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Nous ne sommes plus en 2003!

26/11/2014 10:00 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

Je me souviens très bien de la grande journée de perturbation «nationale» des centrales syndicales en 2003. Cette journée avait même été le déclencheur d'une réflexion qui avait résulté dans la réalisation de L'Illusion tranquille. J'en avais assez. Je voulais comprendre.

On connaît la suite de l'histoire. Le gouvernement de Jean Charest avait plié; à l'époque, la présidente du Conseil du trésor Monique Jérôme-Forget n'avait pas réussi à convaincre les dépensiers libéraux de corriger la trajectoire du modèle québécois. Aujourd'hui, nous héritons de la mollesse du gouvernement libéral de l'époque, de son indifférence, de deux points de TVQ supplémentaires, d'un taux d'imposition et de taxation plus élevés que partout ailleurs en Amérique du Nord et d'un État encore plus lourd et fonctionnarisé.

La bonne nouvelle, c'est que nous ne sommes plus en 2003!

Ce qui n'était que discours théoriques à l'époque sont des effets bien ressentis dans la population aujourd'hui. Le modèle québécois a atteint ses limites et une grande majorité de la population partage ce constat.

Les retraités se demandent comment ils vont faire pour payer leurs comptes de taxes municipales, les travailleurs dans le secteur manufacturier perdent leur emploi, le nombre de travailleurs en chiffres absolus diminue, le vieillissement cause une pression sur le système de santé, les parents devront assumer davantage leurs responsabilités en matière de frais de garde, bref, vous connaissez l'histoire.

Non, nous ne sommes plus en 2003.

L'affaire, c'est que les syndicats et les privilégiés ne le savent pas encore. Ils utilisent des stratégies et des techniques qu'ils croient encore efficaces. Ils croient encore que la population compte sur eux pour améliorer le « bien commun » et agir comme effet de levier sur leurs conditions de travail. On le sait maintenant: le pouvoir syndical, s'il existe encore, il n'existe que dans les officines gouvernementales où on y trouve encore des peureux intimidés par les gros bras et les «bullies» des centrales syndicales. La population, elle, a compris que c'est elle et elle seule qui en fait les frais.

Dans les quelques jours qui viennent, on aura droit aux plaintes d'une classe de privilégiés, soumis aux diktats de leur élite syndicale qui les sert bien mal.

À chacune de ces manifestations qui troubleront la vie normale des citoyens payeurs, des familles qui «rusheront» pour se rendre au travail, des étudiants qui n'auront pas accès à leurs écoles ou des travailleurs qui n'auront accès au transport en commun, les privilégiés sont perdants.

On raconte que certains ministres ont peur, hésitent, ont «la chienne» en quelque sorte des effets des manifestations sur l'appui au gouvernement. Ils n'ont pas à avoir peur. Le grand dérangement d'aujourd'hui les sert bien. Personnellement, j'en serais heureuse si j'étais à leur place.

Ce qu'ils ont à faire, cependant, c'est de se dégourdir pour harmoniser leurs flûtes en regard à la réduction des effectifs de la fonction publique et à l'atteinte du déficit zéro. Leur contestation enfantine face aux recommandations de la Commission Robillard n'est pas non plus digne de législateurs élus pour « faire le ménage », comme on dit. On ne peut innover si on a les mains attachées.

Je leur rappellerais également que les ministres ne sont pas au service de leurs lobbies respectifs (UPA, municipalités, commissions scolaires, etc.) mais bien au service des citoyens du Québec qui attendent encore avant d'avoir accès à un médecin de famille.

Vos choix ne sont pas très très compliqués:

  • Apprendre à vendre à vos lobbies respectifs l'importance de faire des concessions sur leurs acquis payés à même les fonds publics des travailleurs ou
  • Augmenter les impôts et les taxes des contribuables qui supportent l'ensemble des vaches sacrées du Québec.

Avant de vous plaindre des recommandations de la commission Robillard ou de faire dans vos culottes par crainte des lobbies, j'y réfléchirais à deux fois, je prendrais mes responsabilités et je prendrais des cours de vente.

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