opérations cosmétiques ».

Parce que quand vient le temps de réellement, concrètement, résolument jouer dans les leviers de leur précieux modèle québécois, ces gens-là se replient sur ce qu'ils connaissent et sur ce qu'ils ont bâti: la culture du no-fault, du « consensus » et du pelletage par en avant. Impossible pour eux d'en appeler au sens de la responsabilité. Impossible de remettre en cause le moindre élément d'un panier de services troué. Impossible de dire « non ». Des parents Caillou, quoi.

Pierre Fortin

Combien d'études avons-nous lues qui aboutissaient à des conclusions vaseuses du genre « Il faut améliorer notre productivité » sans pour autant dénoncer le pouvoir coercitif du pouvoir syndical et le capitalisme de copinage qui tuent la prospérité au Québec? Entre amis, on fait attention. On ne voudrait surtout pas nous couper de sources de financement, n'est-ce pas? Vous voulez que je vous dise? Il y a bien peu de gens véritablement libres, au Québec, ça c'est vrai.

Combien de textes, combien de millage avez-vous faits sur le sujet de la dette, Monsieur Fortin? Vous étiez le premier à qui j'ai donné la parole dans mon film L'Illusion tranquille. « Les finances publiques, le vieillissement de la population va mettre le Québec à feu et à sang », disiez-vous. On va s'entendre que c'était poussé un peu, mais la passion y était, non? Je vous croyais sincère.

«Notre choix est le suivant. Ou bien notre génération va accepter d'absorber le choc du vieillissement, ou bien ce sont nos enfants qui devront tout payer. Maudit beau pays que celui qui assènerait un tel coup de masse à ses enfants! », disiez-vous.

Je vais vous dire c'est quoi votre problème. Vous et les vôtres avez construit ce Québec endetté. Voilà votre legs. Vous avez et vous continuez toujours de prôner un Québec où personne n'est responsable de quoi que ce soit.

«Manger la laine sur le dos de nos enfants» était le titre de conférences que vous donniez à l'époque du manifeste pour un Québec lucide. «Fast-forward» de 2005 à 2014. Votre solution pour régler les déficits de 4 milliards des régimes de retraite du secteur municipal? Je vous cite:

«Porter quelque chose comme la moitié du déficit actuariel - de 4 milliards de dollars - des régimes de retraite municipaux sur la dette du gouvernement du Québec. - Source

Vous devriez avoir honte.

Claude Castonguay

Selon Claude Castonguay, le gouvernement favoriserait l'affrontement avec les syndicats pour ce qui est du projet de loi 3 sur les fonds de pension des employés municipaux. La négociation entre les parties serait vouée à l'échec, selon lui. Il aurait fallu favoriser une médiation pour en arriver à un consensus... Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Gérald Fillion qui rapporte ainsi les propos de M. Castonguay. Ouuuuuu! C'est inquiétant..., conclut celui qui a bâti notre système de santé (vraiment inquiétant, celui-là).

Vous croyez vraiment que le redressement du Québec peut se faire dans l'harmonie totale? Sans ébranler les syndicats? Sans « affrontement »? N'avez-vous pas encore appris ou constaté qu'il y a toujours un seul perdant dans ces exercices de maintien de la paix sociale, du consensus et de la médiation, et j'ai nommé le citoyen ordinaire qui paie pour la moitié des autres qui ne paie à peu près rien?

« Consensus social », voilà une autre belle expression. Et puis, vous avez été témoin vous, cher lecteur, d'une politique publique où le consensus social débouchait sur une plus grande liberté ou responsabilité individuelle? Je vous mets au défi. Trouvez-moi un « consensus social » qui n'a rien coûté au contribuable? Un « consensus social » qui n'a pas contribué à amener le Québec en déficits chroniques, qui aurait redonné un espace de liberté aux familles.

Allez! Faites-moi un rapport là-dessus, les révolus tranquilles. Il ne sera pas long celui-là.

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