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La CSN veut une loi qui appauvrira plusieurs femmes

Pourquoi la très féministe CSN fait-elle pression sur le gouvernement pour amputer le salaire de nombreuses femmes qui devront travailler le même nombre d'heures pour un salaire plus maigre?

21/11/2017 09:00 EST
AOL
La loi 144 adoptée plus tôt cette année prendra bon nombre d'enfants de la garderie pour les envoyer... à la maternelle à 4 ans.

Contre-intuitif pour une organisation qui porte des dossiers tels que l'équité salariale et la condition féminine, non? Pourtant, je vous invite à lire leur communiqué. Ils font pression sur le gouvernement pour qu'il soit encore plus contraignant avec les femmes qui ont un service de garde ( SDG ) privé en milieu familial.

Pour vous situer, le projet de loi 143 a été proposé par Sébastien Proulx alors qu'il était ministre de la Famille et depuis le plus récent remaniement, c'est Luc Fortin qui a pris le relais.

Le projet de loi vise les SDG privés et prétend régler un problème qu'ils désignent comme des «usines à enfants».

Or, dans l'application, cette loi amputera grandement le revenu des femmes qui ont un SDG à la maison et qui ne sont pas affiliées à un bureau coordonnateur, surtout si elles ont elles-mêmes des enfants.

Ouf! Il faut absolument réglementer ces dangers publics qui font souvent le choix de diminuer leur salaire pour concilier travail et famille. Tsé, une femme qui s'occupe de ses propres enfants, c'est tellement rétrograde... Beurk!

À l'origine, Pauline Marois, en sabrant les allocations familiales pour financer ces garderies à 5$, pensait bien avoir réglé le cas de ces traîtresses à l'idéologie féministes en les contraignant d'aller travailler à l'extérieur de la maison.

Mais comme tout système communiste créée systématiquement des files d'attente et l'impossibilité de combler des besoins atypiques, certaines femmes ayant un tempérament de travailleuse autonome y ont vu une opportunité. Elles ont commencé à offrir un SDG à la maison qui diffère de ce qui est sur le marché. Plusieurs d'entre elles affirment avoir une liste d'attente et je n'ai aucun mal à les croire.

Une d'entre elles offre un SDG immersif en anglais en jouant à l'extérieur la majorité du temps. Une autre offre un service de garde 24/7 et a une clientèle de parents qui sont médecin, infirmières, pompier, policier, etc.

Ces femmes qui offrent un service de garde à la maison vont, pour la plupart, développer un attachement particulier aux enfants qu'elles gardent lorsque leurs parents travaillent.

Ces femmes qui offrent un service de garde à la maison vont, pour la plupart, développer un attachement particulier aux enfants qu'elles gardent lorsque leurs parents travaillent. Plusieurs d'entre elles vont même accepter de garder les enfants la fin de semaine si les parents veulent prendre une fin de semaine en amoureux. Ça commence à vous tenter? Ajoutez à ça que les SDG privés en milieu familial ne font jamais la grève...

Un projet de loi qui rate la cible

Actuellement, ces femmes peuvent garder six enfants à part leurs propres enfants. À six enfants «payants», elles peuvent obtenir, moyennant de très longues heures de travail, un revenu dans la moyenne.

Le projet de loi, à l'origine, visait à réduire à quatre enfants, incluant leurs propres enfants de 9 ans et moins. Ex : Une femme qui a 2 enfants de 7 et 8 ans qui vont à l'école, mais reviennent à la maison vers 4 heures, comptent dans le ratio de 4, et ce, même si le conjoint est à la maison pour s'en occuper.

Au final, cette femme aurait pu garder seulement 2 enfants ( à moins d'envoyer ses propres enfants en service de garde pour le dîner et la fin de journée ) ce qui l'aurait privée des deux tiers de son revenu, tout en conservant une bonne partie des dépenses fixes... à moins, évidemment, de rentrer dans le système.

Oui, mais la sécurité des enfants...

Mettons une chose au clair. Une partie de la loi veut qu'une responsable d'un service de garde non affilié ait un cours de secourisme approprié à jour, une preuve de probité et d'assurances. Les femmes touchées par ces mesures n'y voient aucun problème, puisqu'il s'agit réellement de mesures permettant d'assurer une plus grande sécurité des enfants. Elles ne sont pas, elles non plus, contre la vertu.

Par contre, Alexandra Drolet, une des dirigeantes du mouvement de contestation, a raconté son histoire. Elle a acheté la maison d'une dame qui avait elle-même un service de garde en milieu familial approuvé par le bureau coordonnateur, croyant que la maison allait être conforme pour qu'elle ait son propre service de garde. Or, ses assurances ont exigé quelques dizaines de milliers de dollars de rénovations, panneau électrique, escaliers et j'en passe, pour rendre la maison sécuritaire. Je vous rappelle que le bureau coordonnateur avait approuvé...

Outre l'inefficacité à juger de la sécurité des lieux, plusieurs cas d'abus qui auraient été faits par des inspecteurs des bureaux coordonnateurs ont été dénoncés, jusqu'à fouiller dans le tiroir à sous-vêtements... Vous accepteriez, vous?

Femme, soumets-toi, ou sois pauvre!

À ce jour, le ministre Fortin a accepté un amendement à ce projet de loi, de façon à permettre à ces femmes de continuer à garder six enfants, mais en incluant leurs propres enfants de moins de 9 ans.

Mais pourquoi donc la très féministe CSN fait-elle pression sur le gouvernement pour amputer le salaire de nombreuses femmes qui devront travailler le même nombre d'heures pour un salaire plus maigre?

Alors que les ratios pour les SDG privés en milieu familial sont déjà plus restrictifs pour que les SDG affiliés.

Mais pourquoi donc la très féministe CSN fait-elle pression sur le gouvernement pour amputer le salaire de nombreuses femmes qui devront travailler le même nombre d'heures pour un salaire plus maigre? Une piste de réponse pourrait se trouver dans la chronologie des législations. La loi 144 adoptée plus tôt cette année prendra bon nombre d'enfants de la garderie pour les envoyer... à la maternelle à 4 ans.

J'imagine que la fin justifie les moyens...

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