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Parler du suicide sauve des vies

Le suicide ne fait pas cesser la souffrance, il la déplace et la multiplie.

04/02/2018 08:00 EST | Actualisé 04/02/2018 08:00 EST
tommaso79 via Getty Images

Il n'est pas toujours facile de parler de ses idées suicidaires lorsqu'on souffre, de demander à un proche s'il pense au suicide lorsqu'on s'inquiète ou d'aborder la question lorsqu'on veut sensibiliser son milieu. Mais cela demeure nécessaire. Cette prise de parole est un élément fondamental de la prévention du suicide.

Alors, quoi dire ? Comment le dire ? Dans quelle circonstance ?

Pour répondre à ces questions, l'Association québécoise de prévention du suicide a lancé le site commentparlerdusuicide.com et la campagne Parler du suicide sauve des vies, à l'occasion de la 28e Semaine nationale de prévention du suicide. Les tabous entourant le suicide s'atténuent un peu, mais la détresse se vit encore trop souvent dans la solitude et le silence. Or, c'est ensemble, en étant davantage à l'écoute et en prenant la parole que nous arriverons à renforcer le filet humain autour des gens vulnérables. Le site outille les femmes et les hommes qui veulent aborder le sujet. Voici quelques pistes tirées du site.

Parler de vos idées suicidaires

Si vous avez des idées suicidaires, c'est probablement parce que vous ressentez une souffrance qui occupe trop de place, qui semble insurmontable. Ces idées sont un signal d'alarme que vous devez prendre au sérieux. Elles sont surtout réversibles, car il est possible de les faire cesser : parler de vos idées suicidaires à un ami, à un membre de votre famille ou à un intervenant est un cheminement important dans la recherche d'un soutien nécessaire pour diminuer votre détresse et trouver des solutions pour aller mieux.

Vous n'avez pas besoin de savoir exactement quoi dire ou comment le dire. Le simple fait de verbaliser votre souffrance peut être la source d'un grand soulagement.

N'ayez pas peur d'inquiéter vos proches en exprimant vos idées suicidaires. Ce qu'ils veulent par-dessus tout, c'est vous garder près d'eux, malgré les difficultés. La douleur engendrée par un suicide est immensément plus grande que la douleur provoquée par des disputes ou des déceptions. Le suicide ne fait pas cesser la souffrance, il la déplace et la multiplie.

La douleur engendrée par un suicide est immensément plus grande que la douleur provoquée par des disputes ou des déceptions.

Rappelez-vous qu'il existe de l'aide et qu'il y a des façons de diminuer votre détresse. Le suicide est un geste irréversible, alors que les problèmes sont temporaires. Avec du soutien, vous pouvez surmonter ce moment difficile.

Parler à un proche qui vous inquiète

Lorsqu'une personne de notre entourage pense au suicide, on peut se sentir impuissant et s'interroger sur ce qu'il faut faire pour l'aider. Or, les proches jouent un rôle déterminant dans la prévention du suicide et chacun de nous peut un jour devoir agir pour un ami, un parent, un collègue. Notre aide peut agir de manière positive sur la perception que la personne a d'elle-même, des autres et de l'avenir. Rappelons-nous que la personne suicidaire ne veut pas mourir, elle veut arrêter de souffrir.

Il n'est pas nécessaire d'être intervenant pour aborder le sujet. Restez vous-mêmes et essayez de comprendre la personne en lui demandant ce qu'elle vit, en l'amenant à verbaliser ce qui ne va pas. Écoutez-la sans jugement et avec ouverture. Prenez-la au sérieux et dites-lui que vous vous inquiétez pour elle. N'hésitez pas à poser la question « Penses-tu au suicide ? ». Cela vous aidera à avoir une idée claire de ses intentions. En le demandant directement, vous ne lui suggérez pas l'idée, vous ouvrez la porte à l'expression de sa souffrance. Si elle pense au suicide, elle pourra se sentir soulagée de le confier. Enfin, accompagnez-la vers une ressource qui pourra l'aider. Cette aide professionnelle est importante, pour vous et pour elle.

Parler pour sensibiliser votre milieu

Le mouvement de la prévention du suicide a fait un grand pas en avant grâce à l'engagement de milliers de citoyens. Par leurs mots et leurs actions, chacun peut, à sa façon, sensibiliser et transformer notre société et permettre aux personnes en détresse d'être écoutées et aidées. Osez parler de prévention dans votre milieu, invitez votre employeur et votre syndicat à s'intéresser à la cause, suivez une formation, dont la formation Sentinelle, remettez l'épingle « T'es important-e pour moi », etc. Surtout, faites appel à une ressource spécialisée en prévention du suicide pour vous guider dans les façons préventives d'en parler.

En parlant, nous pouvons tous contribuer à prévenir le suicide.

Besoin d'aide pour vous ou un proche ?

Communiquez avec votre centre de prévention du suicide ou avec les intervenants de la Ligne québécoise de prévention du suicide : 1-866-APPELLE (277-3553).